mardi 10 décembre 2013

The Half-Breed 1916

Lo Dorman (Douglas Fairbanks) et Teresa (Alma Rubens)
Le Métis
Un film d'Allan Dwan avec Douglas Fairbanks, Alma Rubens, Jewel Carmen, Sam de Grasse et George Beranger

Le métis "Lo Dorman" (D. Fairbanks) est courtisé par Nellie (J. Carmen) la fille du pasteur, à la grande fureur du Shériff Dunn (S. de Grasse) qui ignore qu'il est son propre fils...

A ses débuts, Douglas Fairbanks travaille au sein de la société Triangle qui produit également les films de T.H. Ince avec William S. Hart. On retrouve donc dans leurs films certaines actrices comme Alma Rubens et Winifred Westover (qui devint brièvement Mrs Hart). Cet excellent film d'Allan Dwan avait bien besoin d'une restauration. J'avais vu la copie incomplète de la Cinémathèque française il y a quelques années et j'étais restée sur ma faim. La fin du film était incomplète, le montage laissait à désirer avec des scènes qui réapparaissait deux fois de suite et il y avait des intertitres en français mal placés. Dans cette nouvelle réstauration réalisée par le San Francisco Silent Film Festival, le film retrouve une chronologie logique et ses intertitres en langue originale. 

Cette fable panthéiste se veut une célébration de l'homme des bois face à la corruption de la civilisation. Plus encore, c'est le métis, fils d'une squaw, qui est le héros du film face aux Blancs malfaisants. Dans les années 10, les Indiens sont très souvent bien représentés au cinéma contrairement à ce qui se passera plus tard dans les années 30 où les Indiens ne seront plus que des sauvages hurlants. Le film commence par un strip-tease de Fairbanks qui nous permet d'admirer sa plastique irréprochable. En fait, cette séquence dut être ajoutée par Allan Dwan pour contenter Mrs Fairbanks (Beth Sully) qui ne supportait pas l'idée de voir son époux jouer un "sale indien". On le montre donc plongeant dans la rivière pour se laver. 
Bien qu'il soit un métis, il attire l'attention de la très séduisante Nellie (Jewel Carmen) qui est la fille du pasteur au grand dam de ses soupirants. Elevé par un botaniste, Lo Dorman (contraction de "L'eau dormante" - Sleeping water) est un homme simple et droit face à la mesquinerie et la violence des Blancs. Le film exploite au mieux les magnifiques décors naturels de la Californie avec ses gigantesques séquoias et ses vallées profondes où coulent les rivières. 
Il faut mentionner Alma Rubens qui joue la douce Teresa victime de son protecteur qui l'exploite avec son "medicine show" pour attraper les gogos. Elle trouve enfin avec Lo Dorman, un homme qui lui apporte protection et respect. Cette jeune actrice sera victime plus tard d'un de ces docteurs marrons - qui fourmillaient à Hollywood - qui lui donnera une addiction à la morphine. Elle mourra à l'âge de 33 ans sans avoir pu vaincre cette addiction. 
Le film était accompagné lors de la présentation à la Cinémathèque par un clavier électronique et une variété d'instruments à vent (harmonica, clarinette, saxophone). Hélas, les musiciens se sont contentés de ressasser constamment les mêmes thèmes - souvent particulièrement anachroniques pour la période du film (à l'époque de la ruée vers l'or) et ont ignoré les moments les plus comiques. Malgré cet accompagnement peu approprié et particulièrement bruyant, ce fut un plaisir de pouvoir redécouvrir ce film de Fairbanks.

3 commentaires:

Christophe a dit…

bonjour Ann,

peux tu préciser s'il te plaît qu'est ce que cette copie avait de plus au niveau de la fin que la copie précédemment présentée à Bercy?
Ayant découvert le film il y a un ou deux ans, j'avais justement apprécié cette fin que j'avais considéré comme "ouverte".
Ce que j'ai pris pour une forme de modernité n'aurait été du qu'aux aléas de la conservation...?

Ann Harding a dit…

La copie précédente avait de grosses lacunes au niveau de l'incendie final. On y voyait - par exemple -deux fois de suite la même scène avec Alma Rubens. Cette nouvelle version correspond à la version originale présentée en juillet 1916: Lo Dorman reste avec Teresa après la mort de son père le Shériff Dunn.

Christophe a dit…

c'est dommage, c'est ainsi un film plus conventionnel que je ne l'imaginais.