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samedi 24 juillet 2010

Le Film du Poilu 1928



Un film d'Henri Desfontaines avec Daniel Mendaille, Ninon Gilles et Roby Richard

Le petit Morel vit seul à Montmartre avec sa mère veuve de guerre. Leur voisin Lambert (D. Mendaille), un ancien poilu, est artiste peintre. Il contemple d'un air désaprobateur les jeux de guerres des enfants du quartier. Il demande à un ami de projeter aux enfants son film sur la guerre de 14...

Julien Carette
En 1928, la guerre est finie depuis 10 ans, mais elle affecte encore beaucoup la population dans son ensemble. Le début du film de Desfontaines montre une veuve de guerre qui élève seule son enfant au fruit d'un travail acharné, un ancien poilu qui a perdu une jambe et l'artiste peintre qui est encore affecté par ses souvenirs de tranchée. Le film est construit avec une mise en abîme habile qui projette les enfants 14 ans en arrière au début de la guerre de 14. la seconde partie du film est en fait un montage de bandes d'actualités d'époques tournées par des opérateurs de l'armée. Et c'est là que le bât blesse. Au lieu d'offrir une réflexion sur la guerre, le film se contente de dérouler chronologiquement les événements et de montrer des armées qui défilent avec son cortège de rois et de généraux. Au milieu de ces plans d'archives, on reconnaît quelques séquences de fiction. Comme celle qui montre l'assassinat du Prince François-Ferdinand à Sarajevo. L'assassin n'est autre que Julien Carette. Au total, Henri Desfontaines confirme mon impression qu'il est un réalisateur dépourvu d'imagination. A partir d'un bon sujet, il réalise un film très plat qui n'arrive pas à intéresser. Le CNC a réalisé une superbe restauration de ce film malheureusement décevant et il a été publié par l'ECPAD (Etablissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense) avec une bande son qui est un patchwork fort décousu.

dimanche 11 juillet 2010

Belphégor 1926

Un film en 4 épisodes d'Henri Desfontaines avec René Navarre, Lucien Dalsace, Elmire Vautier et Genica Missirio
Un fantôme apparaît au Louvre dans la Salle des Dieux Barbares. Un gardien est assassiné durant la nuit. La journaliste Jacques Bellegarde (L. Dalsace) veut élucider le mystère; mais, justement une main mystérieuse semble accumuler les présomptions contre lui. Le fantôme imite son écriture et vole les lettres qu'il a écrites à Simone Desroches (E. Vautier)...

Le scénario de ce sérial est signé Arthur Bernède qui fut le collaborateur attitré de Feuillade sur Judex (1917). On reconnaît la patte de ce scénariste; mais hélas, en 1926, Louis Feuillade n'est plus de ce monde et c'est Henri Desfontaines qui réalise le film. Desfontaines est un réalisateur assez quelconque qui se contente de filmer le scénario sans grande imagination. On retrouve systématiquement la succession : plan d'exposition/plan d'ensemble/plan moyen/gros plan durant tout le film. Néanmoins, il s'agit d'une production de prestige de la Sté des Cinéromans qui a tous les atouts du point de vue de la décoration et de l'interprétation. René Navarre, qui fût Fantômas (1913-15), est ici un détective -ancien agent de la Sûreté- nommé Chantecoq et maître du déguisement qui va démasquer Belphégor. Le journaliste Bellegarde (L. Dalsace) n'est pas vraiment de taille face au machiavélique Fantôme. Elmire Vautier est très bonne dans le rôle de la maîtresse jalouse de Lucien Dalsace et Genica Missirio [qui joue Murat dans le Napoléon (1927) de Gance] est son complice. Dans un rôle secondaire, Alice Tissot est une amusante Baronne Papillon qui tombe en pâmoison à chaque mention du fantôme. Le suspense est très bien mené et le mystère reste entier jusqu'à la dernière bobine. Le film bénéficie de décors Art Déco superbement habillés avec beaucoup de goût, sans aucune surcharge. Les extérieurs ont été tournés au Louvre, dans les rues de Paris et au Château d'Anet. La cinématographie de Julien Ringel et Robert Lefebvre est absolument superbe et on l'apprécie d'autant plus que la copie du Forum des Images est excellente, teintée et d'une grande finesse de grain. Il est bien dommage que Desfontaines n'utilise pas à plein le potentiel de son scénario. Mais, tel qu'il est le film vaut le coup d'oeil malgré sa durée de 4h30.