mercredi 14 octobre 2020

Le Corbeau sur France Inter le 18 octobre 2020 à 21h00

 

Dimanche prochain, je serai l'invitée de Stéphanie Duncan sur France Inter pour parler du Corbeau, l'emblématique film d'Henri-Georges Clouzot produit par la Continental Films. 



vendredi 18 septembre 2020

L'homme qui voulut être Napoléon sur France Culture les 19 & 20 septembre 2020 à 13h30

 

Je vous recommande une excellente émission (à laquelle j'ai participé) sur Albert Dieudonné réalisée par Marc Guidoni qui sera diffusée samedi 19 et dimanche 20 septembre à 13h30 sur France Culture. Vous en apprendrez plus sur l'interprète du Napoléon de Gance. 

mercredi 5 février 2020

Quartier Latin 1929

Louise (Carmen Boni)
Un film d'Augusto Genina avec Carmen Boni, Ivan Petrovitch, Gina Manès, A. Bandini et Gaston Jacquet

Louise (C. Boni), jeune étudiante au Quartier Latin, rencontre au bal costumé des étudiants Ralph (I. Petrovitch) et en tombe amoureuse. Il lui fait croire qu'il est un peintre sans le sou alors qu'il est le fils d'un banquier richissime...

Ce film de 1929 représente bien les productions européennes de cette époque-là. Le réalisateur est italien, la production franco-allemande et les acteurs sont serbe, italien, français, etc. Cette adaptation d'un auteur à la mode, Maurice Dekobra, échappe heureusement aux poncifs du mélo mondain. Le début du film fait penser à une adaptation de La Vie de bohème, en fait ce sont des étudiants qui se préparent à un bal costumé. L'héroïne Louise/Mimi gagne sa vie en accompagnant des films muets au piano pour payer ses études. Le film nous entraîne dans les folles nuits du Quartier Latin où l'on s'étourdit jusqu'au matin au son des orchestres de jazz. Voilà un film qui réclame un pianiste de jazz! (Ce n'était malheureusement pas le cas à la Fondation Pathé.) Si le début du film est finalement plutôt traditionnel cinématographiquement parlant, la deuxième partie - en particulier à la Gare de Lyon - se révèle plus en phase avec les dernières nouveautés du cinéma de cette fin des années 20. Carmen Boni court sur le quai à la poursuite de son amant qu'elle croit à bord du Simplon Express pour Venise. Cette magnifique séquence rythmée par un montage rapide efficace a fait l'objet d'un "making of" dans le superbe documentaire Paris Cinéma (1929) de Pierre Chenal. On y voit une foule de techniciens et électriciens qui poussent un chariot sur lequel est perchée la caméra avec les opérateurs. Le résultat est magnifique, montrant la jeune fille qui court au milieu de la foule des voyageurs et des vendeurs de journaux. Tout cela est entrecoupé par des plans de l'horloge qui avance inexorablement vers l'heure de départ du train. Cette poursuite haletante donne soudain au film une tout autre dimension. Il faut aussi mentionner l'excellente direction d'acteurs de Genina qui obtient de sa femme Carmen Boni ainsi que d'Ivan Petrovitch (que l'on a vu chez Perret et Ingram) des expressions très naturelles. Au total, un très beau film qui aurait besoin d'une belle édition en DVD avec une partition de jazz.

lundi 27 janvier 2020

Journée Maurice Tourneur à la Fondation Pathé le 3 mars 2020

Le mardi 3 mars 2020 à 19h, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé présentera pour la première fois à Paris la nouvelle restauration de The Broken Butterfly (Papillon meurtri, 1919) un film produit et réalisé par Maurice Tourneur en Californie:
Pauline Starke dans The Broken Butterfly
Je serai là pour le présenter ainsi que The Last of the Mohicans (Le Dernier des Mohicans, 1920) co-réalisé par Clarence Brown.
Barbara Bedford dans The Last of the Mohicans

lundi 9 décembre 2019

Interview sur la Continental à la RTBF diffusée le 6 septembre 2019

Mon ouvrage sur la Continental Films a fait l'objet d'une interview sur la 1ère de la RTBF le 6 septembre dernier. Vous pouvez l'écouter ici:

mercredi 12 juin 2019

Travail 1919

Luc Froment (Léon Mathot)
Un film en 7 épisodes d'Henri Pouctal avec Léon Mathot, Huguette Duflos, Raphaël Duflos, Camille Bert, Marc Gérard et Claude Mérelle

L'ingénieur Luc Froment (L. Mathot) est appelé par son ami Martial Jordan (M. Gérard) qui possède une mine et une aciérie pour expertiser sa propriété. Froment découvre la misère et le labeur des ouvriers qui sortent tout juste d'une longue grève dans l'usine sidérurgique voisine. Il décide de prendre en charge la mine et l'aciérie en y développant une nouvelle vision moderne du travail où les ouvriers peuvent vivre correctement...

(1860-1922)
Ce magnifique film adapté d'Emile Zola est une des oeuvres majeures du cinéma muet français. Le metteur en scène Henri Pouctal y fait montre d'un talent de conteur et d'un lyrisme remarquable. Je ne connaissais jusqu'à présent le film que sous la forme d'une version de 2h30 très condensée. La Fondation Pathé a eu l'excellente idée de programmer la version complète en 7 parties qui démontre, encore mieux que la version courte, l'ampleur, le souffle et la maîtrise de ce réalisateur oublié. Tourné en grande partie au Creusot, le film conjugue une vision documentaire du travail des ouvriers sidérurgistes avec une vision chorale des personnages de Zola dans toutes les classes de la société. Grâce à sa durée, Pouctal peut aisément dresser le portrait des multiples personnages qui peuplent le roman. Luc Froment, l'ingénieur qui vient de Paris, nous fait découvrir pas à pas le petit peuple de la vieille ville du Vieux Beauclair avec ses petites rues insalubres, sa rivière polluée et les bistrots où les ouvriers viennent dépenser leur paie avant même de nourrir leur famille. Puis, nous découvrons la classe dominante où se croisent un directeur d'usine dévoué et des fils de famille qui dilapident la fortune familiale. Ces deux sociétés ne se croisent jamais - ou presque- et le seul qui fait le lien entre ces deux mondes, c'est l'ingénieur venu d'ailleurs. Il découvre rapidement les conditions inhumaines faites aux ouvriers avec leur maigre paie, leur habitat insalubre, l'alcoolisme et la violence. Pétri d'idéalisme, Froment décide de construire une cité ouvrière modèle où chaque famille aura un petit jardin où cultiver ses légumes, une maison neuve et l'accès à la culture avec une école et une bibliothèque. Mais, cette belle création va heurter les bourgeois qui vivent de la misère du bas peuple, en particulier les commerçants et patrons de bistrots poussés par les propriétaires de l'usine voisine. Il est traîné en justice pour avoir capté l'eau (polluée) de la rivière pour son usine. Bien qu'il gagne son procès, il traverse la ville sous les huées, les jets de pierre et les crachats d'un peuple qui ne reconnaît pas son oeuvre. Au sein de chaque communauté, évitant le manichéisme, on trouve des hommes et femmes généreux et d'autres pétris de mépris ou de haine. Froment reste, en quelques sortes, en retrait comme un étranger. Il observe avec bonheur que les enfants de toutes les classes peuvent se retrouver en cachette pour jouer ensemble en évitant le mépris de classe des adultes. Le montage du film est extrêmement élaboré pour l'époque, conjuguant flash-backs, montage parallèle et court inserts qui montre l'acier en train d'être forgé. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'usine dont s'occupe Froment forge des rails et des charpentes métalliques quand son concurrent se concentre sur les canons et les obus. Les trois premières parties de ce film sont absolument magistrales. Je ne verrais malheureusement pas les quatre dernières parties. Mais le film sera certainement projeté de nouveau un de ces jours et il faut y courir!
Josine (H. Duflos) remercie Luc (L. Mathot)

vendredi 17 mai 2019

The Mystery of the Yellow Room 1919

Le Mystère de la chambre jaune
Un film d'Emile Chautard avec William S. Wallcot, Edmund Elton, George Cowl, Lorin Raker et Ethel Grey Terry

La fille du professeur Stangerson (E. Grey Terry) a été agressée dans une pièce fermée de l'intérieur. Le policier Larsan (G. Cowl) et le jeune journaliste Rouletabille (L. Raker) enquêtent...

E. Chautard (1864-1934)
Emile Chautard fait partie de ces cinéastes européens émigrés en Amérique qui ont presque totalement disparu des radars. Pourtant, il a été le mentor de deux des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma. En 1912, il prend sous son aile un acteur qui débute à la société Eclair et favorise son passage à la réalisation. Maurice Tourneur a appris son métier en tant qu'assistant à ses côtés avant de voler de ses propres ailes dès 1913. Arrivé en Amérique en 1915, Chautard emploie un nommé Joe Stern comme assistant. Il deviendra plus tard célèbre sous le nom de Josef von Sternberg. Il aurait d'ailleurs participé au tournage de cette version du roman de Gaston Leroux en 1919 en tant qu'assistant. Si Chautard est tant méconnu, c'est que fort peu de ses films ont survécu. C'est donc une formidable opportunité de pouvoir se faire une opinion sur ce cinéaste que cette projection d'une copie de The Mystery of the Yellow Room restaurée récemment. Tourné sur la Côte Est, ce film n'a aucune star à l'affiche, mais des comédiens bien choisis pour leurs emplois respectifs. Le jeune Lorin Raker incarne un Rouletabille agile et poupin et George Cowl (qui fut longtemps l'assistant de Tourneur) est un Larsan distingué. Maîtrisant son récit, Chautard s'offre deci-delà quelques plans étonnants comme cette vue en plongée de la chambre jaune avec Mathilde Stangerson au sol après l'agression. Ne laissant aucun temps mort, nous suivons les investigations de Rouletabille qui cherche sans relâche le coupable. Si la résolution de l'énigme lors du procès final donne lieu à des cartons d'intertitres bien trop verbeux, le reste du film est parfaitement calibré pour maintenir le suspense jusqu'à la dernière bobine. La photo de l'opérateur français Jacques Bizeul est de belle qualité, mais si elle fut considérée comme juste adéquate par la presse corporative de l'époque. On ne peut qu'espérer que d'autres films de Chautard referont surface pour rendre hommage à ce pionnier qui à partir de 1927 dut se contenter de jouer les rôles de complément dans les films de certains de ses anciens élèves.

lundi 13 mai 2019

Continental Films in Cineaste magazine summer 2019


My article "A Notorious Trip to Berlin" is coming out soon in the next summer issue of Cineaste.