mercredi 15 mai 2013

Prapancha Pash 1929

A Throw of Dice (La Partie de dés)
Un film de Franz Osten avec Seeta Devi, Himansu Rai et Charu Roy

Le roi Sohat (H. Rai) a décidé d'éliminer par tous les moyens son cousin le roi Ranjit (C. Roy). Mais, la tentative d'empoisenement échoue ; il est soigné par un vieil hermite. Ranjit tombe amoureux de Sunita (S. Devi), la fille de ce dernier...

Cette co-production anglo-germano-indienne est une adaptation d'un épisode de la saga du Mahabarata tournée en Inde avec des acteurs indiens. Le réalisateur allemand Franz Osten réussit à capturer brillamment les beautés de l'Inde tout en évitant de sombrer dans la couleur locale. L'histoire est un conte universel : la rivalité entre deux rois pour la possession d'un royaume et celle d'une femme. Ils sont tous deux des joueurs passionnés et une partie de dés va décider de la destinée de Ranjit car le malheureux ignore que ceux-ci sont truqués. Le film m'a fait pensé pour sa splendeur visuelle au Thief of Bagdad (Le Voleur de Bagdad, 1924) ; mais, ce film-là offre une réalité et une véracité que n'a pas la production américaine. Ne reculant devant rien, A Throw of Dice a été réalisé avec plus de 10 000 figurants, 1 000 chevaux et 50 éléphants. Et le résultat à la hauteur, une mise en images de toute beauté d'un conte indien avec trois acteurs principaux excellents dans leurs rôles respectifs. La restauration effectuée par le BFI en 2006 est magnifique et le film est accompagné par une partition symphonique moderne de qualité. Un film à découvrir.

samedi 11 mai 2013

The Return of Draw Egan 1916

Un film de William S. Hart avec Wm S. Hart, Margery Wilson, Louise Glaum et Robert McKim

Draw Egan (Wm S. Hart) est un hors-la-loi recherché. Mais, un éniment citoyen de la petite ville de Yellow Dog lui demande, sans connaître son identité, de devenir le Marshall de cette ville sans loi...

Ce superbe western de 5 bobines, produit par T. H. Ince, mentionne pour la première fois William S. Hart comme étant le réalisateur. Il s'agit d'un de ses meilleurs films avec une construction dramatique parfaitement contrôlée, des angles de prise de vue élaborés et un scénario superbe de C. Gardner Sullivan. Il fait la démonstration sans effort apparent que le western est un genre cinématographique à part entière. Il est Draw Egan, un hors-la-loi, chef de bande recherché dans tout le pays. Pourtant, dès le début, on constate qu'il reste chez lui un certain code de l'honneur que semble ignorer un de ses complices Arizona Joe (R. McKim) qui ne songe qu'à s'enfuir au plus vite. Comme toujours, C. Gardner Sullivan n'oublie pas d'incorporer un humour bienvenu aussi bien dans les cartons d'intertitres (voir ci-dessus) que dans les situations. Il en effet cocasse de constater que le hors-la-loi va devenir un shérif craint de tous dans cette ville champignon et sans loi, la bien nommée Yellow Dog. Il devient un des citoyens les plus respectés de la ville. Mais, c'était sans compter l'arrivée d'Arizona Joe qui menace de révéler sa véritable identité, d'autant plus ennuyeux que Draw Egan est amoureux de Myrtle (M. Wilson).
Le film se termine par un duel dans une rue déserte tel qu'on en verra des centaines dans les westerns à venir. Tout est parfaitement agencé avec l'arrivée de Egan dans le lointain, Joe caché derrière des barils prêt à lui tirer dessus. Egan s'avance face à la caméra en gros plan. La scène est montée et chorégraphiée avec tout le suspense voulu. Un magnifique William S. Hart qui mériterait mieux que les éditions médiocrissimes que l'on trouve de nos jours. 

vendredi 10 mai 2013

Proud Flesh 1925

Fernanda (E. Boardman) et Don Diego (H. Ford)
Un film de King Vidor avec Eleanor Boardman, Pat O'Malley et Harrison Ford

La très snob Fernanda Borel (E. Boardman) quitte l'Espagne pour aller visiter son oncle à San Francisco. Elle y rencontre Pat O'Malley (P. O'Malley) un entrepreneur de plomberie qui tombe amoureux d'elle...

Cette comédie romantique signée King Vidor a été tournée juste avant The Big Parade (La Grande parade, 1925) qui va placer le metteur en scène parmi les plus grands de l'époque. Proud Flesh n'est pas du tout du même gabarit. Néanmoins, malgré un scénario assez simpliste, Vidor montre son immense talent de directeur d'acteurs. Celle qui allait devenir bientôt sa nouvelle épouse, Eleanor Boardman, y joue une jeune femme incroyablement snob, née lors du tremblement de terre de San Francisco de 1906 (comme si cet événement cataclysmique annonçait également l'arrivée sur terre de cette créature insupportable). Elle est courtisée par Don Diego (Harrison Ford), un hidalgo raffiné et pédant. Son arrivée à San Francisco est l'occasion de plusieurs scènes comiques alors que Fernanda découvre 'les horribles montagnes' de la ville! Ce qui rend le film intéressant, ce sont ses rapports avec Pat O'Malley (qui joue sous son propre nom). Lui, le self-made-man à l'américaine n'a rien d'un poseur. Il est tout de go alors que Fernanda n'est que prétention et snobisme.   Cela ne va pas l'empêcher de goûter avec ardeur au baiser qu'il lui plaque sur les lèvres lors d'une soirée dans un gratte-ciel. On ne sait plus si elle a le vertige à cause de la hauteur ou du baiser. Le film étudie aussi intelligemment les différences de classe. Alors qu'O'Malley s'est introduit chez l'oncle de Fernanda habillé en plombier, Don Diego le prend au pied de la lettre et lui propose de prendre le thé tous ensemble, y compris avec les domestiques. Evidemment, les domestiques (chinois et espagnole) n'ont rien à se dire et tout le monde est gêné au possible. Diego vient de lui démontrer que la belle égalité à l'américaine n'est qu'une façade. Vidor a eu aussi la bonne idée d'aller tourner sur place les scènes dans les rues de San Francisco ainsi qu'au bord de la côte pacifique à Carmel. Cela donne lui à une superbe séquence où Fernanda va se promener sur le bord des falaises face à l'océan. La sauvagerie des éléments déchaînés semble refléter ses propres sentiments. Elle est bouleversée par O'Malley sans oser se l'avouer. La fin du film paraît un peu brusquée, mais nous offre une belle scène où le très viril O'Malley est en larmes près de sa mère (comme le sera John Gilbert dans The Big Parade). Un très joli film de Vidor.

lundi 6 mai 2013

Anna Christie 1923

Un film de John Griffith Wray avec Blanche Sweet, George F. Marion, William Russell et Eugenie Besserer

Anna Christie (B. Sweet) se rend à New York pour retrouver son vieux père Chris Christopherson (G. F. Marion) qu'elle n'a pas revu depuis quinze ans...

La pièce d'Eugene O'Neill, créée en 1921 à Broadway, a intéressé le cinéma immédiatement avec cette première version produite par Thomas H. Ince. Au centre du film brille la superbe Blanche Sweet, une des actrices fétiches de D.W. Griffith. Comme Lillian Gish, son physique fragile cache une volonté de fer et des nerfs d'acier. Contrairement à la version parlante (ou plutôt aux versions parlantes) réalisée en 1930, le film muet est plus fluide, n'ayant aucune des contraintes liées aux micros vissés au sol et aux caméras enfermées dans des caissons insonorisés. Le film débute donc en Suède où la petite Anna vit avec sa mère dans l'espoir du retour de son père marin toujours parti au bout du monde. Son émigration aux Etats-Unis avec sa mère ne sera pas le rêve de bonheur escompté, bien au contraire. Le film se permet plusieurs excursions en extérieurs qui donnent au film une respiration qui manque à la version de 1930. Parmi les acteurs, on reconnaît George F. Marion qui avait créé le rôle de Chris Christopherson au théâtre et qui le reprendra encore avec Greta Garbo. D'ailleurs, il est étonnant de voir à quel point les décors et les angles de prise de vue sont similaires, particulièrement dans la scène du bar au début du film comme si le cinéma n'arrivait à pas s'affranchir de l'oeuvre originale. Le film est dominé par la caractérisation de Blanche Sweet qui donne tout son relief à l'héroïne d'O'Neill. Fille abandonnée à une famille de cousin fermier qui l'exploite, elle se retrouve seule, sans un sou et devient prostituée. Le retour vers son père va la ramener à la vie avec en même temps la découverte de l'amour avec le grand Matt Burke (William Russell). Le film est viril et violent, bien plus que la version de Clarence Brown. Certes, John Griffith Wray est sans surprise dans sa direction, mais l'oeuvre est bien rythmée et bien jouée. Un des meilleurs films de Blanche Sweet qui mériterait d'être mieux connu.

dimanche 5 mai 2013

La Femme et le pantin 1928

Un film de Jacques de Baroncelli avec Conchita Montenegro, Raymond Destac et Henri Levêque

Don Mateo (R. Destac) rencontre dans un train Concha Perez (C. Montenegro) et en tombe follement amoureux. Mais, la belle le repousse...

Le roman de Pierre Louÿs a fait l'objet d'une multitude de versions cinématographiques dont la plus célèbre est The Devil is a Woman (1935) du tandem Dietrich-von Sternberg. Pour cette première version, contrairement aux autres cinéastes qui utiliseront une star dans le rôle principal, Baroncelli fait le pari inverse. Il choisit une jeune danseuse espagnole de 17 ans seulement, Conchita Montenegro qui éclate à l'écran avec sa beauté et son charisme. Le film est réalisé avec tout ce qu'il faut de rafinement dans les décors et de nombreuses scènes ont été tournées à Cadix et à Séville. Certes l'intrigue est relativement banale. On suit le cheminement de Don Mateo qui est prêt à tout pour posséder Concha. mais, celle-ci a plus d'un tour dans son sac et lui file toujours entre les doigts en attisant sa jalousie avec malice. Baroncelli joue avec les grilles qui ferment les cours ou les pièces des maisons andalouses. Tel un animal dans une cage, Don Mateo en ait souvent reduit à observer Concha qui se déhanche hors de sa portée. C'était une excellente idée que de confier le rôle de la tentatrice à une très jeune actrice car celle-ci fait de Concha une femme-enfant manipulatrice, tout en conservant une certaine innocence. Son personnage conserve sa part de mystère. Baroncelli va assez loin dans le dévoilement de son actrice qui danse nue face à un groupe de vieux messieurs libidineux. Il filme tout cela de loin à travers une vitre ou un rideau de perles, si bien que cette vision semble presque être un phantasme de Don Mateo qui suffoque face à la tentation. Le film se clot comme il avait commencé par une reconstitution du célèbre tableau de Goya, El pelele (Le pantin) où quatre jeunes filles font sauter un pantin dans une toile tendue. Don Mateo restera à jamais un pantin dans les mains de la belle Concha. Le film a été diffusé en 1997 sur Arte avec une partition de Georges van Parys qui est entraînante, mais bien trop répétitive.

Der Rosenkavalier 1926

Le Chevalier à la rose
Un film de Robert Wiene avec Huguette Duflos, Jaque Catelain et Michael Bohnen

Octavian (J. Catelain), l'amant de la Maréchale (H. Duflos), est sélectionné pour apporter une rose d'argent à la jeune Sophie (E.F. Berger) qui est promise au baron Ochs (M. Bohnen)...

Le chef d'oeuvre de Richard Strauss semblait un sujet parfait pour le cinéma muet. D'autant plus que pour la création de ce film, on avait commandé au compositeur une partition inspirée de son opéra dont il reprenait les principaux leitmotives. Malheureusement, l'intrigue originale qui est l'oeuvre du génial Hugo von Hofmannstahl a été réécrite en voulant certainement ajouter des épisodes pour la rendre moins théâtrale. Hélas, bien loin d'améliorer l'original, cette modification rend les personnages falots et l'intrigue devient celle d'une médiocre pièce de boulevard. Ce qui faisait la valeur de l'oeuvre commune de Strauss et d'Hofmannstahl, c'était la subtilité psychologique des personnages, le rythme et l'humour des situations. Avec Wiene, nous avons droit à une illustration plate au rythme fort relaché, à des personnages dépourvus de profondeur et à une direction d'acteur sans saveur. Il faut dire que la distribution est dominée - s'il on peut dire ! - par le couple Huguette Duflos-Jaque Catelain. Ces deux acteurs français étaient déjà apparus ensemble dans le Koenigsmark (1923) de Léonce Perret et ils sont tout aussi inintéressants dans ce film. Duflos ne fait presque rien à part prendre l'air ennuyée et Jaque Catelain est un Octavian catastrophique. Si on le compare à une myriade de grandes mezzo-sopranos qui ont interprété le rôle, elles apportent à Octavian plus de virilité et d'entrain que ce malheureux acteur qui papillonne des yeux. D'ailleurs, ce rôle travesti est certainement bien plus intéressant lorsqu'il est interprété par une femme. Lors du dernier acte, Octavian doit se traverstir en soubrette pour confondre ce vieux libidineux d'Ochs. Pour cette scène, l'interprète d'Octavian doit suggérer qu'elle est un jeune homme travesti en fille (et non pas l'inverse). Le résultat est souvent renversant d'intelligence scénique. Alors que reste-t-il de l'opéra de Strauss dans ce film platement mis en scène ? Eh bien, à part la partition géniale du compositeur qui suggère des couleurs, des raffinements et un rythme absent du film, par grand chose. Si vous voulez découvrir Le Chevalier à la rose, achetez plutôt un DVD de l'opéra, de préférence dirigé par Carlos Kleiber.

vendredi 3 mai 2013

Johan 1921

A travers les rapides
Un film de Mauritz Stiller avec Jenny Hasselqvist, Mathias Taube et Urho Somersalmi

Marit (J. Hasselqvist) a épousé Johan (M. Taube) malgré l'opposition de la mère de celui-ci. Mais, une fois mariée, elle  s'éloigne de son époux. Un étranger (U. Somersalmi) arrive et fait tout pour la séduire...

Ce magnifique film de Mauritz Stiller est une adaptation du roman Juha du finlandais Juhani Aho. Stiller était d'ailleurs lui-même d'origine finlandaise. L'intrigue est simplissime: la jeune Marit a été adoptée enfant par Johan et sa mère. Elle devient la servante de la famille, exploitée par la mère qui profite de sa reconnaissance. Et lorsque son fils décide d'épouser Marit, elle fait tout ce qu'elle peut pour l'éloigner, sans résultat. Pourtant, le mariage ne semble pas heureux. Il y a une grande différence d'âge entre les époux et Marit va soudain suivre un jeune étranger pour vivre une passion éphémère. Stiller utilise au mieux les décors sauvages qui symbolisent admirablement le voyage émotionnel de l'héroine. Elle descent les rapides dans une barque avec son amant, à la fois terrorisée et pourtant recherchant le risque. C'est finalement cette séparation et cette courte aventure avec cet étranger volage qui va souder son couple avec Johan. Jenny Hasselqvist est une magnifique Marit à la recherche d'une aventure des sens qui lui est inconnue. Contrairement à tant de films tournés avec des transparences en studio, Johan est tourné entièrement en décors naturels en prenant tous les risques. Il faut noter qu'en 1999, le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki en a fait un remake. C'est un Stiller de tout premier ordre qui a été diffusé par Arte en 2001 avec une partition assez irritante que j'ai remplacé epar la symphonie N°3 de Jean Sibelius. Sa musique reflète admirablement l'ambiance de Johan. Une pure merveille.

lundi 29 avril 2013

Ingmarssörnena 1918

La Voix des ancêtres
Un film de Victor Sjöström avec Victor Sjöström, Harriet Bosse, Torre Svennberg et Hildur Carlberg

Le fermier Lil Ingmar (V. Sjöström) monte au ciel pour demander conseil à son vieux père (T. Svennberg). Il lui raconte son malheur. Il  était sur le point de se marier avec Brita (H. Bosse), mais la mauvaise récolte lui a fait différer le mariage. Or Brita, déjà installée chez lui, attendait un enfant...

Ce magnifique film de Sjöström est une oeuvre d'auteur complet. Il joue le rôle principal tout en ayant lui-même adapté le roman de Selma Lagerlöf (Jerusalem) et il en assure la mise en scène. Contrairement à ses films précédents comme Terje Vigen (1917) et Berg-Ejvind  och hans ustru (Les proscrits, 1918) qui sont des chefs d'oeuvres lyriques et flamboyants, Ingmarssörnena travaille dans l'introspection et une analyse minutieuse de l'âme humaine. Entre d'autres mains, ce film de deux heures pourraient être un pensum. Avec Sjöström, c'est un miracle d'humanité et pudeur. Il prend son temps pour nous conter la vie d'Ingmar, un jeune fermier un peu fruste et taiseux. Celui-ci aime Brita, la fille d'un riche voisin. Or celle-ci ne ressent rien pour lui; mais elle doit accepter de le suivre suite aux injonctions de ses parents qui considèrent que c'est un mariage bienvenu avec un riche fermier. Dès le début, il y a une incompréhension totale entre les futurs époux. Elle est profondément malheureuse dans la ferme d'Ingmar et ne s'entend pas avec sa belle-mère. Et lui ne comprend pas pourquoi elle dépérit de jour en jour. Brita a suivi son fiancé avant même le mariage, comme c'était la coutume à l'époque. Et voilà que la récolte s'annonce mauvaise. Ingmar décide de reculer le mariage d'une année. La malheureuse Brita est enceinte et plutôt que de donner naissance à un enfant illégitime, elle préfère le tuer à la naissance. Elle est condamnée à trois ans de prison, malgré l'intervention d'Ingmar durant le procès. Ce récit est fait par Ingmar lui-même alors qu'il consulte son père mort après avoir escaladé une échelle qui monte au ciel. Il est incapable de prendre une décision. Doit-il aller retrouver Brita à sa sortie de prison ou l'oublier à son triste sort? Son père lui donne le conseil énigmatique de "suivre le chemin de Dieu". Ingmar va donc aller chercher Brita à sa sortie de prison. Comme auparavant, ils sont incapables de se parler franchement. Brita a changé et elle a appris à aimer Ingmar. Lui ne sait pas comment exprimer ses sentiments. Durant le trajet qui les ramènent à la ferme familiale, ils vont lentement réappendre à se comprendre. Sjöström et Harriet Bosse sont des interprètes magnifiques dans la retenue et l'intelligence. Ils réussissent à conférer à leurs deux personnages une puissance émotionnelle et une vérité psychologique que l'on n'attend pas dans un film de 1918. Et en tant que metteur en scène, Sjöström montre qu'il est à l'aise aussi bien dans la fresque lyrique que dans une étude psychologique au petit point. Un film bouleversant et unique. (Dans Karin Ingmarsdotter (1920), il poursuit la saga de la famille Ingmar en nous montrant la destinée de sa fille.)