lundi 5 juillet 2010

La Cousine Bette 1927


Un film de Max de Rieux avec Alice Tissot, Germaine Rouer, Henri Baudin, Suzy Pierson et Andrée Branbant


Cette adaptation du roman de Balzac nous entraîne dans le Paris de 1830 où Bette (Alice Tissot) une vieille fille laide veut se venger de sa cousine qui a épousé l'homme qu'elle aimait. En fait, celui-ci s'est transformé en fêtard qui dilapide sa fortune en faisant la noce. Bette va utiliser une voisine à elle, Mme Marneffe (Germaine Rouer) qui devient une courtisane bien en vue pour se venger. Subjugués par Valérie Marneffe, il se ruine ainsi que son beau-fils...[/i]Ce film rare a été projeté à la cinémathèque dimanche dernier dans une copie de belle allure, teintée et bien contrastée. Le seul hic était la vitesse de projection bien trop rapide qui faisait sautiller les danseurs et rendait certains gros plans quasiment subliminaux. Le metteur en scène est l'acteur Max de Rieux dont j'ai apprécié le talent il y a peu dans Le Petit Chose (1923) d'André Hugon. Il réussit plutôt bien sa transposition de l'atmosphère balzacienne, aidé par les décors élégants d'un certain Claude Franc-Nohain, alias Claude Dauphin. Eh oui, dans ce temps-là, il était encore décorateur. :wink: Alice Tissot, qui s'était fait une spécialité des rôles de vieille fille pincée, est une superbe Cousine Bette, encore enlaidie par un maquillage qui lui barre le front d'un long sourcil et lui donne l'ombre d'une moustache. Il faut la voir 'materner' son jeune protégé polonais qui va lui échapper. Quant à Germaine Rouer, qui était une pensionnaire de la Comédie Française et aussi l'interprète de Françoise dans La Terre (1921) d'André Antoine, elle déploit tout son charme sur ses nombreux soupirants, plutôt agés, mais au portefeuille bien garni. Elle a néanmoins un jeune amant qui va causer sa perte. Quand elle l'éconduit, il décide de l'empoisonner. La scène de la mort de Valérie Marneffe est digne de Stroheim. :mrgreen: Son amant vient observer les dégâts de l'empoisonnement. Valérie diminuée par la maladie, réalise qu'il est derrière ce mal mystérieux. Elle l'embrasse sauvagement pour lui inoculer le mal. En réponse, il lui donne de violents coups de cravache. Elle meurt dans un dernier soubressaut. Quant à Bette, elle retourne dans sa province pour y mourir... Le film n'offre pas de grands moments cinématographiques, mais, il est très bien distribué et interprété. Il vaut le détour.

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