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dimanche 17 septembre 2017

Continental Films - Cinéma français sous contrôle allemand (I)

Mon ouvrage Continental Films - Cinéma français sous contrôle allemand, avec une préface de Bertrand Tavernier, sortira le 16 octobre au prix de 23 euros.
Vous pouvez le pré-commander sur le site de La Tour Verte.

Octobre 1940. Un producteur allemand, Alfred Greven, crée dans Paris occupé une société de production cinématographique, la Continental Films, où il enrôle les plus célèbres vedettes (Danielle Darrieux, Fernandel, Raimu, Harry Baur) et des cinéastes de renom (Marcel Carné, Maurice Tourneur, Henri Decoin, Henri-Georges Clouzot). Durant les quatre années d’Occupation, la Continental produit trente films, dont certains chefs d’œuvre, comme Les Inconnus dans la maison et Le Corbeau.
Pour la première fois, l’histoire de cette société de production, de son fondateur et de celles et ceux qui y ont travaillé est racontée de l’intérieur, grâce à des archives allemandes et françaises inédites. On verra sous un éclairage nouveau le climat délétère au sein de la Continental, le voyage des artistes à Berlin en mars 1942, ainsi que la mort mystérieuse d’Harry Baur.
Préface de Bertrand Tavernier.
Format : 12, 5 x 19, 5 cm. 400 pages, 16 pages de photographies, broché.
EAN : 9782917819425     Prix : 23 euros. 

vendredi 6 mai 2016

Maurice Tourneur - Réalisateur sans frontières (IX)


Une nouvelle critique de ma biographie de Maurice Tourneur a été publiée dans la revue Jeune Cinéma N° 373 de mai 2016 sous la plume de Philippe Roger:



lundi 18 janvier 2016

Maurice Tourneur - Réalisateur sans frontières (VIII)


Vous pouvez maintenant lire mon interview à propos de Maurice Tourneur sur le site Yuzu Melodies. Bonne lecture!

mercredi 5 août 2015

Maurice Tourneur - Réalisateur sans frontières (VI)


Une excellente critique de ma biographie de Maurice Tourneur dans 
le numéro de Télérama du 5 août 2015:

mercredi 8 juillet 2015

Maurice Tourneur - Réalisateur sans frontières (V)



Une nouvelle critique de ma biographie de Maurice Tourneur dans le mensuel 
Positif N°653-654 de juillet-août 2015:

Je tiens à préciser que je connais très bien le livre de Harry Waldman (et non Waltman) et qu'il ne contient que fort peu d'informations biographiques étant essentiellement une filmographie commentée. Je ne l'ai pas utilisé car il ne contenait - en outre - aucune référence à des sources primaires.

mardi 30 juin 2015

Maurice Tourneur - Réalisateur sans frontières (IV)

Une nouvelle excellente critique de ma biographie de Maurice Tourneur dans le journal Bilan de Genève le 23 juin dernier:
A la redécouverte du cinéaste Maurice Tourneur 
Le nom reste vaguement connu. Le prénom ne dira rien à la plupart des gens, même s'ils aiment le cinéma. Maurice Tourneur (1876-1961) est bien le père de Jacques Tourneur, célèbre en son temps pour des films d'horreur comme «Cat People» (1942) ou «I Walked With a Zombie» (1943).   
Né près de vingt ans avant l'invention du 7e Art, ancien décorateur, ex-homme de théâtre, Maurice Tourneur a pourtant fait partie des réalisateurs les plus innovants des années 1910. Christine Leteux lui consacre aujourd'hui un énorme livre, basé tant sur des dépouillements d'archives inédites que sur le visionnement des films survivants. Le cinéma muet tient du continent perdu. Tout s'est conservé, ou détruit, par hasard. Comment s'y retrouver au milieu d'autant de lacunes? 

De Paris à Hollywood

Tourneur a bien sûr commencé sa carrière à Paris. Vers 1910, la France dominait encore l'industrie cinématographique mondiale. Il a ainsi été amené à tourner aux Etats-Unis. Dans une filiale. A la déclaration de guerre, cet objecteur de conscience n'est pas revenu, ce qui lui vaudra de gros ennuis plus tard. Il participera ainsi à l'édification des trusts américains, qui émigreront vite de New York à la Californie. 
Tourneur a énormément produit entre 1914 et 1920, Pour Christine Leteux comme pour d'autres, il reste un des créateurs du récit cinématographique, alors basé sur la seule image, avec David Wark griffith et Cecil B. DeMille. En 1926, le Français quitte cependant les Etats-Unis. Un producteur exécutif, tranchant de tout, lui est désormais imposé, comme à ses collègues. Une ingérence qu'il juge incompatible avec son art. 

Une seconde carrière française

Si la période muette, remise à l'honneur il y a un siècle par les «Giornate» de Pordenone, reste connue des seuls rats de cinémathèque (1), l'époque française est revisitée grâce aux efforts (eux aussi lointains) de Patrick Brion pour France3. Il s'agit d'un moment très inégal, avec beaucoup de commandes. Elle se termine en 1948, après d'excellentes choses pendant la guerre pour la Continental, qui avait le défaut d'être allemande (2). Oublié, bientôt infirme, Tourneur sombre alors dans la misère. Il est aidé financièrement par Clarence Brown, son ancien assistant, devenu réalisateur vedette à la MGM. 
L'ouvrage se révèle extrêmement bien fait. Il se lit avec plaisir. On admire la pugnacité de l'auteur et le courage de l'éditeur. Comment vendre Tourneur en 2015, alors que ses longs-métrages les plus accomplis ont aujourd'hui près de 100 ans et que le petit monde des cinéphiles se meurt?  

(1) Des rats mal rassasiés. La Cinémathèque française programme peu de muets et celle de Bruxelles utilise la salle qui leur était vouée pour d'autre projections.

(2) Son parlant le plus connu reste «La main du diable» (1942). 

Pratique


Etienne Dumont

samedi 25 avril 2015

Maurice Tourneur - Réalisateur sans frontières (III)

Une nouvelle critique de ma biographie de Maurice Tourneur parue
 le 23 avril 2015 dans le N° 2633 de L'Obs:

Je voudrais quand même corriger une erreur dans cette chronique qui apparaît aussi sur IMDb. Maurice Tourneur n'a jamais joué avec Max Linder dans Max boxeur par amour (1912). Par contre, on peut le voir boxer - pour rire - avec Max Linder pour une bande d'actualités cinématographiques américaine de 1920 à l'époque où Max tournait Seven Years Bad Luck dans le studio de Maurice.

jeudi 1 janvier 2015

Maurice Tourneur - Réalisateur sans frontières (I)

Je profite de la nouvelle année pour vous souhaiter à tous une très heureuse année 2015 et pour vous annoncer la sortie de mon livre Maurice Tourneur - Réalisateur sans frontières qui sortira à la fin du mois de janvier 2015 chez La Tour Verte. Il s'agit de la toute première biographie détaillée de ce grand cinéaste franco-américain qui offrira un panorama complet de sa carrière et de sa vie accompagné d'une riche iconographie composée pour la plupart d'images inédites. Voici le synopsis du livre:
"En 1914, un cinéaste français inconnu arrive à New York. Quatre ans plus tard, Maurice Tourneur est devenu l’un des plus grands réalisateurs américains avec D. W. Griffith et C. B. DeMille. Celui qui a dirigé les plus grandes stars françaises et américaines était un personnage complexe autant haï qu’admiré. Pour la première fois, la vie et l’ensemble de la carrière de Maurice Tourneur ont fait l’objet de recherches approfondies. De ses débuts comme peintre à sa carrière dans le cinéma parlant, il apparaît comme un des cinéastes phares du vingtième siècle qui a formé deux grands réalisateurs, Clarence Brown et son fils Jacques. Des archives inédites jettent un jour nouveau sur ce personnage hors du commun dont la vie est un roman."
La sortie du livre sera accompagnée de plusieurs événements. Tout d'abord, je serai
à La Cinémathèque de Toulouse (69 rue du Taur, Métro: Capitole) 
le vendredi 6 février 2015 pour dédicacer mon livre à 18h00 et 
je présenterai deux séances lors de la rétrospective Tourneur, père et fils: 
Le 6 février 2015 à 19h00 
Au nom de la loi (1932) 
 Le 6 février 2015 à 21h00
The Last of the Mohicans (Le Dernier des Mohicans, 1920)
L'autre événement est une conférence aux Archives de Paris
18 Boulevard Sérurier, Paris 19e (Métro: Porte des Lilas) 
le mercredi 11 février 2015 à 17h00 (entrée libre). 
La conférence s'intitule:
Maurice Tourneur (1876-1961) - Un cinéaste dans les deux guerres mondiales. 
J'y présenterai de nombreux documents inédits. La présentation sera suivie d'une séance de dédicace.

Je vous tiendrai au courant de la parution et des autres événements qui sont encore en préparation sur ce Blog. Restez en ligne!

mercredi 1 février 2012

They Knew What They Wanted 1940

Un film de Garson Kanin avec Charles Laughton, Carole Lombard, William Gargan et Harry Carey

Tony Patucci (C. Laughton) croise une jolie serveuse, Amy Peters (C. Lombard) dans un restaurant de San Francisco. Il décide de la demander en mariage après avoir envoyé la photo de son ami Joe (W. Gargan) à la place de la sienne...

En 1940, le vétéran Erich Pommer est sous contrat à la RKO pour produire plusieurs films. Il choisit de faire une nouvelle adaptation de la pièce de Sidney Howard avec une distribution de grand luxe qui va réunir Carole Lombard et Charles Laughton. Les deux acteurs sont dans des rôles à contre-emploi. La brillante comédienne des meilleures screwball américaines joue ici une petite serveuse qui rêve d'une vie meilleure. Et ce grand cabot de Laughton revêt une perruque noire bouclée et prend un accent italien pour jouer ce viticulteur italo-américain qui parle un anglais sommaire. Durant le tournage, le malheureux metteur en scène, Garson Kanin, va en voir des vertes et des pas mûres avec un Laughton en plein doute existentiel qui le mène en bourrique. Pour travailler son accent, il écoute du Rossini et du Vivaldi (!) Puis, il demande constamment à être emmené dans un petit verger, situé à plusieurs dizaines de kilomètres du tournage, pour pouvoir 'se concentrer' sur son personnage. Laughton est totalement écoeuré par la facilité de sa partenaire Carole Lombard qui rentre naturellement dans son personnage sans aucun chichi. Cette nouvelle adaptation de la pièce d'Howard a subi de nombreuses modifications, censure oblige ! Le film est cependant bien plus noir que la version précédente, A Lady to Love. Là, Amy se laisse séduire par Joe, mais le regrette immédiatement. Elle n'a pas encore épousé Tony, ce qui évite l'adultère condamné par le Production Code.  Et elle rejette Joe immédiatement après leur aventure d'une nuit. Mais, elle se retrouve enceinte et décide d'avoir cet enfant toute seule avant de, peut-être, revenir vers Tony qui lui ouvre les bras malgré cela. Ce mélo finalement assez noir est dominé par une Carole Lombard qui prouve qu'elle était aussi une excellente actrice dramatique. Quant à Laughton, il cabotine à tout va, comme le faisait Robinson dans A Lady To Love. Vers la fin, il montre un peu plus de retenu et parvient à être émouvant. Dans les seconds rôles, on reconnaît Harry Carey, la star des westerns muets de John Ford, avec son accent de cow-boy et également un tout jeune Karl Malden, éméché, qui tente d'embrasser Carole Lombard. Dans ces années-là, le scénariste Garson Kanin travaille comme metteur en scène à la RKO où il va faire plusieurs films de belle qualité comme A Man to Remember (1938), restauré en 2006, et The Great Man Votes (1939) avec John Barrymore que je rêve de découvrir. En tout cas, They Knew What They Wanted est un film étonnant dans la carrière de deux grands acteurs.

vendredi 2 septembre 2011

Intruder in the Dust 1949


L'Intrus
Un film de Clarence Brown avec Juano Hernandez, Claude Jarman Jr., David Brian et Elizabeth Patterson

Dans une petite ville du Mississippi, Lucas Beauchamp (J. Hernandez), un fermier noir, a été arrêté pour le meurtre d'un blanc. Toute la population se rassemble autour de la prison pour organiser son lynchage. Mais, le jeune Chick Mallison (C. Jarman Jr.) va trouver Lucas avec son oncle avocat John Stevens (D. Brian). Il part la nuit pour déterrer le cadavre du mort et récupérer la balle qui l'a tué...

Avec cet Intruder in the Dust, Clarence Brown rappelle à ceux qui l'aurait oublié qu'il est bien plus qu'un simple 'studio director'. Embauché à la MGM en 1926, il est le réalisateur des stars maisons telles que Garbo et Crawford. Mais, en 1949, avec l'arrivée de Dory Schary comme producteur, les films MGM deviennent progressivement plus sensibles aux problèmes raciaux et sociaux de l'Amérique. Clarence Brown produit et réalise un plaidoyer anti-raciste sur un scénario de William Faulkner qui tranche avec ses films de pure divertissement. Le film est entièrement tourné à Oxford (Mississippi) la ville où habite William Faulkner. Il y a un désir d'authenticité et de sobriété remarquable à tous les niveaux dans ce film. Tout d'abord, il y a le personnage central Lucas Beauchamp, interprété avec dignité et charisme par le portoricain Juano Hernandez. Le cinéma américain de l'époque ne nous a pas habitué à voir un homme noir qui montre une telle fierté dans l'adversité. Alors qu'il est amené menottes aux poignets jusqu'à la prison devant une immense foule d'hommes blancs, il conserve sa dignité et toise du regard cette foule hostile. Il secoue même la poussière de son chapeau tombé à terre avant de la remettre. Vêtu comme un gentleman farmer, Il s'avance ignorant les regards haineux. Il possède une propriété et cultive sa propre terre et n'a pas l'intention de se laisser humilier. Cependant, il sait que ses chances de prouver son innocence sont faible. Aux yeux de la population, il est noir et forcément coupable. C'est sans compter le jeune Mallison (un Claude Jarman Jr. à l'air de petit oiseau effrayé) qui va tout faire pour l'aider. Les rapports en Mallison et Beauchamp sont d'ailleurs teintés d'une ambiguité étonnante. Il a rencontré Lucas après être tombé dans un trou d'eau gelé et celui-ci lui a offert l'hospitalité. Il a refusé toute aumône après ce beau geste. On sent un mélange de crainte et de gratitude chez cet adolescent blanc, élevé dans une famille du cru. Il va partir dans une expédition dangereuse la nuit tombée en compagnie du fils noir d'une domestique et d'une vieille dame excentrique Miss Habersham, jouée par la vétérante Elizabeth Patterson. Partis pour déterrer le cadavre de la victime, ils trouvent une tombe vide. A partir de ce moment-là, son oncle avocat commence à croire à l'innocence de Lucas.
Ce bled perdu du Mississippi est rempli de personnages illettrés et racistes qui tueraient père et mère pour de l'argent. Le vieux Ned Gowrie (Porter Hall) est manchot, mais il a un pistolet caché dans sa chemise qu'il reboutonne systématiquement après l'avoir rangé. Il est le père du mort, lui aussi à la recherche du meurtrier. Tout ce petit monde nous replonge dans cette Amérique du sud profond qui vit encore comme au siècle dernier. Clarence Brown choisit une sobriété totale dans ce récit, sans jamais chercher d'effets de manche. Mais, les images en disent plus qu'un long discours. Il suffit de voir la cohue des voitures qui convergent vers la ville dans l'attente du lynchage qui apportera un 'divertissement' bienvenu, comme une sorte de fête foraine. La vieille Miss Habersham réussira à empêcher le lynchage de Lucas en se plantant devant la prison avec son tricot. Les forcenés reculent face à sa détermination. Brown évite toute sensiblerie ou sermon. Il montre simplement la couardise de ces 'justiciers'. Lucas sera finalement innocenté. Et il tiendra encore à payer son avocat, même une somme symbolique, pour conserver sa dignité d'homme. Il faut ajouter un mot sur la très belle photo noir et blanc de Robert Surtees, que l'on associe pas forcément au cinéma de Brown, mais qui se révèle un excellent collaborateur. Voilà un très grand film de Brown qui prédate de plus de treize années To Kill a Mockingbird et qui est, à mon avis, bien supérieur au film de Mulligan, par son propos et sa mise en scène. Le film est maintenant disponible dans une copie restaurée de toute beauté chez Warner Archive, sans ST. Attention, l'accent traînant du sud n'est pas toujours facile à comprendre. Mais, le film mérite qu'on fasse un effort.