samedi 7 janvier 2012

Liebe 1927

L'Histoire des treize - La Duchesse de Langeais
Un film de Paul Czinner avec Elisabeth Bergner, Hans Rehmann et Paul Otto

Sous la Restauration, la Duchesse de Langeais (E. Bergner) est l'une des femmes les plus en vue des salons du Faubourg Saint-Germain. Elle est renommée pour sa coquetterie. Elle rencontre durant un bal le Marquis de Montriveau (H. Rehmann) qu'elle entreprend de séduire...

E. Bergner & H. Rehmann
Le Hongrois Paul Czinner a réalisé de nombreux films avec son épouse Elisabeth Bergner dans le rôle principal. Tous les films muets montrent une actrice passionnante au physique androgyne et à la sensibilité à fleur de peau.  Son physique mince faisait d'elle l'interprète rêvée pour les adolescentes. Mais ici, dans une adaptation d'Honoré de Balzac, elle joue une héroïne plus mûre et plus sure d'elle. La Duchesse de Langeais est un rôle de grande amoureuse qui a certainement beaucoup plu aux actrices. Dès les années 10, on trouve un court-métrage chez Pathé et Norma Talmadge aux Etats-Unis joue également le rôle dans The Eternal Flame (1922, F. Lloyd). Le film de Czinner est centré entièrement sur le personnage d'Antoinette de Langeais. Cette coquette devenue une femme déchirée par l'amour fait penser à Marguerite Gautier ou à la Madame De... d'Ophüls. Elle se croit totalement imperméable à l'amour et va de bal en bal où elle flirte deci-delà sans jamais développer de vrais sentiments. Mais, sa rencontre avec Montriveau va modifier tout cela. Elle va séduire cet homme guère porté vers les femmes. Mais, elle est en même temps prisonnière de son époque et de son monde. Elle peut flirter, mais elle ne peut avoir ouvertement un amant, étant une femme mariée. Elle pique au vif Montriveau en lui promettant beaucoup, mais en ne lui offrant rien. Celui-ci, ne supportant plus ce supplice, va la quitter. Et c'est aors qu'elle va réaliser la passion qui l'habite. Hélas, il est déjà trop tard. J'ai été vraiment touchée par la caractérisation de Bergner dans le rôle principal. Elle est juste et vraie, utilisant un langage corporel dépouillé, elle nous fait ressentir son désarroi et la passion qui la bouleverse. De petite taille, très mince, elle réussit néanmoins à habiter l'écran bien mieux que le large Hans Rehmann qui est un Montriveau bien pataud. Le film se clôt sèchement par une scène où Montriveau découvre Antoinette morte et évite un dénouement plus banal. Paul Czinner était décidément un réalisateur et un directeur d'acteurs de talent. La copie de la Cinémathèque était un contretype de qualité convenable avec des intertitres en français.

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