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dimanche 18 décembre 2011

Le Juif Errant 1926 (III)

Un film de Luitz-Morat avec Maurice Schutz, Antonin Artaud, Gabriel Gabrio et Jeanne Helbling

Ep. 4 - Le Justicier
Le sinistre M. Rodin (Fournez-Goffard) continue ses manigences pour éliminer les héritiers de la fortune Rennepont. A ce moment-là, une épidémie de choléra se déclanche à Paris. Immédiatement, il décide d'éliminer les deux soeurs Simon en les mettant dans une pièce contaminée. Pour ce qui est de Adrienne de Cardoville et de son fiancé Djalma, un autre héritier, il prépare une mascarade pour pousser celui-ci au meutre...

Le dernier épisode du Juif Errant est une relative déception. Le dénouement est attendu et les différentes péripéties n'apportent pas le suspense que l'on pouvait espérer. Le personnage central est maintenant le sieur Rodin qui met au point les guet-apens les plus infâmes pour se débarrasser des héritiers: assassinat, drogue, prison, choléra... Tout est bon pour mettre fin à leurs jours. L'acteur surjoue son hideux personnage, qui a toujours un sourire grimaçant aux lèvres et qui se frotte les mains avec délectation. Evidemment, une telle infâmie ne peut rester impunie et il mourra lui-même dans d'atroces souffrances du choléra. Malgré cette matière riche, dont un Henri Fescourt ou un Feuillade aurait pu faire un brillant épisode, Luitz-Morat ne produit qu'une illustration bien plate du scénario. Certes, le film bénéficie d'une atmosphère parisienne très réussie avec ses petites rues pavées avec les murs lépreux des maisons tels qu'on les imagine aux XIXème siècle. Intérieurs et costumes sont au diapason pour leur qualité, nullement tapageurs, mais parfaitement dans le ton. Les problèmes principaux restent la lenteur de la narration et l'absence de créativité dans la mise en scène. Au total, ce Juif Errant est un film qui manque de relief. 

vendredi 16 décembre 2011

Le Juif Errant 1926 (II)


(Gringalet: Antonin Artaud)

Un film de Luitz-Morat avec Maurice Schutz, Antonin Artaud, Gabriel Gabrio et Jeanne Helbling

Prologue - Ep. 2 : Monsieur Rodin - Ep. 3 : La nuit du 13 février

Résumé du prologue: En Palestine, Jésus sur la croix est insulté par un savetier nommé Ahasvérus (André Marnay). Il est condamné à marcher éternellement. En 1682, dans le ghetto de Varsovie, Marius Rennepont (Jean Peyrière), un riche protestant français, est victime des persécutions de la secte des Ardents qui veut lui prendre sa fortune. Ayant trouvé refuge dans sa belle-famille juive, il est retrouvé et assassiné ainsi que sa femme. Son enfant est sauvé par Ahasvérus qui l'emporte ainsi que le testament de Marius, qui ne devra être ouvert que 150 ans plus tard.
Ep. 2 et 3: 1832, La secte des Ardents poursuit ses manoeuvres pour s'accaparer la fortune Rennepont. Chaque héritier est pourchassé avec méthode par l'éminence grise de la secte, M. Rodin. Il a prêté de l'argent à Jacques Rennepont (alias Couche-tout-nu) qui passe son temps à faire la fête. Le malheureux se retrouve emprisonné pour dettes. La date fatidique du 13 février, jour d'ouverture du testament approche. Seul l'abbé Gabriel est là chez le notaire. Mais contrairement aux espoirs des Ardents, le testament ne contient pas le texte espéré. Il met en garde l'héritier contre les Ardents. Ahasvérus apparaît alors et produit un codicille au testament...

J'ai découvert le prologue du film après la projection des 3 premiers épisodes. Ce n'est guère commode de suivre un film en épisodes de cette façon, mais je n'ai guère eu le choix vu que la Cinémathèque a oublié le prologue. Ce prologue contient d'ailleurs les scènes les plus chargées d'atmosphère de tout le film. Les séquences bibliques ne déparerait pas un film de Cecil B. DeMille pour la qualité de la reconstitution. De même, les scènes du ghetto de Varsovie au XVIIème siècle sont superbement éclairées. Si le film pêche, c'est pas la longueur des épisodes qui approchent des 90 min. Pour tenir une telle longueur, il faut un souffle épique remarquable comme dans Les Misérables (1925) d'Henri Fescourt. Hélas, Luitz-Morat n'a pas les qualités de metteur en scène de ce dernier. Il faut dire aussi que la Cinémathèque a eu l'idée saugrenue de passer deux épisodes simultanément, ce qui a résulté par une séance de 2h40... au lieu des 1h50 prévues sur le programme. La copie est absolument superbe dans l'ensemble. Il semble que du matériel original ait été utilisé pour cette restauration. Si le récit est trop lent et manque de créativité, en tout cas, c'est un vrai plaisir pour les yeux. La suite bientôt....

dimanche 4 décembre 2011

Le Juif Errant 1926 (I)


Un film de Luitz-Morat avec Maurice Schutz, Antonin Artaud, Gabriel Gabrio et Jeanne Helbling

Ep. 1 - Les Ardents
Une société secrète et criminelle, Les Ardents, dirigée par le sinistre M. d'Aigrigny (M. Schutz), souhaite capter l'héritage fabuleux de M. Rennepont. Pour ce faire, il faudra empêcher les héritiers d'arriver au rendez-vous fixé à Paris pour le 13 février 1832...

Cette production Ciné-Romans a été produite par Louis Nalpas, alors en charge de la production. Cette société se spécialisait dans les adaptations de romans célèbres sous forme de films en épisodes. Le Juif Errant commençait par un prélude biblique qui introduisait le personnage d'Ahasvérus, le juif errant. Malheureusement, la copie présentée hier ne comportait pas ce prologue, ni d'ailleurs les premières scènes qui montraient la mort de Marius Rennepont au XVIIè siècle. Il semble qu'on ait tout simplement oublié de nous les projeter (!) Enfin, le récit commençait par la présentation de cette pseudo-société philantropique, Les Ardents, qui ne cherche en fait qu'à s'accaparer une fortune promise en héritage. Pour ce faire, tous les moyens sont bons. Il faut qu'un seul des héritiers puisse arriver au rendez-vous pour toucher les 100 millions. Ce seul héritier est un prêtre naïf qui ne se rend pas compte qu'il est manipulé par Les Ardents. Puis, nous faisons connaissance avec les autres héritiers qui sont en route vers Paris. Il y a les deux petites filles, Rose et Blanche Simon qui traversent l'Allemagne avec comme garde du corps, le vieux Dagobert (G. Gabrio) qui était l'ordonnance de feu leur père. Dans une auberge de Leipzig, un certain Morock va tuer leur cheval avec sa panthère, puis tenter de les faire arrêter par le bourgmestre. Làs, il n'arrivera pas à ses fins. Pendant ce temps, en France, une autre héritière, Adrienne de Cardoville (J. Helbling) recueille des jeunes orphelines dans son chateau au bord de la mer. Les jeunes filles s'ébattent dans le parc vêtues comme des danseuses de la troupe d'Isadora Duncan. Cette fois-ci, Les Ardents ont une autre tactique. Ils vont essayer de faire interner la jeune femme avec un médecin marron qui la déclarera folle. Ce premier épisode offre une entrée en matière assez riche, malgré l'absence plus que regrettable du Prologue et des premières scènes. Le metteur en scène Luitz-Morat était un ancien acteur. Et on peut lui reconnaître une certaine habilité dans la direction de ses acteurs. Aucun d'eux ne surjoue et chaque personnage est campé avec justesse. Les décors sont riches et offrent une belle atmosphère. J'attends la suite avec impatience. La copie présentée semblait être une reconstitution assez récente, teintée et de belle qualité. On pouvait apprécier au mieux les contrastes remarquables de la pellicule orthochromatique.