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samedi 6 mai 2017

The Real Adventure 1922

Florence et King Vidor sur le plateau de The Real Adventure
Emancipée
Un film de King Vidor avec Florence Vidor, Clyde Fillmore et Philip Ryder

Rose Stanton (F. Vidor) rencontre par hasard Rodney Aldrich (C. Fillmore) dans un tramway. Rodney l'épouse peu après. Mais, pris par son métier d'avocat, il délaisse son épouse qui souhaite pouvoir s'épanouir elle aussi intellectuellement...

Durant les premières années de sa carrière, King Vidor produisait ses propres films avec comme actrice principale son épouse de l'époque, Florence Vidor. Très peu de ces films nous sont parvenus. The Real Adventure a été retrouvé à la Cinémathèque de Toulouse dans une copie malheureusement incomplète; il manque la deuxième bobine. Vidor avait dès ses débuts eu des préoccupations sociales comme le montre le magnifique The Other Half (1919), alors que dans celui-ci, il s'intéresse au sort de la femme au foyer. Florence Vidor est une superbe actrice de cinéma qui joue avec naturel et subtilité. De la jeune fille fière et décidée à l'épouse fatiguée de n'être qu'un faire-valoir de son mari, elle joue de son visage mobile sans jamais exagérer aucune expression. Il est fort dommage que la seconde bobine manquante de ce film contienne les scènes cruciales où elle réalise que sa vie maritale ne sera pas le lit de roses qu'elle avait envisagée. On la voyait sous une tempête de neige lors de leur lune de miel, puis éconduite sur le lieu de travail de son époux. Vidor travaille tout en finesse avec l'excellent opérateur George Barnes. Utilisant l'ellipse habilant, Vidor nous montre l'évolution de Rose qui décide de quitter son époux pour lui montrer qu'elle peut très bien gagner sa vie toute seule. Mais, malgré tout, le film n'est pas aussi prenant que l'était The Other Half. Et la fin est évidemment terriblement rétrograde: l'épouse rentre dans ses foyers après avoir expérimenté le rôle de femme émancipée car selon la morale de l'époque, elle ne peut s'accomplir sans un époux à ses côtés. La copie teintée incomplète est cependant de belle qualité, mettant en valeur la belle cinématographie de Barnes aussi bien dans les extérieurs qu'en studio. Une charmante curiosité.

mardi 23 décembre 2014

The Other Half 1919

Katherine (Florence Vidor) au chevet de Jenny (Zasu Pitts)
Un film de King Vidor avec Florence Vidor, Zasu Pitts, David Butler et Charles Meredith

Donald Trent (C. Meredith) revient profondemment changé du front européen avec son ami Jimmy (D. Butler). Bien que Donald soit le fils du patron, il insiste pour être un simple employé dans l'usine de son père auprès de Jimmy. Mais, suite au décès de son père, Donald doit assumer la direction de la société. Il oublie peu à peu ses anciens amis au grand dam de sa fiancée Katherine (F. Vidor) qui est devenue reporter...

Katherine (F. Vidor)
En 1919, King Vidor est un tout jeune metteur en scène. Cependant son premier long métrage The Turn in the Road (1919) (qui est malheureusement perdu) a eu énormément de succès pour son message humaniste imprégné de 'Science Chrétienne' qui montrait la vie de tous les jours. Le cinéaste est persuadé que le cinéma a un message important à faire passer. Lors du tournage de son troisième film, The Other Half, il expliquait sa philosophie: "Je crois au cinéma qui va aider l'humanité à se libérer des chaînes de la peur et de la souffrance qui l'entravent depuis si longtemps. Je me refuse à produire un film qui contiendrait quoi que ce soit qui serait éloigné de la vérité humaine, quoi que ce soit qui blesserait quelqu'un et toute chose qui serait impure en pensée ou en action." On pourrait penser que Vidor veut prêcher la bonne parole. En fait, il n'en est rien. Il y a seulement chez lui ce désir de montrer la vie des gens telle qu'elle est sans chercher à la travestir. Son film est à consonnance sociale sans être prêchi-prêcha. Le titre fait référence aux deux parties de la société qui s'ignorent: les possédants et les employés. Il veut promouvoir la compréhension entre celles-ci avec son film. Ce qui frappe d'abord dans The Other Half, le plus ancien long métrage de Vidor qui nous soit parvenu, c'est la grande simplicité et la justesse de ses acteurs. Ils les placent dans un environnement quotidien et nous les montre en train de déjeuner assis par terre avec leur boîte. Les deux actrices principales sont particulièrement remarquables.
Un magnifique gros plan de Jenny (Zasu Pitts)
La jeune Jenny (une merveilleuse Zasu Pitts) est la petite amie de Jimmy et travaille dans une laverie . Un jour, elle s'effondre épuisée et elle est prise en charge par Katherine, issue d'un milieu favorisée, qui découvre avec tristesse son appartement. Vidor apporte une foule de petits détails qui en disent long sur le personnage. Une malheureuse plante en pot est en train de mourir sur le bord de la fenêtre et Jenny réclame son phonographe pour écouter du jazz, sa seule distraction. Florence Vidor joue la jeune femme issue de la bonne société mais qui reste sensible à la vie des employés, d'où son choix de devenir reporter. Vidor utilise une parabole en montrant le chemin parallèle des deux anciens soldats issus de milieux opposés. Jimmy perd la vue suite à la négligence de son ancien ami Donald qui a négligé de faire réparer un mur qui s'est effondré sur lui. Donald est devenu lui aussi aveugle à la souffrance de ses employés. Sur cette belle et unique copie néerlandaise, la fin du film est manquante. En fait, tout est bien qui finit bien: Jimmy va recouvrer la vue et Donald va retrouver son empathie pour lui grâce à un article de Katherine. Ce beau film de Vidor montre qu'il a été un observateur attentif de la vie de tous les jours bien avant son chef d'oeuvre The Crowd (1928). A voir sur le site European Film Gateway. Un vrai bonheur.

vendredi 10 mai 2013

Proud Flesh 1925

Fernanda (E. Boardman) et Don Diego (H. Ford)
Un film de King Vidor avec Eleanor Boardman, Pat O'Malley et Harrison Ford

La très snob Fernanda Borel (E. Boardman) quitte l'Espagne pour aller visiter son oncle à San Francisco. Elle y rencontre Pat O'Malley (P. O'Malley) un entrepreneur de plomberie qui tombe amoureux d'elle...

Cette comédie romantique signée King Vidor a été tournée juste avant The Big Parade (La Grande parade, 1925) qui va placer le metteur en scène parmi les plus grands de l'époque. Proud Flesh n'est pas du tout du même gabarit. Néanmoins, malgré un scénario assez simpliste, Vidor montre son immense talent de directeur d'acteurs. Celle qui allait devenir bientôt sa nouvelle épouse, Eleanor Boardman, y joue une jeune femme incroyablement snob, née lors du tremblement de terre de San Francisco de 1906 (comme si cet événement cataclysmique annonçait également l'arrivée sur terre de cette créature insupportable). Elle est courtisée par Don Diego (Harrison Ford), un hidalgo raffiné et pédant. Son arrivée à San Francisco est l'occasion de plusieurs scènes comiques alors que Fernanda découvre 'les horribles montagnes' de la ville! Ce qui rend le film intéressant, ce sont ses rapports avec Pat O'Malley (qui joue sous son propre nom). Lui, le self-made-man à l'américaine n'a rien d'un poseur. Il est tout de go alors que Fernanda n'est que prétention et snobisme.   Cela ne va pas l'empêcher de goûter avec ardeur au baiser qu'il lui plaque sur les lèvres lors d'une soirée dans un gratte-ciel. On ne sait plus si elle a le vertige à cause de la hauteur ou du baiser. Le film étudie aussi intelligemment les différences de classe. Alors qu'O'Malley s'est introduit chez l'oncle de Fernanda habillé en plombier, Don Diego le prend au pied de la lettre et lui propose de prendre le thé tous ensemble, y compris avec les domestiques. Evidemment, les domestiques (chinois et espagnole) n'ont rien à se dire et tout le monde est gêné au possible. Diego vient de lui démontrer que la belle égalité à l'américaine n'est qu'une façade. Vidor a eu aussi la bonne idée d'aller tourner sur place les scènes dans les rues de San Francisco ainsi qu'au bord de la côte pacifique à Carmel. Cela donne lui à une superbe séquence où Fernanda va se promener sur le bord des falaises face à l'océan. La sauvagerie des éléments déchaînés semble refléter ses propres sentiments. Elle est bouleversée par O'Malley sans oser se l'avouer. La fin du film paraît un peu brusquée, mais nous offre une belle scène où le très viril O'Malley est en larmes près de sa mère (comme le sera John Gilbert dans The Big Parade). Un très joli film de Vidor.

mardi 9 janvier 2007

Cynara 1932

Un Film de King Vidor (1932)

En 1932, King Vidor accepte de réaliser un film pour Samuel Goldwyn après leur première collaboration pour Street Scene en 1931. Vidor est intéressé à l'idée de diriger Ronald Colman et il choisit lui-même une jeune figurante anglaise pour le rôle de Doris, Phyllis Barry. Il a déjà expérimenté cette manière de faire avec The Crowd où il imposa un figurant inconnu, James Murray. A l'instart de Murray, Barry ne fera qu'une minuscule carrière au cinéma. Peut-être, fallait-il toute l'intuition et l'intelligence d'un Vidor pour obtenir une caractérisation exceptionnelle de ces débutants! Une petite explication rapide du titre un peu mystérieux de ce film. Il fait référence à un vers d'un poète anglais, très connu à l'époque, Ernest Dawson: "I have been faithful to thee, Cynara, in my fashion". (je t'ai été fidèle, Cynara, à ma façon).Scène de tournage de Cynara: Vidor sous la caméra, Phyllis Barry et Ronald Colman au centre. Remarquez l'ironie du message sur la caméra (Keep it simple!)

Synopsis

Jim Warlock (Ronald Colman) est un avocat du barreau londonien voué à un bel avenir. Il est marié depuis sept ans avec Clemency (Kay Francis) et leur entente semble parfaite. Son ami, le très malicieux John Tring (Henry Stephenson) se moque de sa fidélité conjugale et lui reproche de ne jamais se "laisser aller". Le même soir, en rentrant chez lui, Jim découvre que Clemency s'apprête à partir pour Venise avec sa soeur Gorla (Florine McKinney). Furieux de voir son épouse le déserter pour protéger sa soeur de mauvaises fréquentations, il accepte néanmoins ce départ. Etant "célibataire" pour quelques semaines, Tring l'emmène dîner dans un restaurant italien du quartier populaire de Soho. Ils font connaissance avec deux jeunes vendeuses Doris Lea (Phyllis Barry) et Milly Miles (Viva Tattersall). Jim est extrèmement réticent, mais, poussé par Tring, il accepte d'aller au cinéma voisin avec les deux jeunes femmes. Durant la projection de A Dog's Life de Chaplin, Doris pose sa main sur celle de Jim, puis lui inscrit son numéro de téléphone sur une enveloppe. Jim la déchire et assure n'avoir aucune autre femme dans sa vie que Clemency. Mais, Tring a plus d'un tour dans son sac. Il accompagne Jim à un concours de beauté de natation où il s'est arrangé pour faire participer Doris.Jim donne le premier prix à Doris et comme celle-ci s'est foulée le cheville, il la ramène chez elle. Doris insiste pour qu'il reste quelques instants et avoue être amoureuse de lui. Elle combat ses réticences en lui avouant avoir eu d'autres amants, jure que leur aventure sera sans lendemain et qu'ils se quitteront dès qu'il le voudra. Doris et Jim passe quelques jours à la campagne en se faisant passer pour mari et femme. Doris est de plus en plus déprimée à l'idée de leur séparation. Jim rentre à Londres et retrouve son épouse revenue de Venise en son absence. Son attitude étrange suscite l'inquiétude de Clemency. Face à l'insistence de Doris, il accepte de la rencontrer, mais, ne lui donne aucun espoir quant à une quelconque rencontre ultérieure. Plus tard, l'amie de Doris, Milly débarque chez Jim Warlock et lui demande de mettre la main à la poche pour aider Doris qui, totalement déprimée, a perdu son travail. Sur ces entrefaites, un gendarme arrive et annonce qu'on a retrouvé le corps sans vie de Doris avec une lettre de rupture de Warlock. Jim est convoqué par le coroner qui doit statuer sur son impliquation dans le suicide de Doris. Lorsqu'il est interrogé sur la vie sentimentale de la jeune femme, il décide de taire ses liaisons passées. Sa carrière détruite en Angleterre, Jim Warlock décide de partir seul pour l'Afrique du Sud, où il repartira de zéro. Clemency, finalement convaincue par le plaidoyer de John Tring, le rejoint sur le bateau au moment du départ.


Samuel Goldwyn a acheté les droits d'un pièce anglaise pour en faire un film avec Colman. Frances Marion l'a adapté pour l'écran. L'origine théâtrale est assez évidente, malgré plusieurs scènes en extérieur. Mais, ce qui fait le prix de ce film, c'est l'originalité et le traitement du sujet : l'infidélité. Le film ne nous offre ni de bons, ni de méchants, mais des êtres humains faillibles. De même, le film nous épargne une quelconque explication pour la conduite de Jim Warlock : il a trompé son épouse en son absence sans qu'il y ait eu la moindre discorde dans leur couple. De même Doris tombe amoureuse d'un homme marié en sachant pertinemment qu'il ne quittera pas sa femme et que leur aventure est sans lendemain. Elle en paiera chèrement les conséquences. Quant à Clemency, elle ne fait aucune scène de jalousie. Elle est d'abord stupéfaite, songe à quitter Jim, avant de réaliser qu'elle l'aime toujours et de le rejoindre. Vidor était particulièrement content de cet état de fait: " En regardant le film maintenant, j'y vois en un sens un reflet de mon propre caractère et de mon attitude. La pensée conditionnée essaie de congeler les histoires d'amour dans des catégories figées avec des réponses pré-déterminées. Le travail de toute de ma vie a été de secouer cette tradition. Ce type est amoureux de sa femme, mais, est-il forcément un salopard parce qu'il aime cette autre fille? Il est attiré par elle, elle remplit un besoin qu'il a. Il a du respect pour cette fille, il l'aime bien et a de la tendresse pour elle. C'est vraiment un thème universel: l'amour n'est pas forcément confiné à une seule personne." Vidor est aussi aidé par le fait que le film a été réalisé durant cette période grise que l'on appelle Pre-Code où il est possible d'aborder plus franchement le thème de l'infidélité. Quant aux acteurs, Vidor a eu l'idée formidable d'opposer les deux stars Kay Francis et Ronald Colman à l'inconnue Phyllis Barry (qui ressemble énormément à Eleanor Boardman, sa 2ème épouse!). On y voit également le reflet de leurs différences sociales: l'avocat upper-middle-class face à la petite vendeuse. Nous sommes dans une Angleterre encore victorienne qui est fort différente de l'Amérique de l'époque. Ronald Colman se sort admirablement d'un rôle complexe, empêtré dans ses contradictions et ses mensonges. On peut aussi apprécier l'humour de son discours (qu'il donne l'impression d'improviser) lors du concours de natation. Phyllis Barry est parfaitement simple et naturelle, contrastant avec la classe et l'élégance de Kay Francis. Le film ne fut pas un succès auprès du public à l'époque; il fut certainement rebuté par les qualités même qui nous séduisent maintenant.


Le film est projeté à la cinémathèque française les 27 janvier et 1er mars prochains.

dimanche 7 janvier 2007

The Stranger's Return 1933

Un film de King Vidor (1933)
Avec The Stranger's Return, Vidor retourne à la MGM après deux films réalisées pour Samuel Goldwyn et David O. Selznick à la RKO. Mais, ce film est totalement différent des films MGM de l'époque, tout d'abord, il a été tourné à Chino, Californie, loin des studios, entièrement en décors naturels. King Vidor a accès au formidable directeur de la photo de Garbo, William H. Daniels qu'il a pu obtenir entre deux films de la Divine. Le scénario a été écrit par le scénariste de State Fair de Henry King, sorti la même année. Vidor recherchait quelqu'un qui connaisse intimement la campagne et les paysans américains.

Synopsis

Louise Storr (Miriam Hopkins), une new yorkaise divorcée, sans emploi, retourne chez son grand-père (Lionel Barrymore) qui est un fermier prospère de l'Iowa. Grandpa Storr loge gratuitement des parents éloignés dans sa ferme: la veuve de son neveu (Beulah Bondi) ainsi que sa belle-fille d'un troisième marriage et son mari. Les deux femmes n'apprécient guère l'arrivée de Louise, elle est divorcée et en plus, toutes deux lorgnent l'héritage du vieux Storr. Louise rencontre le fermier voisin des Storr, Guy Crane (Franchot Tone) et s'éprend de lui. Mais, il est déjà marié et Louise ne cherche pas à "briser le cœur de Nettie" qui d'ailleurs l'accueille en amie et sans jalousie.
Grandpa Storr semble soudain avoir perdu la tête et se met à radoter. Ses parents éloignés songent immédiatement à l'envoyer à l'asile contre l'avis de Louise. Mais, Grandpa jouait la comédie tel Volpone pour connaître les véritables sentiments de ses héritiers! Il déshérite ses parents au profit de Louise. Sa maison en ordre, le vieux Storr meurt tranquillement dans son lit. Quelques jours plus tard, Guy annonce qu'il va repartir à l'est pour enseigner l'agronomie à l'université tandis que Louise reste et devient la patronne de la ferme Storr.

L'extrème subtilité des rapports entre les personnages fait de ce film un petit bijou. Louise et son grand père sont brillamment caractérisés par Miriam Hopkins (pour une fois, dans un rôle sympatique!) et Lionel Barrymore. De même, l'attirance entre Louise et Guy évite tous les clichés sur l'adultère des films de l'époque. Leur séparation finale est émouvante et dépourvue de pathos. Quant aux paysans, ils sont remarquablement capturés dans leur milieu naturel. La scène du déjeuner pendant les moissons semble être un documentaire. Louise pour se faire accepter doit les servir à table, ce qu'elle fait avec un entreint remarquable jusqu'au moment où réalisant que l'un d'eux pousse le bouchon un peu trop loin, elle lui envoie une pie en pleine figure! La séquence est si naturelle qu'on la croirait improvisée. Si vous recherchez un film flamboyant, vous serez déçu; il se passe finalement assez peu de choses dans The Stranger's Return. Mais, si vous êtes sensible à l'atmosphère et aux rapports humains, ce film est pour vous.

Guy: I'm glad Grandpa has an accomplice at last. He's been alone too long with the various crimes…
Louise: Yes, Simon! Simon is almost his blood and kin!



Guy: Almost, but not quite! You musn't leave the old man, Louise. Your father had to because they quarelled. Your father was a Storr. But tell me, why is it that, you Storrs, when you decide anything, decide once and for all?

Louise: Well, don't you Guy?
Guy: No, I don't think so! If I make a mistake and I figure I can fix it, I always try.

Louise: Did you ever manage to fix one up?
Guy: Well, with the exception of maybe exchanging offences, I honestly don't think I ever did!

Guy: I see what you mean! Big things! Things that have a bearing on your whole life. You might be right!

Louise: Well, Grandpa always says that it's always better to make the usual number of bad decisions than to worry about things and make the same percentage of mistakes anyway!
Guy: That might be alright! It might be when the man got his mind all made up! At my age, I don't think I'd like going ahead and bang! You might just miss something you might have saved.





Guy: I've got to stop that foolishness.

Louise: What foolishness?





Guy: I wanted to kiss you. So, I kissed you! It's the Storr influence. I'm afraid I'm not sorry.

Louise: Well, I don't know how I should act.

Louise: Should I be the woman amazed? Or the woman afraid, or insulted, or compassionate, or just unknowingly wronged?

Guy: If I had thought twice about it, I wouldn't have done it. But you practically told me always to follow my first feeling about things. I did. Didn't it work?

Louise: You're a fool, Guy, if you think I'm gonna say anything you can use against me!


Louise: How many woman do you usually love at one time?

Guy: One. At one time. Sometimes, I think I am an awfull owl. Let's forget about it!

Louise: Alright, let's forget about it.

Le film est diffusé sur TCM le 10 et 26 janvier prochain ainsi qu'à la Cinémathèque Française le 27 janvier et 21 février.