jeudi 28 avril 2011

The Man Who Laughs 1928

L'Homme qui rit

Un film de Paul Leni avec Conrad Veidt, Mary Philbin, Cesare Gravina et Olga Baclanova

Gwynplaine (C. Veidt) a été défiguré dans son enfance par un groupe de gitans auquel il a été vendu. Son visage est marqué par un rictus permanent. Il utilise cette infirmité dans un spectacle de foire tenu par Ursus (C. Gravina). Il a grandi avec Dea (M. Philbin) qui est aveugle et dont il est amoureux...

Cette production Universal, adaptée du roman de Victor Hugo, faisait suite au Hunchback of Notre-Dame (1923, W. Worsley) et au Phantom of the Opera (1925, R. Julian). Mais, Lon Chaney, qui avait été préssenti pour le rôle de Gwynplaine, était maintenant sous contrat avec la MGM et indisponible. Le producteur Carl Laemmle a donc importé d'Allemagne Conrad Veidt, qui avait précedemment joué dans Das Wachsfigurenkabinett (1924) du réalisateur Paul Leni. Le film appartient donc à cette veine du film d'horreur et de grosses productions historiques basées sur des romans célèbres qui faisait la fortune d'Universal à l'époque. Paul Leni est un bien meilleur réalisateur que Wallace Worsley et Rupert Julian. Il donne au film une ambiance expressionniste impressionnante. Il déplace sa caméra avec habilité dans le champ de foire et suit ses personnages avec une caméra mobile. Dans le rôle-titre, Conrad Veidt porte un maquillage du célèbre Jack Pierce qui créera plus tard le monstre de Frankenstein. Equipé de dentiers surdimensionnés avec un crochet à la commissure des lèvres, il offre un visage semi-monstreux qui ne lui permet aucune expression faciale autre que ce rictus. Néanmoins, Veidt étant un très grand acteur, il réussit à faire passer ses souffrances dans son regard intense et douloureux. Le film eut quelques problèmes avec la censure à cause de la scène torride où la duchesse Josyana (Olga Baclanova) tente de séduire Gwynplaine. La séquence conserve sa puissante sensualité avec une Baclanova en grande forme. Cette artiste russe figure aussi dans The Docks of New York (1928, J. Von Sternberg) où elle est également formidable. Il est bien dommage que la Universal ait voulu ajouter cette fin heureuse totalement déconnectée du reste du film. Mais, si vous regardez The Hunchback of Notre-Dame, vous constaterez aussi que Victor Hugo y est passablement malmené : Esmeralda devient le personnage central du film aux dépends de Quasimodo. Parmi les productions Universal des années 20, The Man Who Laughs est sans aucun doute une grande réussite. On retrouve aussi avec plaisir quelques grands seconds rôles du muet tels que Josephine Crowell en Queen Ann. Mais, c'est Conrad Veidt qui domine le film face à une Mary Philbin assez fade.

Aucun commentaire: