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vendredi 27 août 2010

Chicago 1927



Un film de Frank Urson avec Phyllis Haver, Victor Varconi et Eugene Palette

Roxie Hart (P. Haver) tue de sang froid son amant Rodney Casley (E. Palette) quand il lui annonce qu'il la quitte. Elle téléphone à son époux pour lui annoncer qu'elle a tué un cambrioleur...

Maurine Watkins était reporter au Chicago Tribune lorsqu'elle eut à couvrir deux cas de meutres par de jolies femmes sans scrupules. Elle en tira une pièce à succès qui se joua à Broadway en 1926 avant de se retrouver à l'écran en 1927 produite par Cecil B. DeMille. Si le grand Cecil n'est pas crédité comme réalisateur, c'est qu'il vient de sortir The King of Kings et que l'histoire sulfureuse de Roxie Hart est en contradiction avec ses sujets bibliques. Son assistant sur de nombreux films, Frank Urson le signe. Mais, Cecil a bel et bien supervisé (et réalisé) des scènes de ce film. Nous sommes dans le Chicago des années 20 où la corruption et le vice règnent en maître. Policiers, magistrats et journalistes sont obsédés par l'opportunisme qui pourrait les rendre célèbres à n'importe quel prix. Roxie Hart est une gold digger vénale qui trompe son mari pour de l'argent et n'hésite pas à éliminer son amant lors qu'il lui refuse de l'argent. Les journalistes sont obsédés par les scoops et l'avocat de Roxie, William Flynn, est corrompu jusqu'à la moëlle. Parmi tout ce beau monde, il y a le mari de Roxie, Amos Hart qui reste probe. Mais, lui aussi est poussé au crime pour obtenir de l'argent pour payer l'avocat de sa femme. Voici une vision bien noire de la société des années 20. Les collaborateurs habituelles de DeMille ont oeuvré sur le film: Peverell Marley à la photo, Anne Bauchens au montage et Mitchell Leisen aux décors. C'est une belle réussite avec au premier plan la performance de Phyllis Haver en Roxie Hart. La blonde platine en déshabillé provocant se méthamorphose en oie blanche pour le procès. Un film très agréable et d'une grande beauté visuelle dans la superbe copie offerte par Flicker Alley accompagnée de musiques des années 20.

lundi 14 juin 2010

The Godless Girl 1929


Lina Basquette
La Fille sans Dieu
Un film de Cecil B. DeMille avec Lina Basquette, Marie Prevost, George Durya et Noah Beery

Judy (L. Basquette) organise des réunions sur l'athéisme au sein de son lycée. Lors de l'une d'elles, les pro-religieux de l'établissement menés par Bob (G. Durya) les attaquent. Une amie de Judy chute accidentellement du haut d'un escalier lors de l'échauffourée. Elle meurt. Bob et Judy sont tous deux envoyés dans une maison de correction pour délinquants juvéniles qui ressemble à un pénitencier...

Noah Beery
Avec son dernier film muet, De Mille renoue avec ses films du début de sa carrière, comme Kindling (1915), où il s'intéressait aux problèmes sociaux. Cette Fille sans Dieu est certainement un de ses tous meilleurs films. Loin des alcoves parfumées et des intrigues tarabiscotées de ses films des années 20, il montre ici dans toute son horreur le traitement honteux infligé aux jeunes délinquants. Nous ne sommes pas loin de I Am a Fugitive from a Chain Gang (1932, M. LeRoy) avec cette vision sans concession de la vie pénitenciaire. Les jeunes sont enchaînés, aspergés par avec des lances à incendies, doivent transporter de lourdes charges, reçoivent le fouet, etc. D'ailleurs, le niveau de violence de ce film est tout à fait étonnant. Il a certainement rebuté le public car le film fit un flop au box-office lors de sa sortie. Mitchell Leisen, le chef décorateur du film, a réalisé un décor totalement réaliste de ce pénitencier que l'on croirait réel. Quant aux acteurs, ils ont pris de gros risques durant ce tournage où ils ont dû tourner littéralement dans les flammes après avoir été 'ignifugés' avec de l'amiante (!). Le final du film vous cloue littéralement sur votre siège alors que les détetenus essaient de sauver Judy, coincée dans une cellule, alors qu'un incendie ravage tout le bâtiment. Noah Beery (le frère de Wallace) personnifie le mal dans le rôle du gardien chef qui prend un plaisir sadique à torturer les détenus à l'électricité. La cinematographie signée Peverell Marley est sublime dans cette très belle copie. Dans le coffret Treasures III, le film est accompagné au piano. Il est fort dommage qu'ils n'aient pas choisi l'excellente partition orchestrale de Carl Davis (réalisée en 2007 pour une diffusion sur Film 4 en GB). En effet, avec la musique de Davis, le film prend une tout autre dimension dramatique, surtout lors de la séquence finale.
George Durya