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vendredi 21 octobre 2011

The Lady of the Dugout 1918


Un film de W.S. Van Dyke avec Al Jennings, Frank Jennings et Corinne Grant

Deux journalistes dans un hôtel de Beverly Hills rencontrent l'ancien hors-la-loi Al Jennings (lui-même). Ce dernier entreprend de leur raconter un épisode de sa vie et comment il a organisé son premier hold-up avec son frère Frank...

De toute la collection de films dans Treasures V, ce Lady of the Dugout est le plus étonnant et le plus proche du documentaire sur ce qu'était réellement le Vieil Ouest. Loin de tout glamour hollywoodien, les deux héros sont deux hommes affamés qui deviennent hors-la-loi presque par accident et nécessité. Le scénario a été écrit par Al Jennings lui-même qui joue son propre rôle. Il a quitté sa vie de bandit, après avoir été grâcié par le Theodore Roosevelt, pour devenir une figure du circuit évangélique. Puis, il travaille dans le cinéma dès 1908. Le réalisateur Woody S. Van Dyke est encore un débutant en cette année 1918. Avec cette histoire racontée en double flash-back, nous découvrons que la migration vers l'ouest n'apporte que rarement la fortune aux fermiers. Nos deux hors-la-loi, après avoir volé une banque se retrouvent dans la prairie immense et désertique. Ils n'ont pas mangé depuis deux jours. Puis, ils tombent sur une pauvre habitation creusée à même la terre de la prairie, un dugout qui dépasse à peine de la surface de la terre avec une misérable cheminée. Dans ce logis insalubre, une femme, Mary, attend avec son jeune enfant le retour de son vaurien de mari. Elle n'a aussi plus rien à manger depuis plusieurs jours. Sa situation émeut les deux hors-la-loi et l'un d'eux part tout de suite pour aller chercher quelques subsistances au voisin le plus proche, situé à des dizaines de kilomètres de là. Mary leur raconte alors comment elle a quitté son Est natal avec l'homme qu'elle avait épousé contre l'avis de ses parents. Elle s'est retrouvée dans la misère. Devenus des Robins des Bois, ils décident d'attaquer une autre banque pour assurer le confort matériel de cette femme et de son fils. Si le ton du scénario est moralisateur et évangélique, le récit lui est sec et sans concession. Tourné avec un budget minuscule, le film est réalisé dans une petite ville de Californie pour réduire les coûts. Le film a un réalisme qui en fait presque un documentaire. Les frères Jennings attaquent une banque en respectant le protocole qu'ils utilisaient. Pendant que l'un fait le guet, l'autre s'introduit dans la banque et braque les employés. Pour s'échapper, ils 'nettoient' les rues en tirant dans tous les sens pour faire fuir tout le monde. Ce film est un document précieux pour tout amoureux du western qui permet de recadrer l'idée que l'on se fait de l'Ouest dans le western traditionnel. Malheureusement, ce film n'a survécu que sous la forme d'une copie 16mm contretypée. Si la qualité des images est assez médiocre, le film lui-même est suffisamment passionnant pour nous captiver.

vendredi 9 juillet 2010

The Pagan 1929



Un film de W.S. Van Dyke avec Ramon Novarro, Dorothy Janis, Donald Crisp et Renée Adorée

Henry Shoesmith (R. Novarro), un métis, mène une vie nonchalante sur une petite île du Pacifique. Roger Slater (D. Crisp) arrive pour exploiter le copra avec sa pupille, une jeune métis nommée Tito (D. Janis)...

Van Dyke a tourné ce film en Polynésie peu de temps après White Shadows in the South Seas (1928) tourné aux Iles Marquises. Ici, l'intrigue est vraiment à l'eau de rose. Ramon Novarro a enregistré la chanson Pagan Love Song de Nacio Herb Brown & Arthur Freed pour la bande-son et elle devint un tube qui fut réutilisé plus tard, lorsque Arthur Freed devint producteur à la MGM. Malgré son intrigue sucrée, le film a du charme, principalement à cause de ses interpètes, Ramon Novarro et la très jolie Dorothy Janis qui n'avait alors que 19 ans. (Elle est d'ailleurs morte récement à l'âge de 100 ans). Donald Crisp est un affreux hypocrite qui élève Dorothy dans les soit-disants principes chrétiens alors qu'il ne pense qu'à abuser d'elle. Le film prend le rythme nonchalant de la vie dans les Iles et on passe un très bon moment bercé par la Pagan Love Song et le vent dans les palmiers.

White Shadows in the South Seas 1928



Un film de W.S. Van Dyke avec Monte Blue et Raquel Torres

Matthew Lloyd (M. Blue) est un médecin devenu alcoolique qui vit en Polynésie. Il ne supporte plus de voir l'exploitation honteuse dont sont victimes les indigènes par les blancs. Sebastian (Robert Anderson) qui est à la tête du comptoir local décide de se débarrasser de lui en le mettant sur un navire à la dérive, rempli de cadavres de pestiférés...

Avec ce film aux images sublimes, Van Dyke réalise un film qui s'attaque de front aux méfaits de la colonisation. Certains cartons d'intertitres ne laissent aucun doute sur les méfaits de la soit-disant civilisation qui bien loin d'aider les populations indigènes leur ont apporté les maladies infectieuses, l'appat du gain, la prostitution et l'alcoolisme. On découvre l'envers du Paradis. La vie de Lloyd (M. Blue) est transformée par son arrivée sur une autre île qui n'a encore jamais vu d'hommes blancs. Il reprend goût à la vie. Hélas, l'arrivée des colonisateurs détruira également cette île encore intacte. Le film a été commencé par Robert Flaherty en collaboration avec Van Dyke. Mais, en cours de route, Flaherty a été licencié; Van Dyke reprit le tournage dans sa globalité. Le résultat est certainement un des tous meilleurs films de Van Dyke avec une beauté visuelle incroyable (Clyde De Vinna fait des merveilles), mais qui réussit à délivrer un message sans concession à l'image de la scène finale qui est très noire. Attention: chef d'oeuvre!