dimanche 17 octobre 2010

Das Mirakel 1912

Un film de Max Reinhardt avec Florence Winston, Maria Carmi et Douglas Payne
Ce 'miracle' cinématographique, n'ayons pas peur du mot, est basé sur une légende moyenâgeuse. Le film a été présenté dans le cadre de la rétrospective Ernst Lubitsch car il semble qu'Ernst y apparaît dans un petit rôle. Max Reinhardt a été le mentor d'un nombre impressionnant de grands cinéastes (Dieterle, Lubitsch, Murnau, etc.) et a aussi formé de nombreux acteurs allemands ou autrichiens (comme Anton Walbrook). Aussi, j'attendais avec une certaine curiosité cette version filmée par le grand Max d'un de ses grands succès à la scène. Eh bien, j'ai été servie. La caméra est vissée au sol et capture avec solemnité un chapelet de nonnes qui entre et sort avec une lenteur monacale (traces de Bob Wilson ?). Lorsque l'émotion atteind son comble, les bras des nonnes s'agitent tels des moulins à vent et on se croirait à un concert de rock. La nonne qui se défroque pour un beau chevalier vit des aventures agitées qui semblent avoir été filmées par Edison en 1895. Un long plan fixe (sans composition au niveau de l'éclairage ni du décor), un placement foutraque des figurants et absolument aucun sens du récit cinématographique. (En 1912, la Gaumont a produit des films qui sont infiniment plus sophistiqués.) Le jeu des acteurs (d'ailleurs jouaient-ils vraiment ou était-ce une parodie au deuxième degré ?) était un exemple parfait de tout ce qu'il ne faut pas faire devant une caméra : grands mouvements de bras comme un oiseau qui prend son vol, les bras et les yeux au ciel suivi du placage des mains sur la figure pour marquer le chagrin, etc. Quelqu'un ronflait au premier rang, il n'avait pas tord. Cette torture a duré environ 1h et c'est avec soulagement que nous avons vu apparaître le mot FIN à l'écran. Comment un film aussi insipide et ennuyeux peut-il être associé à Max Reinhardt qui a révolutionné la mise en scène théâtrale en Allemagne ? Même s'il s'agissait seulement de théâtre filmé, le film en lui-même est tellement mal construit que l'intérêt faibli quasiment immédiatement. Pourtant, sur le même sujet, Jacques de Baroncelli -qui n'a pas une grande réputation chez les cinéphiles- a réalisé un très joli film aux antipodes de celui-ci: La Légende de Soeur Béatrix (1923) qui réussit à conjuguer l'émotion et la beauté avec intelligence.

Aucun commentaire: