Affichage des articles dont le libellé est Crosland A.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Crosland A.. Afficher tous les articles

dimanche 7 juillet 2013

Massacre 1934

Un film d'Alan Crosland avec Richard Barthelmess, Ann Dvorak, Claire Dodd, Dudley Digges, Clarence Muse et Tully Marshall

Le chef Thunderhorse (R. Barthelmess) travaille dans un cirque où il réalise un numéro d'acrobatie équestre qui lui vaut de nombreux succès féminins. Un jour, il apprend que son père est mourant et il part pour la réserve des Sioux qu'il a quittée depuis des décennies...

Massacre est une oeuvre à part dans la production pre-code des années 30.  Alors que les Indiens avaient eu droit à un traitement sympathique durant les années 10 et 20, l'arrivée du parlant et la descente en gamme des westerns (rélégués aux séries B, voire pire) en fait de simples sauvages hurlants destinés à tomber sous les coups de revolvers. Heureusement, ce film d'Alan Crosland prend totalement à revers cette vision stéréotypée. Retouvant les accents pro-Indien de The Vanishing American (1925, G.B. Seitz), il fait le portrait d'un Indien qui s'est intégré dans la société blanche de son époque en devenant une star de cirque. Certes, il en est réduit à jouer de son image et à en rajouter avec un maquillage foncé, mais Thunderstorm a acquis patiemment une place dans la société. C'est en retournant dans la réserve qui accueille les siens qu'il va réaliser à quel point les Indiens ne sont pas des citoyens américains à part entière. Ils n'ont strictement aucun droit face à des officiels corrompus, les fameux agents des réserves, qui peuvent s'emparer de leurs biens ou violer leur fille sans qu'ils puissent protester. Lorsque Thunderstorm arrive, il réalise qu'il va falloir défendre rapidement sa tribu en utilisant toutes ses connaissances acquises grâce à sa renommée. Le film offre un tableau sans concession de la vie misérable des peaux-rouges et se permet même de comparer leur sort avec celui des noirs. Clarence Muse, qui joue le valet de Barthelmess, constate lui-même que son sort de domestique est nettement plus enviable que celui des Indiens de la réserve. Barthelmess est égal à lui-même, dans une période où sa carrière va bientôt se clore, en redresseur de torts dans la lignée de Paul Muni dans I Was a Fugitive from a Chain Gang (1932, M. LeRoy). La fin heureuse paraît peu plausible, mais qu'importe. C'est un film noir qui se déguste avec plaisir pour son ton inhabituel.

dimanche 6 février 2011

Glorious Betsy 1928


Un film d'Alan Crosland avec Dolores Costello, Conrad Nagel et Marc McDermott

1804, en Virginie, la belle Elizabeth Patterson (D. Costello) est courtisée par son professeur de français (C. Nagel). Elle ignore qu'il est en fait Jérôme Bonaparte, le frère du Premier Consul...

En 1928, Warner Brothers produit ce film historico-romantique avec quelques séquences parlantes. Comme la plupart des produits Warner de la fin des années 20, c'est typiquement un 'vehicle' pour mettre en valeur leur star, Dolores Costello qui est alors Mrs John Barrymore. Cette très belle créature est une actrice assez limitée, mais, on lui offre toujours des écrins de choix avec multiples toilettes et bijoux. Le scénario de ce film est malheureusement bien faible. La romance entre Elizabeth Patterson, dite 'Glorious Betsy' et le futur Roi de Wesphalie est ici traité comme un roman de gare avec en prime, un 'happy end' assez ridicule. Warner Bros semblait adorer ces 'happy ends' pour le moins étonnants, car la version de Manon Lescaut intitulée When a Man Loves (1927) du même Crosland avec la couple Barrymore-Costello offre aussi une fin heureuse assez hilarante. La qualité du film se résume essentiellement aux décolletés plongeants de Dolores. Conrad Nagel est assez pâlot et un acteur italien inconnu (Pasquale Amato) incarne un Napoléon pas très convaincant. A part la belle photo d'Hal Mohr, c'est vraiment un produit de série sans âme.