samedi 22 octobre 2011

Treasures V: The West (I)

The Tourists (1912, Mack Sennett) avec Mabel Normand - Prod. Biograph Co.

Dans les années 10, les passagers des Santa Fe Railways s'arrêtaient à Albuquerque (Nouveau Mexique) pour aller faire un tour dans un village indien typique et pour acheter des poteries faites par les indiens du coin. Mack Sennett, qui ne va pas tarder à créer la Keystone, tourne cette petite comédie sur place à Albuquerque en se moquant de ces touristes qui passent en coup de vent pour faire du shopping. Trixie (M. Normand alors âgée de 19 ans) y flirte avec un chef indien avant de se faire chasser par des 'Suffragettes' indiennes! Le film a le style trépidant typique des comédies de Sennett qui ne cherchent en aucune façon à créer des personnages crédibles. Néanmoins, on rit bien en voyant ces touristes pressés des années 10 qui ne sont guère différents de ceux de maintenant.

The Sergeant (1910, Francis Boggs) avec Hobart Bosworth et Iva Shepard - Prod. Selig Polyscope Co.

Ce court-métrage a été produit par la Selig Polyscope Company qui fut la première société de production installée à Hollywood en 1909. Le film a été tourné au parc national de Yosemite et chaque carton d'intertitre nous détaille le lieu remarquable où chaque scène a été tournée. Sur une trame assez simple, le film en profite pour nous faire découvrir les plus belles cascades de Yosemite. Un sergent est amoureux de la fille de son officier supérieur. Partis en promenade, leurs chevaux sont dérobés par des indiens rebelles. Déchu de son grade, il ne le recouvrera qu'après un acte de bravoure. Ce film Selig a été redécouvert récemment et permet de se faire une idée du travail de Francis Boggs dont presque tous les films ont disparu. Ce court-métrage tient la route grâce à la composition visuelle et son rythme.

Last of the Line (1914, Jay Hunt) avec Sessue Hayakawa, Joe Goodboy et Tsuru Aoki - Prod. Thomas H. Ince/NY Motion Picture Corp.

Voici une des perles du coffret Treasures V. Ce western de deux bobines produit à Inceville, le studio de Thomas H. Ince, a été tourné avec de vrais Indiens Sioux, avec un des leurs dans le rôle principal, crédité sous le nom de Joe Goodboy. L'année précédente, le japonais Sessue Hayakawa qui étudiait à Chicago avait signé un contrat avec Ince, bien qu'il n'ait eu aucune expérience professionnelle en tant qu'acteur. On retrouve aussi au générique la japonaise Tsuru Aoki, qui était l'épouse de Sessue. Dans ces années-là, les westerns de Ince bénéficie de son immense ranch qui lui sert de studio et de la présence de vrais indiens, qui venaient des spectacles de cirque. Sessue Hayakawa y est le fils du chef Sioux Grey Otter (loutre grise), parti étudier chez l'homme blanc. Son père attend impatiemment le retour de son fils unique, le dernier de sa lignée. Hélas, celui-ci est devenu un vaurien qui se soûle en permanence. Puis, celui-ci attaque une diligence avec des Indiens renégats. Son père, qui a signé un traité de paix avec l'armée des hommes blancs, tue son propre fils avant de déplacer le corps vers ceux des victimes pour qu'il recoive la sépulture d'un héros. L'intrigue est incroyable riche et bien menée pour un film de 26 min et aurait pu certainement donné un film de long métrage. Mais, le rythme et la beauté de la composition visuelle en font un bijou artistique qui annonce les dizaines de westerns classiques qui fleuriront dans les années 40. Hayakawa y est un fils d'Indien convaincant face au superbe Joe Goodboy en père déchiré. Le film est superbement accompagné par Stephen Horne au piano et la flûte.

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