samedi 18 juin 2011

Okay America 1932

Un film de Tay Garnett avec Lew Ayres, Maureen O'Sullivan, Edward Arnold, Louis Calhern et Walter Catlett

Larry Wayne (L. Ayres) est un célèbre chroniqueur au Daily Blade où il révèle les frasques des célébrités. Il se lance dans une enquête sur la disparition de Ruth Drake (M. Lindsay), la fille d'un riche homme d'affaires. Il suspecte un bootlegger, Mileaway Russell (L. Calhern) de savoir où elle est retenue captive...

Ce film produit par la Universal est inspiré de la vie de Walter Winchell, un journaliste qui faisait ses choux gras des potins et autres commérages. Lew Ayres, le héros de All Quiet on the Western Front (1930, L. Milestone) est un choix à priori bizarre pour incarner ce journaliste sans scrupules. Mais, au fil de la progression du film, ses actions le rendent crédible. Il dicte ses chroniques à sa dévouée secrétaire Barton (M. O'Sullivan) avec ce qu'il faut de badinage. Le début du film ressemble à une sorte de comédie comme Platinum Blonde (1932, F. Capra). Mais, la seconde partie prend un tour politique fort différent. A l'instar de Gabriel Over the White House (1934, G. LaCava) ou The Star Witness (1931, W.A. Wellman), le film suggère que les criminels (en particulier les bootleggers) doivent être éliminés par des moyens fort peu démocratiques. Le journaliste, plus ou moins pourri, devient un vengeur de son propre chef, au lieu de faire appel à la police. Le chef des gangsters, joué par un Edward Arnold en grande forme, essaie de faire chanter le président des Etats-Unis pour obtenir une remise de peine. Il va se heurter au refus catégorique du président qui va risquer la vie de son otage pour préserver la démocratie. Il parle néanmoins d'éliminer les gangsters par tous les moyens. Il est vraiment étonnant de voir le nombre de films tournés durant la dépression et la prohibition qui propose ce type de solution. L'historien du cinéma William K. Everson suggère que la Californie de l'époque se considérait comme un état dans l'état prompt à proposer des solutions expéditives pour se débarrasser des criminels. La scène finale est sèche et sans concession, presque inattendue après la nonchalance du début. Le film est parsemé de merveilleux seconds rôles comme Walter Catlett en rédacteur-en-chef excédé, Louis Calhern en bootlegger raffiné et élégant et l'italien Henry Armetta en indicateur vendeur de pommes. Un film vraiment intéressant qui nous transporte dans une époque troublée, peu avant l'élection de F.D. Roosevelt.

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