lundi 14 juin 2010

Barrabas 1920

Un sérial de Louis Feuillade en 12 épisodes avec Gaston Michel, Fernand Hermann, Edouard Mathé, Georges Biscot et Blanche Montel

Jacques Rougier sort de prison. Il est immédiatement pris en charge par une organisation criminelle secrète 'Barrabas'. Alors qu'il tente de quitter cette vie de crime, il se retrouve inculpé de meurtre. Il est condamné à la guillotine bien qu'innocent. Il laisse un testament à son avocat Jacques Varèse (F. Hermann). Celui-ci va tenter de percer le secret de cette organisation dont le chef est le banquier Strélitz (G. Michel)...

Avec ce sérial en 12 épisodes, Feuillade poursuit sur la lancée de Fantômas. Nous sommes à nouveau face à un grand maître du crime. Gaston Michel prête sa barbe blanche et sa haute stature à Strélitz, un monstre froid qui peut éliminer femme ou enfant d'un trait de crayon. Comme le dit l'une de ses victimes, Noëlle Maupré: "On peut ne pas croire en Dieu, mais quand on connait Strélitz, on est bien obligé de croire en Satan." Chacun des membres de l'organisation porte un tatouage au bras qui fait de lui un membre à vie de Barrabas. Face à cette organisation riche (elle possède hôtel et clinique) et tentaculaire, l'avocat Varèse (F. Hermann) et son ami le journaliste Raoul de Nérac (E. Mathé) vont devoir se battre. Ils peuvent compter sur le renfort de Laugier (Laurent Morlas), un garagiste ami de Nérac et du crémier Biscotin (G. Biscot). Mais, la lutte sera difficile ponctuée d'enlèvement, de chantage et de meurtre. La film contient quelques cascades spectaculaires comme celle dépeinte sur l'affiche ci-dessus où Laurent Morlas saute sur le toit d'un train en marche depuis un pont. Et Blanche Montel s'échappe d'un vieux manoir par les toits avant de traverser les fossés en marchant sur une planche étroite. Le film commence à Paris avant de se déplacer à Marseille et à Nice (où Gaumont possède des studios). Le film contient quelques vues aériennes spectaculaires de Nice où on peut admirer la jetée promenade maintenant disparue. Les héros se déplacent en train, en voiture, en avion biplan ou en hydravion. Les personnages restent des esquisses ; mais la narration est menée de main de maître. Parisette, qui était un mélodrame, révélait les faiblesses des personnages. Feuillade est plus doué pour tisser une trame à suspense que pour la subtilité psychologique. Dans une histoire criminelle comme Barrabas, les personnages sont suffisamment typés pour nous faire oublier qu'ils sont des stéréotypes. Et l'intrigue se déroule suffisamment rapidement pour qu'on soit pris par le récit. Gaston Michel, un vétéran du théâtre français, est parfait en maître du crime. Son allure suggère un banquier prospère et inoffensif. Il arrive facilement à tromper son monde. La copie numérisée du Forum des Images est superbe: entièrement teintée et bien contrastée. (Seuls quelques épisodes sont un peu trop sombres.) Un très bon Feuillade.

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