samedi 20 janvier 2018

Tao 1923 (II)

Tao (J. Hamman) attise la jalousie de Soun (M. Harald)
Un film en 10 épisodes de Gaston Ravel avec Gaston Norès, Mary Harald, Joë Hamman, André Deed et Andrée Brabant

Episodes 5 à 8
Soun (M. Harald) a hérité d'un vieux bonze de riches champs pétrolifères. Elle se fait voler ceux-ci par une bande de criminels dirigés par Tao (J. Hamman) qui ont usurpé l'identité d'un banquier, M. de Sermaize. Vaudry (G. Norès) et Soun partent à la poursuite de l'escroc vers Dakar...

L'intrigue de ce feuilleton colonial s'attache à nous montrer comment les colonies étaient perçues comme des zones d'opportunité pour l'exploitation des ressources naturelles, dans ce cas, le pétrole. Mais loin de fustiger cet état de fait, l'auteur n'en fait qu'un élément dramatique opposant d'un côté les "bons colons" comme Jacques Vaudry et de l'autre les escrocs dirigés par Tao, le métis machiavélique. Quant à Soun, admirablement incarnée par Mary Harald, elle n'est qu'un pion dans ce poker menteur. Elle est amoureuse de Vaudry, mais réalise rapidement qu'il lui préfère la blonde, blanche et fade Mlle de Sermaize (Andrée Brabant). Les épisodes se déroulent principalement à Paris et n'offre plus le dépaysement des précédents. André Deed, le grand comique de Pathé des années 1910 sous le nom de Boireau, tente de meubler une intrigue qui patine sans avoir les ressources comiques d'un Marcel Levesque. Il est assommé, mis dans une benne à ordures, enfermé dans un tonneau, percuté par un train, etc. Il ne fait aucun doute que le vétéran est un vrai cascadeur. Mais l'intrigue n'avance guère. Heureusement, une superbe scène clôt le huitième épisode où Soun observe de loin Vaudry et Mlle de Sermaize et comprend qu'elle ne sera jamais que le "chien fidèle" de celui-ci. Mary Harald est de loin la meilleure interprète de ce serial grâce à son naturel et son expressivité alors que les autres sont coincés dans les clichés de leur époque. Même l'athlétique Joë Hamman en rajoute un peu en métis qui convoite une femme blanche. Espérons que les derniers épisodes relèveront un peu le niveau...

1 commentaire:

Cédric Rousset a dit…

J’ai découvert le cinéaste Gaston Ravel en faisant une recherche sur le cinéma monochrome et les films muets. Je n’ai jamais regardé un feuilleton de ce type et j’aimerai bien en regarder un !