mardi 5 octobre 2010

So This is Paris 1926

Les Surprises de la TSF
Un film d'Ernst Lubitsch avec avec Patsy Ruth Miller, Monte Blue, André Béranger et Lilyan Tashman
Le Dr Giraud (M. Blue) retrouve par hasard une vieille amie, Georgette (L. Tashman) mariée à un artiste (A. Béranger). Pour retourver son amie à une soirée, il commence à mentir à son épouse (P. Ruth Miller)...
Cette comédie de Lubitsch produite par la Warner est basée sur la pièce de Meilhac et Halévy, Le Réveillon. Si cette pièce est maintenant oubliée, l'adaptation qu'en fit Johann Strauss II, elle, est immortelle avec Die Fledermaus (La Chauve-Souris). Lubitsch a d'ailleurs déjà utilisée cette histoire pour un film allemand antérieur, Ein Fideles Gefängnis (La Joyeuse Prison, 1917). Cette histoire d'infidélité conjugale est située à Paris, la ville du péché par excellence pour les studios américains. Hans Kräly, le complice de Lubitsch pour de nombreux scénarios, modernise l'intrigue. Le Dr Giraud retrouve la belle Georgette au bal des artistes où ils gagnent un concours de Charleston. C'est d'ailleurs cette séquence syncopée qui est la plus célèbre du film. Utilisant le montage rapide et les surimpressions pour suggérer le rythme trépidant de la danse, on se croirait déjà dans une comédie musicale des années 30. Lilyan Tashman est piquante, charmante et pleine de dynamisme. Cette actrice qui mourra très jeune en 1934 apparaitra dans le délicieux Girls about Town (1931, G. Cukor) montrant que le parlant n'était pas un obstacle pour elle. Monte Blue est très en forme en mari infidèle piqué par le démon du midi qui ne reconnaît même plus sa femme après plusieurs bouteilles de Champagne. Quant à André (George) Béranger, il était déjà un vétéran du cinéma en 1926: il était acteur dans Birth of a Nation (1915, DW Griffith). Il est assez désopilant en mari trompé, fort peu athlétique. On ne peut que regretter l'absence totale de musique lors de cette projection. Le film perd beaucoup de son dynamisme dans ce silence sépulcral. La copie présentée (issue du MoMA mais copiée à partir d'une copie française de la Cinémathèque) était de bonne qualité, bien qu'il manque un bout de métrage (lorsque Pasty Ruth Miller va rechercher la canne de son mari pour la redonner à André Béranger). Ce métrage est bel et bien présent dans une copie américaine que j'ai pu voir.

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