mercredi 29 novembre 2017

Rencontre-dédicace chez Joseph Gibert le 16 décembre 2017

Je serai chez Joseph Gibert au 26 Bd St Michel (Paris 6e) pour une rencontre-dédicace le samedi 16 décembre de 17h à 19h. Elle aura lieu à l'espace-rencontres au 1er étage du magasin, rayon beaux-arts. 

vendredi 24 novembre 2017

Le Corbeau le 20 décembre 2017 à la Cinémathèque de Toulouse

Je serai à Toulouse le mercredi 20 décembre pour présenter Le Corbeau (1943) d'H.-G. Clouzot à la Cinémathèque de Toulouse à 19h00. Cette séance sera précédée d'une rencontre avec les lecteurs à la Librairie Ombres Blanches à 16h30.

mercredi 22 novembre 2017

Continental Films - Cinéma français sous contrôle allemand (VII)

Une nouvelle critique sous la plume de Philippe Meyer dans La Semaine Juridique du 20 novembre 2017:


mardi 14 novembre 2017

Continental Films - Cinéma français sous contrôle allemand (VI)

Critique publiée dans Télérama du 15 novembre 2017:

Le superbe livre de Christine Leteux (Continental Films, Cinéma français sous contrôle allemand, éd. La Tour Verte) remet les pendules à l’heure. Certes, Greven est un allemand raffiné, qui accroche, chaque jour, telle une provocation, son manteau et son chapeau au buste de Hitler dans son bureau, mais il sait aussi se montrer implacable. Harceler Edwige Feuillère qui refuse de travailler pour la Continental après que la firme a racheté son contrat. Forcer Danielle Darrieux à prendre, avec d’autres vedettes, un train pour Berlin, en 1942, pour la première allemande de Premier Rendez-vous.
Le récit se lit comme un roman d’aventures tragiques. Il fait le point sur ce fameux voyage à Berlin en différenciant les acteurs ravis d’en faire partie (Suzy Delair se plaint de ne pas avoir été présentée à Goebbels) et ceux qui y assistent contrains et forcés. Christine Leteux est la seule à avoir réussi à consulter toutes les archives françaises et allemandes sur le sujet, ce lui a permis d’éclaircir des cas très douloureux, comme celui d’Harry Baur.
Il est l’un des comédiens les plus populaires de l’époque : on l’a vu dans Les Misérables, Mollenard, Un Carnet de bal, Volpone, L’Assassinat du Père Noël. C’est dire la stupéfaction des Français lorsqu’ils apprennent que leur vedette adorée a accepté de tourner, en Allemagne, Symphonie eines Lebens. En fait le comédien, dont la femme est juive, a tenté mille prétextes pour refuser. Son état de santé : mais les autorités lui ont promis la présence d’un médecin 24 heures sur 24. Sa méconnaissance de la langue allemande : mais un coach la lui apprendra à vitesse grand V… De retour à Paris après deux séjours éprouvants en Allemagne, Harry Baur et sa femme sont arrêtés, sur la dénonciation d’un ami d’enfance du comédien. Devenu un antisémite forcené, il avait même reproché à un journal d’avoir publié sur la même page la photo de son ex-camarade, un « enjuivé, sale, taré, lâche » et celle d’un être « aussi beau, aussi moral que le Führer ». L’acteur est enfermé dans la prison du Cherche-Midi. A l’un de ses tortionnaires qui s’étonne de le voir se lever alors qu’il s’apprête à le rouer de coups, Harry Baur dit « Ce sera moins lâche, pour vous, de frapper un homme debout. » Il meurt en avril 1943. Un médecin, venu le voir avant son décès, constate qu’il « avait été brutalisé, rossé et frappé avec une violence extrême ».
Le livre s’attache à démêler les responsabilités de chacun. Ceux qui se ruaient sur Alfred Greven avant même qu’ils ne les sollicite (Fernandel, Tino Rossi). Ceux qui travaillaient pour la Continental mais luttaient pour leur indépendance (le cinéaste Henri Decoin). Et ceux qui, au mépris de tout danger, refusaient la moindre proposition (les comédiens Paul Meurisse et Pierre Blanchar). Parmi les comportements les plus détestables, Christine Leteux insiste sur celui de Léo Joannon, réalisateur de second ordre, auteur, avant la guerre, de comédies pas inoubliables : Bibi-la-Purée et Vous n’avez rien à déclarer ? Le scénariste Henri Jeanson l’appelait « la mouche du Boche ». Pour réaliser Caprices, en 1941, Joannon va se livrer à des magouilles ignobles. Il fait signer des contrats antidatés aux vrais auteurs du scénario : Jacques Companeez et Raymond Bernard, interdits de travail parce que juifs, pour s’approprier leur œuvre. Il refuse de les payer, comme il l’avait promis, une fois qu’il est sorti d’affaire. Et lorsque l’un d’eux – Raymond Bernard, se rebiffe et ose l’attaquer en procès, il menace de le dénoncer aux autorités… Le film ne vaut que pour une scène formidable : dans un restaurant huppé, Danielle Darrieux et Albert Préjean créent la panique, à propos d’un lustre gigantesque qui pourrait tomber… On ne peut s’empêcher, aujourd’hui, de mesurer ce que cette fantaisie cachait de lâchetés et d’ignominies. Pierre Murat

jeudi 9 novembre 2017

Continental Films - Cinéma français sous contrôle allemand (V)

Première critique de mon ouvrage dans Le Canard Enchaîné du 8 novembre 2017:

mardi 24 octobre 2017

Les Inconnus dans la maison le 18 novembre 2017 à la Cinémathèque française

Samedi 18 novembre à 20h30 à la Cinémathèque française
Auparavant, à partir de 19h30, il y aura une rencontre informelle avec les lecteurs
à la librairie de la Cinémathèque en relation avec mon ouvrage sur la Continental Films. A bientôt!


lundi 23 octobre 2017

Continental Films - Cinéma français sous contrôle allemand (IV)

Nouvelle critique sur le Blog Sniff and Puff de Tom Peeping:
Qui s’intéresse à l‘Occupation et au cinéma français sait que la période 1940-1944 fut marquée, en France et pour l’industrie cinématographique, par la puissance d’une société de production française à capitaux allemands : Continental Films. A l’évocation de son nom, des titres, des personnalités et des événements liés à son histoire viennent à l’esprit : "Le Corbeau", "L’Assassinat du Père Noël",  "Premier Rendez-vous",  "La Symphonie Fantastique", "La Vie de Plaisir", Henri Decoin, Henri-Georges Clouzot, Maurice Tourneur, Danielle Darrieux, Harry Baur, Fernandel, Pierre Fresnay, le voyage à Berlin, l’affaire du Corbeau… Et en filigrane, un homme d’affaires dont le nom n’apparaît sur aucun générique mais qui dirigea le météorique destin de cette société de production pas comme les autres : Alfred Greven.Ces titres, ces noms et ces événements ont créé une sorte de mémoire collective de l’historien et du cinéphile qui reposait jusqu’à maintenant sur un panaché de faits avérés, de documents et de témoignages irréfutables mais aussi de réalités transformées et de fantasmes pris pour argent comptant et répétés jusqu’à devenir canoniques.Le nouveau livre de Christine Leteux, « Continental Films. Cinéma français sous contrôle allemand », est une addition essentielle au très bref corpus d’ouvrages qui ont été consacrés à la Continental entre les années 1980 et aujourd’hui. Voici pourquoi.Christine Leteux est historienne du cinéma mais aussi docteur en sciences : sa méthode, issue de sa formation, est celle de la recherche fondamentale et de l’étude objective des données disponibles. Pour son travail sur la Continental, elle a voulu tout remettre à plat et revenir aux sources originelles sur le sujet. En n’oubliant pas, mais en mettant de côté pour réexamen, les données vraies ou fausses mécaniquement répétées depuis des décennies. L’ouverture des Archives de l’Occupation et de l’Epuration en décembre 2015 lui a permis la réalisation de son projet de réévaluation : pour la première fois, la consultation des dossiers d’époque conservés aux Archives Nationales pouvaient lui donner une image précise et objective des parcours des personnes ayant eu des liens avec la Continental entre 1940 et 1944, de sa création à sa fin. Leurs dépositions auprès des Comités d’Epuration et les pièces conservées de leurs dossiers nominatifs individuels furent la matière première de cette réécriture rendue possible par l’accès aux sources premières.
Le livre est une mine d’informations et de révélations qui retrace l’histoire de la Continental à travers celle de son administration et de ses talents créatifs associés. Grâce aux témoignages retrouvés des grandes et des petites mains de la société, la Continental réapparait sous un jour quelque peu différent de ce que la mémoire collective en avait gardé. Une société française à capitaux allemands, administrée à Paris et surveillée de loin par Berlin, qui produisit trente films qu’on peut répartir en trois parts égales : dix chefs-d’œuvre, dix bons films et dix navets. La Continental fut aussi le terrain professionnel temporaire de metteurs en scène, d’acteurs, de scénaristes et de techniciens de très grand talent dont la grande majorité n’avait pas envie d’y travailler mais qui devait gagner sa vie et sauver sa peau lors de la période la plus difficile et complexe de l’histoire récente de la France. A travers les quatre années d'existence de cette société de production née d'une conjoncture hors-norme, ce sont aussi les quatre années d'Occupation du pays avec ses dangers, ses saloperies et ses héroïsmes qu'on retrouve en toile de fond. La lecture du livre apporte des informations nouvelles, parfois amusantes, souvent tragiques, mais toujours étonnantes sur des épisodes connus ou cachés du cinéma français sous l’Occupation.  On sait enfin le respect professionnel réciproque qu’entretenaient Greven et Clouzot, les tentatives de Danielle Darrieux d’échapper à son contrat, les coulisses du regrettable voyage à Berlin, les terribles conditions de la détention et de la mort d’Harry Baur, les manoeuvres ignobles qui ont conduit Léo Joannon à diriger le film « Caprices »,  le comportement courageusement risqué d’André Cayatte, l’intérêt lointain que Goebbels avait pour les films de la Continental, le fait surprenant que des juifs y travaillaient salariés, la légende noire de la fuite de Mireille Balin... Et qu’Alfred Greven n’était pas ce « cinéphile avant tout » mais bien un businessman nazi qui avait perçu l’opportunité d’une activité à fort potentiel lucratif en territoire occupé.Et bien sûr, le livre étant de cinéma, les coulisses de la création de films Continental majeurs ou mineurs sont racontées par des détails jusque-là ignorés : "Le Dernier des Six", "Annette et la Dame Blanche", "Les Inconnus dans la Maison", "L'Assassin habite au 21", "La Main du Diable", "Pierre et Jean", "Cécile est morte !", "Les Caves du Majestic"...Les informations du livre, qui confirment, précisent ou réfutent celles qui circulaient depuis près de quarante ans (le début des premières publications sur la Continental) seraient à elles seules une raison sans appel de lire l’ouvrage. Mais il y a autre chose qui distingue le livre de Christine Leteux. « Continental Films » est rédigé dans une écriture et un style limpides qui évitent le piège du jargon universitaire pour une narration dynamique. L’histoire de la Continental y est racontée de l’intérieur par les dépositions des participants eux mêmes qui servent de socle à la construction narrative imaginée par l’auteur. « Continental Films » est un très solide livre d’histoire du cinéma qui se lit comme un roman, avec des personnages, des décors et des situations qui prennent vie sous nos yeux. Le style littéraire de Christine Leteux, qu’on avait déjà remarqué dans ses deux précédents livres de cinéma : « Albert Capellani » (La Tour Verte, 2013) et « Maurice Tourneur » (La Tour Verte, 2015), trouve ici un équilibre parfait entre le fond et la forme et fait de son livre, en plus d’un document incontournable, une lecture véritablement enthousiasmante.Bertrand Tavernier, qui connaît bien le sujet - La Continental est au coeur de son film "Laisser-passer" (2002) - ne s'y est pas trompé : il a écrit une formidable préface au livre de Christine Leteux. Un livre formidable.

vendredi 20 octobre 2017

Continental Films - Cinéma français sous contrôle allemand (III)


Premier retour sur mon ouvrage sur le Blog Arte d'Olivier Père:

Continental Films – cinéma français sous contrôle allemand de Christine Leteux (éditions La Tour verte) retrace l’histoire de la firme allemande créée en octobre 1940 par un producteur allemand, Alfred Greven, dans Paris occupé. Comme le souligne Bertrand Tavernier dans une préface enthousiaste, cet essai bouscule les préjugés, idées fausses et légendes nés autour de la Continental, et rétablit la vérité sur le fonctionnement de cette société et les motivations de ceux qui y travaillèrent, souvent contraints, parfois consentants, grâce à de nombreux témoignages et documents. Leteux fait revivre la période terrible de l’Occupation allemande et de la Collaboration, se livre à une véritable étude d’historienne. Ce livre riche en surprises, révélations et rectifications – notamment sur le voyage à Berlin de comédiens français en mars 1942, ou la mort de Harry Baur torturé par la Gestapo – permet de mieux comprendre l’envers du décor de la production cinématographique française entre 1940 et 1945, de lever le voile sur des décisions et des attitudes des principaux protagonistes du cinéma français sous l’Occupation, qui vont du courage à la pire crapulerie, entre les collaborateurs convaincus, les opportunistes sans scrupules, ceux qui durent accepter de travailler pour les Allemands victimes de pressions et de chantage et ceux dont la bêtise ou l’aveuglement paraissent toujours aussi inexcusables.
Un livre passionnant et indispensable.