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vendredi 26 janvier 2018

Tao 1923 (III)

Soun (Mary Harald) sous l'emprise de Tao (J. Hamman) et de l'opium...
Un film en 10 épisodes de Gaston Ravel avec Gaston Norès, Mary Harald, Joë Hamman, André Deed et Andrée Brabant

Episodes 9 & 10
Soun (M. Harald) accepte de suivre Tao (J. Hamman) pour se venger de Vaudry (G. Norès) qui a épousé Mlle de Sermaize (A. Brabant). Néanmoins, Tao ne peut plus s'approprier les champs pétrolifères et décide d'y mettre le feu...

Pour les derniers épisodes, nous retournons en Indochine pour le dénouement de l'intrigue. Soun a perdu tout espoir d'être aimé de Vaudry et elle tombe sous la coupe de Tao qui profite de sa jalousie et de son désespoir. Il y a quelques séquences mémorables dans cette dernière partie, en particulier l'incendie des champs pétrolifères tourné en Camargue (figurant les rives du Mékong) avec un Tao hiératique chevauchant dans son costume d'esprit du mal. Quant à Soun, Mary Harald réussit à lui conférer une vraie sensibilité et c'est bien le seul personnage de ce Ciné-Roman qui évolue sur la durée contrairement aux autres qui restent des clichés de mélodrame. Le couple Vaudry-Mlle de Sermaize est particulièrement fade. Dans la scène finale, nous découvrons Soun en prêtresse de Bouddah, ayant recouvré ses esprits après avoir sauvé la vie de Vaudry. Au total, ce film est agréable grâce à l'utilisation habile des décors de l'exposition coloniale qui lui donne une certaine atmosphère. Et c'est grâce au talent de Mary Harald que nous garderons un bon souvenir de cette épopée coloniale.

samedi 20 janvier 2018

Tao 1923 (II)

Tao (J. Hamman) attise la jalousie de Soun (M. Harald)
Un film en 10 épisodes de Gaston Ravel avec Gaston Norès, Mary Harald, Joë Hamman, André Deed et Andrée Brabant

Episodes 5 à 8
Soun (M. Harald) a hérité d'un vieux bonze de riches champs pétrolifères. Elle se fait voler ceux-ci par une bande de criminels dirigés par Tao (J. Hamman) qui ont usurpé l'identité d'un banquier, M. de Sermaize. Vaudry (G. Norès) et Soun partent à la poursuite de l'escroc vers Dakar...

L'intrigue de ce feuilleton colonial s'attache à nous montrer comment les colonies étaient perçues comme des zones d'opportunité pour l'exploitation des ressources naturelles, dans ce cas, le pétrole. Mais loin de fustiger cet état de fait, l'auteur n'en fait qu'un élément dramatique opposant d'un côté les "bons colons" comme Jacques Vaudry et de l'autre les escrocs dirigés par Tao, le métis machiavélique. Quant à Soun, admirablement incarnée par Mary Harald, elle n'est qu'un pion dans ce poker menteur. Elle est amoureuse de Vaudry, mais réalise rapidement qu'il lui préfère la blonde, blanche et fade Mlle de Sermaize (Andrée Brabant). Les épisodes se déroulent principalement à Paris et n'offre plus le dépaysement des précédents. André Deed, le grand comique de Pathé des années 1910 sous le nom de Boireau, tente de meubler une intrigue qui patine sans avoir les ressources comiques d'un Marcel Levesque. Il est assommé, mis dans une benne à ordures, enfermé dans un tonneau, percuté par un train, etc. Il ne fait aucun doute que le vétéran est un vrai cascadeur. Mais l'intrigue n'avance guère. Heureusement, une superbe scène clôt le huitième épisode où Soun observe de loin Vaudry et Mlle de Sermaize et comprend qu'elle ne sera jamais que le "chien fidèle" de celui-ci. Mary Harald est de loin la meilleure interprète de ce serial grâce à son naturel et son expressivité alors que les autres sont coincés dans les clichés de leur époque. Même l'athlétique Joë Hamman en rajoute un peu en métis qui convoite une femme blanche. Espérons que les derniers épisodes relèveront un peu le niveau...

samedi 6 janvier 2018

Tao 1923 (I)

Jacques Chauvry (Gaston Norès) et Soun (Mary Harald)
Un film en 10 épisodes de Gaston Ravel avec Gaston Norès, Mary Harald, Joë Hamman, André Deed et Andrée Brabant

Episodes 1 à 4
Au Cambodge, un Esprit du Mal terrorise les habitants d'une petite ville. L'administrateur français Jacques Chauvry (G. Norès) pense qu'il s'agit d'une mystification. Lorsque le bonze Krou-Méas est assassiné, il aide la jeune laotienne Soun (M. Harald) qui a hérité du bonze d'un secret convoité pour une bande de dangereux criminels...

L'Esprit du Mal chevauchant au-dessus des eaux
La Société des Cinéromans de Jean Sapène a produit une multitudes de films à épisodes. Tao de Gaston Ravel ne fait pas partie des oeuvres les plus connues. Elle possède néanmoins un charme indéniable grâce à la présence de Mary Harald, abonnée aux rôles d'annamites depuis Tih Minh (1918) de Louis Feuillade, et à celle de Joë Hamman en chef de bande qui terrorise les gens dans un déguisement d'Esprit du Mal. De plus, le film récrée de manière convaincante la vie au Cambodge en utilisant les bâtiments construits pour une Exposition Coloniale à Marseille ainsi que des stock shots d'Indo-Chine. Gaston Ravel est un réalisateur non dépourvu de talents, même s'il ne possède pas le sens du rythme d'un Feuillade qui multiplie les péripéties. Le scénario du film n'est pas exempt des préjugés raciaux de la France coloniale. La petite Soun, admirablement interprétée par Mary Harald, est amoureuse de Jacques Vaudry et celui-ci n'est pas insensible à son charme. Cependant, il va lui préférer la blonde et blanche Andrée Brabant qui est "de la même race" que lui comme nous l'apprend un intertitre sans ambiguîté. Même les personnages secondaires n'échappent pas au racisme ordinaire comme lorsque Bilboquet (André Deed) suggère à la camériste noire "d'arrêter ses écluses ou tu vas déteindre". Les premiers épisodes exposent assez lentement l'intrigue criminelle où des bandits tentent de s'emparer par tous les moyens (meurtre ou vol) d'un terrain pétrolifère que possédait un bonze assassiné par les soins de leur chef, le redoutable Tao (J. Hamman). Si le rythme n'est pas encore très soutenu, on peut penser que les épisodes suivants offriront plus de rebondissements. Il reste cependant en mémoire, une très belle scène où la haute silhouette de Tao chevauche un destrier le long du Mékong. Ravel utilise un ralenti - encore très rare à l'époque - pour accentuer l'irréel de la scène destinée à terroriser les populations. A suivre.

vendredi 30 janvier 2015

Le Gardien du feu 1924

Thumette (Alice Tissot) surveille
Delaïk (M.-L. Iribe) et Louarn (M. Floresco)

Un film de Gaston Ravel avec René Navarre, Marie-Louise Iribe, Michaël Floresco et Alice Tissot

Le gardien de phare Goulven Névès (R. Navarre) a épousée la jolie Delaïk (M.-L. Iribe). Leur mariage est heureux jusqu'au jour où il est nommé sur le phare de Gorlebella qui est situé en haute mer...

Gaston Ravel est bon artisan dont j'ai maintenant vu quatre longs métrages et un certain nombre de courts-métrages Gaumont. Il a un métier solide à défaut d'une grande imagination. Ce Gardien du feu fait cependant partie de ses meilleurs oeuvres avec Jocaste (1925). A partir d'un roman régionaliste d'Anatole Le Braz, il tisse un drame intimiste sur fond de Bretagne "bretonnante". René Navarre est un gardien de phare à cheval sur les principes qui a du mal à comprendre le mal être de sa jeune et jolie épouse (une délicieuse Marie-Louise Iribe) qui vient de Tréguier. Elle ne s'adapte pas à l'univers hostile et âpre du Finistère qui semble incarné dans la silhouette noire et sinistre de Thumette Chevanton (Alice Tissot), une autre femme de gardien qui vient de l'Ile de Sein. Ce qui devait arriver arrive: Delaïk trompe son époux - absent durant des mois - avec son cousin, le joyeux Hervé Louarn (Michaël Floresco). Elle suscite ainsi la jalousie de Thumette, elle aussi éprise de Louarn. Elle prend plaisir à informer l'infortuné époux qui va ourdir une vengeance machiavélique. La structure du film est une agréable surprise en ce que l'histoire de Goulven nous est contée par une série de flash-backs alors qu'il a enfermé les amants dans une chambre du phare où il va les laisser mourir de faim, de soif et de folie. Tourné en Bretagne, le film capture la brise marine et l'âpre paysage de la pointe du Raz. Ce nouveau tirage de la Cinémathèque est d'excellente qualité et permet d'apprécier le travail des opérateurs. Les acteurs sont en parfait accord avec leur personnage, de Marie-Louise Iribe, en jeune épouse vive et joyeuse à René Navarre, l'époux trompé dont l'amour tourne à la haine ainsi qu'Alice Tissot en sombre créature envieuse et mauvaise. Le film ne souffre que d'une narration un peu trop étirée avec sa durée de 104 min car la tension se relâche aux deux tiers du film. Sans aucun doute, un des meilleurs films de Gaston Ravel.

mercredi 3 décembre 2014

L'Autre victoire 1914

Un film de Gaston Ravel avec Jeanne-Marie Laurent et Musidora

Jeanne Ducastel (J.-M. Laurent) est veuve et souhaite se remarier avec le Dr. Gauthier, lui aussi veuf, avec une fille adolescente Christiane (Musidora). Le fils de Jeanne n'accepte pas cett union et rompt toute relation avec sa mère...

Tout comme ses confrères de la Gaumont, Feuillade et Perret, Gaston Ravel réalisait aussi des courts-métrages patriotiques au sein de la firme. Il utilisait les mêmes acteurs que ses collègues. Et on a donc la surprise de retrouver Musidora, à jamais associée aux personnages vénéneux des sérials de Feuillade, en jeune adolescente innocente avec anglaises à la Mary Pickford. Gaston Ravel n'a pas le talent de ses confrères en terme de réalisation. Il est plus banal et moins ambitieux. Cependant, L'Autre victoire n'est pas dépourvu d'intérêt. Tourné en extérieurs dans le sud de la France, il permet d'apprécier le talent de Jeanne-Marie Laurent en mère déchirée. L'intrigue est simple, mais elle ne tombe pas dans la mièvrerie. Musidora réussit à réconcilier la mère et le fils par l'intermédiaire de leur demi-soeur sans tomber dans le pathos. Dans un autre film court de Ravel intitulé Le Grand souffle, Musidora apparaissait aussi à contre-emploi en chanteuse d'opéra en vacances qui ramenait dans le droit chemin un 'nervi' marseillais interprété par René Navarre. Un court-métrage sympathique.

vendredi 3 septembre 2010

L'Avocat 1925

Gaston Ravel
Un film de Gaston Ravel avec Rolla-Norman, Sylvio de Pedrelli et Mme Miralès

Le vicomte du Coudrais (S. de Pedrelli), un homme violent, alcoolique et jaloux, est retrouvé mort assassiné. On soupçonne son épouse Louise (Mme Miralès) qui subit ses violences depuis des années. L'avocat Martiny (Rolla-Norman) décide de la défendre...

C'est le troisième film de Gaston Ravel que j'ai pu voir et c'est certainement le plus faible. Ravel est un réalisateur peu imaginatif qui se contente de suivre le scénario. Pour peu que le script vaille quelque chose, on obtient quelques scènes intéressantes comme dans Jocaste (1924) ou pour une reconstitution historique comme Madame Récamier (1927). Mais, cet Avocat est une adaptation d'une pièce poussièreuse d'Eugène Brieux, un dramaturge maintenant bien oublié. Il fut pourtant un auteur à succès qui s'exportait à l'étranger. Sa pièce pourrait être plus intéressante si elle avait développé l'opposition de classe et créé un vrai suspense comme l'aurait fait un Georges Simenon. Hélas, l'intrigue est très mince et le 'mystérieux assassin' ne le reste pas longtemps. On a affaire à du théâtre filmé, du travail solide et bien terne. C'est dommage d'autant plus que l'intrigue se déroule dans le Poitou avec quelques beaux extérieurs le long d'une rivière. De même ce milieu de hobereaux de province avec ses tares aurait été un terreau fertile pour un autre auteur que Brieux. On ne peut guère sauver que le récit de la domestique qui nous raconte en flashback les frasques de son défunt patron qui frappait sa femme, buvait plus que de raison et partait s'encanailler dans les bouges. Rolla-Norman que j'avais énormément apprécié dans L'île Enchantée (1927, Henry-Roussell) surjoue son roi du barreau et Sylvio de Pedrelli est un aristocrate débauché sans grand relief. Lucien Bellavoine réalise une belle cinématographie. Mais, cela ne suffit pas à sauver cet Avocat de la banalité.

lundi 14 juin 2010

Madame Récamier 1927

Un film de Gaston Ravel avec Marie Bell, Françoise Rosay, Victor Vina, Emile Drain, Charles Le Bargy et François Rozet

Cette super-production historique retrace la destinée de Juliette Récamier, une des icones de l'Empire. Le film commence par la visite quotidienne d'un Chateaubriand âgé (C. Le Bargy) à une Juliette Récamier presque aveugle (Nelly Cormon). Il lui demande de l'épouser. Elle demande un moment de réflexion et se souvient de sa jeunesse. Un long flash-back nous ramène sous la Révolution. En 1793, Julie Bernard (Marie Bell) mène une vie insouciante jusqu'à ce que sa mère lui demande d'épouser le banquier Récamier (V. Vina). Elle accepte. Mais, elle ignore que cet homme a été l'amant de sa mère et qu'il est son père biologique...Gaston Ravel a réuni un casting en or massif pour ce film historique qui fait penser aux futures productions de Sacha Guitry. De nombreux sociétaires de la Comédie Française se succèdent à l'écran: Charles Le Bargy (qui fut Henri III dans L'assassinat du Duc de Guise en 1908), Marie Bell (en Juliette Récamier), Emile Drain (en Napoléon), etc. Certes, la réalisation est assez statique et il n'y a guère de travellings, ni d'effets visuels inattendus. Mais, malgré tout, le film reste intéressant du début à la fin. Les acteurs sont excellents dans leurs rôles respectifs. Certaines scènes ont été tournées sur les lieux mêmes de l'action: la résidence de Mme de Staël, le chateau de Coppet (au bord du Lac Léman) et le Chateau de Fontainebleau. Nous revisitons une tranche de l'histoire de France, par le petit bout de lorgnette avec des mots d'auteur plein d'humour. Dans la première scène du film, en 1848, un jeune Victor Hugo commente l'attachement entre Mme Récamier et Chateaubriand tous les deux très âgés: "Regardez, que cela est touchant ! On va cesser de vivre, qu'on s'aime encore !" Dans sa jeunesse, tous les hommes en vue de la cour de l'Empereur sont fous d'elle. Mais, elle reste chaste et pure à la grande fureur de Mme Tallien et de Mme Hamelin qui la détestent et la jalousent. En fait, sa vie ressemble à celle d'une carmélite : vivant dans un mariage blanc auprès de son père pendant de longues années. Elle n'apprendra la vérité sur son époux que bien plus tard. Marie Bell est une jeune Juliette convaincante face à un excellent Victor Vina en Récamier. Si Gaston Ravel n'est pas un réalisateur très imaginatif, on peut néanmoins lui reconnaître des qualités narratives et picturales. Le début du film est très enlevé avec la foule des sans-culottes qui déboule vers la place de grève pour assister aux exécutions. Récamier contemple le spectacle de cette foule qui s'amuse et rit devant la guillotine, sachant qu'il risque d'y passer bientôt. Il y aussi une très jolie scène où la silhouette de Juliette se dessine derrière les volets à claire-voie attirant le regard de révolutionnaires avinés. Dans l'ensemble, ce film est une bonne surprise. Il est seulement dommage que la copie soit incomplète et nous prive de la rencontre entre le jeune Chateaubriand (interprété par Jean Debucourt, le fils de le Bargy) et Juliette Récamier.
Juliette Récamier (Marie Bell)