lundi 21 décembre 2015

Albert Capellani - Pioneer of the Silent Screen (III)


A new review of my Capellani biography from amazon.com:

A Great Read by Rick Lanham (Dec 20, 2015)
Mr. Capellani was previously unknown to me. The author has made this formerly-obscure film director better known by gathering all available information about his life and work. This includes the history of his family and the companies where he worked. The book gives a great over-view of the film industry of that time. Mr. Capellani's talents seem to outshine those of many of his contemporaries. I found the book to be a great read and hope that more Capellani films will be re-discovered, restored, and made available. Since reading the book, I've discovered some of his entertaining short films on YouTube. I look forward to seeing more.

dimanche 13 décembre 2015

Souris d'hôtel 1929

Jean (Arthur Pusey) et Rita (Ica de Lenkeffy)
Un film d'Adelqui Millar avec Ica de Lenkeffy, Arthur Pusey, Elmire Vautier et Yvonneck

Rita (I. de Lenkeffy) est souris d'hôtel et tente de cambrioler de nuit la chambre de Jean Frémeaux (A. Pusey). Il la prend sur le fait, mais au lieu de la livrer à la police, décide de l'épouser...

Ce film Albatros avait été porté disparu de longues années avant qu'une copie incomplète soit retrouvée et restaurée en 2012. Bien qu'elle ait été tirée à partir d'un négatif original, la qualité de la copie est vraiment médiocre, avec beaucoup de grisaille et une image légèrement floue. Le réalisateur chilien Adelqui Millar qui fut acteur, réalise une adaptation d'une comédie de Marcel Gerbidon et Paul Armont qui se révèle bien ennuyeuse. Il sombre facilement dans le théâtre filmé avec de longs intertitre et surtout le film est totalement dépourvu de rythme. Comparé au Why be Good? (1929) avec Colleen Moore qui respire la joie de vivre et au rythme endiablé, on a l'impression de voir un mélo de boulevard compassé. Cette impression était renforcée par un accompagnement pianistique qui a accumulé les contre-sens: une musique sinistre de mélodrame au lieu du jazz endiablé et du charleston qui lui aurait donné vie. Les acteurs sont peu connus avec dans le rôle titre une hongroise, Ica de Lenkeffy, qui ressemble un peu à Laura La Plante mais sans son expressivité et sa joie de vivre. On peut sauver les beaux décors de Lazare Meerson, mais c'est à peu près tout. Un film très mineur dans le catalogue Albatros qui compte des comédies de bien meilleures qualité réalisées par René Clair (Un Chapeau de paille d'Italie) et Jacques Feyder (Les Nouveaux messieurs).

The Dream Lady 1918

Jerrold (P. McCullough), Rosamund (Carmel Myers) et John Squire (T. Holding)
Pourquoi pas?
Un film de Elsie Jane Wilson avec Carmel Myers, Thomas Holding, Philo McCullough et Kathleen Emerson

L'orpheline Rosamund (C. Myers) hérite de la fortune de son oncle à son décès. Elle décide qu'elle réalisera tous ses rêves les plus chers. Elle commence par acheter une cabane en bois et par devenir - par jeu - une diseuse de bonne aventure, histoire d'accomplir les voeux de ses clients...

Cette charmante comédie produite par Bluebird Photoplays a été réalisée l'actrice Elsie Jane Wilson qui était passée à la réalisation. L'actrice principale Carmel Myers, qui avait été découverte par D.W. Griffith, incarne avec un charme infini une jeune fille délurée et généreuse qui cherche à réaliser ses rêves en même tant que ceux des autres. C'est ainsi qu'elle recueille une petite orpheline ou qu'elle aide une jeune femme mécontente de son sexe à se travestir en garçon. La liberté de ton et  les surprises de l'intrigue sont pour beaucoup dans le charme de ce petit film. Comme pour Cendrillon, elle rencontrera son prince charmant sous la forme d'un voisin après s'être fourvoyée auprès d'un escroc. Un film qui illustre superbement la liberté de ton des films américains des années 1910 avant que les studios n'imposent une standardisation pernicieuse pour les réalisateurs. Lors de la projection à la Fondation Pathé, Nicolas Worms a proposé un excellent accompagnement au piano en citant avec à propos "Un jour mon prince viendra..."

Shoes 1916

Charlie (William Mong) et Eva (Mary MacLaren à droite)
Un film de Lois Weber avec Mary MacLaren, Harry Griffith, Mrs. Witting et William Mong

Eva (M. MacLaren) qui travaille comme vendeuse est le seul soutien financier de sa famille. Son père est chômeur. Ses chaussures sont en lambeaux et elle a désespérement besoin d'une nouvelle paire...

La cinéaste Lois Weber est renommée pour ses films sociaux tels que The Blot (1921) sur la vie difficile des enseignants, Where are my Children? (1916) sur l'avortement ou Social Hypocrites (1915) sur l'hypocrisie des bien-pensants. Dans Shoes, son sujet et plus modeste mais néanmoins poignant. Une jeune vendeuse sans le sou qui supporte toute seule sa famille est incapable de s'acheter une nouvelle paire de chaussures car ses maigres revenus sont avalés par ses parents et ses soeurs. Sa vie est une succession d'humiliations et de souffrances. Il n'y a qu'une seule issue dans ce cauchemar: accepter de coucher avec un chanteur de cabaret qui lui paira cette paire de chaussures qui lui sont absolument nécessaires. C'est ce qu'elle se résigne à faire après avoir souffert mille morts derrière son comptoir dans des chaussures percées et détrempées, debout toute la journée. Lois Weber ne cherche aucun élément comique pour atténuer l'atmosphère tragique de son film contrairement à certaines productions contemporaines de Mary Pickford. Le film suit pas à pas les longues journées d'Eva (jouée avec beaucoup de naturel par Mary MacLaren) derrière son comptoir ou partie déjeuner d'un sandwitch sur un banc avant de rentrer épuisée chez elle où son père se prélasse au lit en lisant des romans de gares. Le film se veut une dénonciation d'une société où des jeunes femmes doivent vendre leur corps pour s'acheter une simple paire de chaussures. Une grande réussite de Lois Weber.

lundi 7 décembre 2015

Albert Capellani - Pioneer of the Silent Screen (II)


Here is the first review of my Capellani biography on the Shepherd Express

"Silent Cinema Pioneer" by David Luhrssen
D.W. Griffith has gotten all the credit for developing the grammar and syntax of cinema, but recent years have seen research showing that other filmmakers around the world were working toward (and probably reaching) those same breakthroughs. According to Christine Leteux, one of the most important overlooked innovators was a Frenchman who directed many of his country’s early shorts, rose to a creative peak before World War I cut him short, worked in Hollywood after being discharged from the military for poor health and returned home to obscurity.Albert Capellani: Pioneer of the Silent Screen (University Press of Kentucky) is a short work on an important subject made possible by the increasing number of lost films from the early 20th century that have been rediscovered or reconstructed. The author of a previous book on silent director Maurice Tourneur, Leteux has examined Capellani’s surviving work and found that he directed France’s first full-length feature film and was in the vanguard for his use of split screens, 180 degree panoramas and intelligent mixes of studio and location shots. “In comparison, D.W. Griffith was just starting to shoot his first picture… which has none of the sophistication shown by Capellani” in his 1908 detective movie, L’Homme aux gants blancs.Capellani’s death in 1931 was scarcely noticed. Ill health had sidelined him for years and he advent of talking pictures swept away memories of his work. Movies were usually regarded as ephemeral during his lifetime, but from the vantage of today, they represent one of the great new art forms made possible by advances in technology. Leteux shows that Capellani brought an understanding of technical possibilities together with a respect for the art of storytelling.

dimanche 6 décembre 2015

Maurice Tourneur - Réalisateur sans frontières (VII)



Une nouvelle critique de ma biographie de Maurice Tourneur sur
Maurice Tourneur a été l’un des cinéastes les plus importants d’Hollywood, au tournant de 1920. Maurice Tourneur est aussi l’un des grands cinéastes français les plus méconnus aujourd’hui. Un double-constat qui méritait bien une biographie, que signe avec passion et érudition Christine Leteux, déjà traductrice de La Parade est passée (le bel hommage de Kevin Brownlow au cinéma muet) et créatrice d’un blog passionnant consacré au muet et au début du parlant (Ann Harding’s treasures).
La forme est classique : de l’enfance parisienne de Maurice Tourneur à ses dernières années, le récit est strictement chronologique, et tourne majoritairement autour de la filmographie du cinéaste. Mais à travers ce parcours hors du commun, c’est tout un pan de l’histoire du cinéma qui revit au fil des pages (plus de 500, qui se dévorent avec passion et gourmandise).
La jeunesse de Maurice à Paris où, apprenti peintre, il pose pour Puvis de Chavanne. Ses débuts sur scène où il se fait un nom comme metteur en scène. Son départ pour Hollywood en 1914, les critiques qui ont suivi en France où certains lui ont violemment reproché de s’enrichir pendant que ses compatriotes se font tuer au front. Ses années de gloire où il dirige Mary Pickford et devient l’un des cinéastes les plus admirés d’Hollywood. Son retour en France au début du parlant, son parcours chaotique, son implication au sein de la firme Continental durant l’Occupation où il réalisera l’un des grands classiques du fantastique français (La Main du Diable)…
C’est l’homme aussi qui se dessine : ses comportement discutés durant les deux guerres, les femmes de sa vie, les frustrations du cinéaste privé de caméra à son retour en France puis dans ses dernières années, ou encore ses rapports tendres avec son fils Jacques. Devenu lui-même un grand cinéaste à Hollywood, sa réussite ravivera les regrets de Maurice, qui gardera jusqu’à la fin la nostalgie de ses années américaines, celles de la flamboyance et de la liberté.
* Maurice Tourneur, réalisateur sans frontières, de Christine Leteux, est publié dans la collection La Muse Celluloïd de La Tour Verte.