mardi 6 juillet 2010

Les Misérables 1913


Albert Capellani
Un film d'Albert Capellani avec Henry Krauss, Henri Etiévant, Maria Ventura et Mistinguett

Cette adaptation du roman de Victor Hugo en quatre parties dure 2h42 ce qui fait de ce film un des premiers longs métrages du cinéma. Contrairement à son Notre Dame de Paris (1911), ce film de Capellani est une grande réussite. Henry Krauss est un Jean Valjean de très grande qualité dont le jeu est tout à fait moderne contrairement aux froncements de sourcils et moulinets des bras prodigués par Henri Etiévant qui est un Javert de bande dessinée. Pour ce qui est du récit, il est très bien mené avec une grande économie au niveau des intertitres. Il est seulement dommage que ceux-ci annoncent l'action qui va suivre dans les cinq minutes qui suivent... Au niveau des cadrages, on reste la plupart du temps en plan d'ensemble au demi-ensemble, les gros plans ne sont pas encore arrivés dans la grammaire moyenne du cinéma de l'époque. Mais, si on compare ce film avec celui de Léonce Perret, L'Enfant de Paris (1913), alors il faut reconnaître que ce dernier a plus de poésie et de charme. Néanmoins, Il y a plusieurs scènes excellentes dans cette version des Misérables. J'ai beaucoup aimé la perfomance de Maria Ventura dans le rôle de Fantine, particulièrement la scène déchirante où elle va vendre sa chevelure à un perruquier. Ventura a un physique étonnant pour l'époque: mince, longue avec des pommettes saillantes. Elle a un visage de biche effrayée qui fait merveille en Fantine. Quant à Mistinguett, elle dessine avec beaucoup de fraîcheur la silhouette d'Eponine, la fille des Thénardier. Elle se promène pieds nus dans une robe déchirée et trouve l'attitude parfaite pour cette pauvre fille qui mendie pour ses parents indignes. Le film évolue entre les décors de studios fait de toiles peintes, un peu platement éclairées et des extérieurs beaucoup plus excitants comme les rues pavées de Paris. Un bon Capellani.

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