vendredi 3 septembre 2010

L'Avocat 1925

(Gaston Ravel)
Un film de Gaston Ravel avec Rolla-Norman, Sylvio de Pedrelli et Mme Miralès

Le vicomte du Coudrais (S. de Pedrelli), un homme violent, alcoolique et jaloux, est retrouvé mort assassiné. On soupçonne son épouse Louise (Mme Miralès) qui subit ses violences depuis des années. L'avocat Martiny (Rolla-Norman) décide de la défendre...
C'est le troisième film de Gaston Ravel que j'ai pu voir et c'est certainement le plus faible. Ravel est un réalisateur peu imaginatif qui se contente de suivre le scénario. Pour peu que le script vaille quelque chose, on obtient quelques scènes intéressantes comme dans Jocaste (1924) ou pour une reconstitution historique comme Madame Récamier (1927). Mais, cet Avocat est une adaptation d'une pièce poussièreuse d'Eugène Brieux, un dramaturge maintenant bien oublié. Il fut pourtant un auteur à succès qui s'exportait à l'étranger. Sa pièce pourrait être plus intéressante si elle avait développé l'opposition de classe et créé un vrai suspense comme l'aurait fait un Georges Simenon. Hélas, l'intrigue est très mince et le 'mystérieux assassin' ne le reste pas longtemps. On a affaire à du théâtre filmé, du travail solide et bien terne. C'est dommage d'autant plus que l'intrigue se déroule dans le Poitou avec quelques beaux extérieurs le long d'une rivière. De même ce milieu de hobereaux de province avec ses tares aurait été un terreau fertile pour un autre auteur que Brieux. On ne peut guère sauver que le récit de la domestique qui nous raconte en flashback les frasques de son défunt patron qui frappait sa femme, buvait plus que de raison et partait s'encanailler dans les bouges. Rolla-Norman que j'avais énormément apprécié dans L'île Enchantée (1927, Henry-Roussell) surjoue son roi du barreau et Sylvio de Pedrelli est un aristocrate débauché sans grand relief. Lucien Bellavoine réalise une belle cinématographie. Mais, cela ne suffit pas à sauver cet Avocat de la banalité.

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