vendredi 26 août 2011

Attorney for the Defense 1932

Un film d'Irving Cummings avec Edmund Lowe, Constance Cummings et Evelyn Brent

William J. Burton (E. Lowe) est un procureur new-yorkais réputé pour obtenir facilement la condamnation des accusés qui passent devant lui. Mais, un jour, il fait condamner à mort James Wallace, qui se révèle plus tard innocent. Dégoûté, il quitte ses fonctions de procureur et devient avocat de la défense. Pour se racheter, il paie les études du fils du disparu, Paul Wallace et le considère comme son fils...

Cette série B produite par la Columbia se révèle être un excellent petit film criminel grâce au scénario de Jo Swerling. Irving Cummings, qui a toujours été un réalisateur peu en vue, avait déjà derrière lui une belle carrière au muet. Il bénéficie sur ce film du travail remarquable de Ted Tetzlaff derrière la caméra. Il joue habilement sur la caméra mobile (encore rare en ce début du parlant) ainsi que sur des clairs-obscurs qui annoncent le film noir. Les acteurs principaux ne sont pas de très grandes vedettes, mais ce sont tous des acteurs de grande qualité. Edmund Lowe était un acteur du muet et surtout connu pour son interprétation du Sergent Quirt dans What Price Glory? (1926, R. Walsh). Ici, il interprète avec brio le procureur redevenu avocat qui n'est pas si éloigné du John Barrymore de Counsellor-at-Law (1933, W. Wyler), une autre superbe réussite sur le milieu judiciaire. Autour de lui, s'agite la faune new-yorkaise comme la vénéneuse Val Lorraine, une créature cupide et dangereuse, jouée superbement par Evelyn Brent, qui montre là qu'elle n'a rien perdu de son talent depuis son apparition dans Underworld (1927, J. von Sternberg) avec le passage au parlant. En grand contraste, Dorothy Cummings est la fidèle secrétaire d'Edmund Lowe, qui aime en secret son patron. Si le film parcourt rapidement les années, il permet de se familiariser avec le système judiciaire américain où le procureur cherche systématiquement à obtenir une condamnation pour assurer sa réélection ou son passage au poste de gouverneur. Edmund Lowe va être transformé par la condamnation d'un innocent. Il devient ensuite un avocat intègre qui a renoncé à ses amitiés louches avec la pègre et à ses relations avec Val Lorraine. Le final du film montre l'avocat qui doit se défendre seul face au nouveau procureur. Il est accusé de meurtre. Nous savons qu'il est innocent, mais, nous ignorons qui est le coupable. En deux temps trois mouvements, il va confondre le meurtrier et enfoncer le procureur. Pour cela, il utilise parfois des méthodes qui font sourire. Avec un petit miroir, il envoit les rayons du soleil au-dessus des jurés provoquant leur inattention alors que le procureur débite son réquisitoire. Les scènes dans l'appartement de Val Lorraine possède une atmosphère fort étonnante pour l'époque. Les visages des acteurs disparaissent dans les ombres et semblent être tout droit sortis d'un film noir des années 40. Un très bon film.

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