jeudi 16 septembre 2010

Three Women 1924


(L. Cody, P. Gendron et M. McAvoy)


Trois Femmes


Un film d'Ernst Lubitsch avec Pauline Frederick, May McAvoy, Marie Prevost, Lew Cody et Pierre Gendron



A New York, Mrs Wilton (P. Frederick) est une veuve richissime qui attire les regards d'un aventurier mondain, Edmund Lamont (L. Cody). Criblé de dettes, il voudrait bien l'épouser. Celle-ci fait tout ce qu'elle peut pour paraître plus jeune. Mais, sa fille de 18 ans, Jeanne (M. McAvoy) rentre précipitamment de Berkeley. Lamont s'intéresse alors à la fille, richement dotée...


Ce troisième film de Lubitsch réalisé en Amérique est peu connu et c'est bien dommage. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une comédie. Le sujet est réellement celui d'un mélodrame. Les rapports entre Mrs Wilton, sa fille et son amant sont tissés de main de maître par Lubitsch. Chaque personnage découvre les rapports entre les deux autres au fur et à mesure. Mrs Wilton est interprétée avec énormément de talent par Pauline Frederick. Cette femme d'une quarantaine d'années qui lutte contre les outrages du temps au point de délaisser sa fille n'est à priori pas très sympathique; mais, elle en fait une victime d'un système où la femme doit rester jeune et désirable. Il est d'ailleurs intéressant de noter que Pauline Frederick jouera un rôle très proche dans Smouldering Fires (La femme de 40 ans, 1925), un excellent film de Clarence Brown, immédiatement après celui-ci. Elle y est à nouveau une femme d'affaires impitoyable qui tombe amoureuse d'un de ses employés plus jeune qu'elle avant de céder la place à sa jeune soeur. Le séducteur mondain et cupide joué par Lew Cody est dépourvu de qualités : il ne s'intéresse qu'à l'argent, aux filles et n'hésite pas à faire chanter son ex-maîtresse. La fille crédule et innocente est jouée par May McAvoy. Sa petite taille la cantonnait dans les rôles de jeunes filles innocentes comme dans Ben-Hur (1926, F. Niblo). Dirigée par Lubitsch, elle est émouvante et juste comme dans Lady Windermere's Fan (L'éventail de Lady Windermere, 1925). Il faut aussi saluer la construction dramatique du film qui utilise avec parcimonie les intertitres. Le jeu des visages suffit à nous faire comprendre que Lew Cody a déjà compromis May McAvoy pour la pousser au mariage. Lubitsch utilise aussi quelques ombres expressionnistes pour l'assassinat de Lamont, comme pour excuser le geste de Mrs Wilton. La fin paraît plus convenue et expédiée. Mais, c'est un très grand cru de Lubitsch sans être une comédie.

2 commentaires:

john mohune a dit…

je croyais que ce film était perdu. savez-vous s'il existe un moyen de le voir?7016ngerkon

Ann Harding a dit…

Je l'ai vu à la Cinémathèque française lors d'une rétro Lubitsch. Pas de DVD malheureusement.