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lundi 20 février 2017

Napoléon en DVD

Napoléon (1927) d'Abel Gance 

Une fois n'est pas coutume, je voudrais vous parler du coffret DVD publié par le BFI du chef d'oeuvre d'Abel Gance, Napoléon (1927) que les cinéphiles n'osaient plus espérer après des décennies d'attente. Et bien, il est maintenant vraiment là, disponible en 4 DVD (ou 3 Blu-ray) depuis le mois de novembre 2016 auprès du British Film Institute, amazon.co.uk, etc.

Bonaparte à Toulon (Albert Dieudonné)
Gance en 1925 lors du tournage en Corse*
Cette sortie est l'occasion de revisiter ce film magique qui n'était jusqu'ici disponible que dans des versions incomplètes ou des copies pirates issues des diffusions sur Channel 4 dans les années 1980. Autant dire que nous repartons de zéro avec cette magnifique restauration réalisée par Kevin Brownlow avec le British Film Institute qui dure 5h31, entièrement teintée et virée, et avec la superbe partition du compositeur Carl Davis. La restauration de ce film fut une épopée en elle-même comme me l'avait racontée Kevin Brownlow lors d'une interview en septembre 2008. Commencée à la fin des années 1960, elle avait été couronnée une première fois par une projection en novembre 1980 à Londres sous la direction de Carl Davis d'une copie de 4h50 qui souleva
Saint-Just (Abel Gance)
l'enthousiasme des spectateurs et cinéastes présents. C'est en 1981 qu'il fut présenté dans une version écourtée et accélérée (4h) au Radio City Music Hall de New York avec une autre musique signée Carmine Coppola sous les auspices de son fils Francis Ford Coppola. Dans les décennies qui suivirent, Kevin Brownlow continua son travail de dentellière pour améliorer sa restauration avec des séquences supplémentaires et des éléments de meilleure qualité. Ce travail au long cours se termina en 2000 avec une nouvelle restauration de 5h31 teintée et virée. A cause des problèmes de droit (Coppola Vs. BFI), cette version a été bloquée pendant 16 années avant d'être enfin numérisée pour faire un DVD. 
Triptyque final

On peut maintenant admirer l'excellente qualité de cette copie réalisée à partir d'éléments très divers et qui forme un tout parfaitement cohérent grâce à un étalonnage impeccable. En plus, le teintage numérique est superbe, réussissant même à recréer des teintages et virages complexes que plus personne ne sait faire chimiquement comme ce viré bleu-teinté rose pour figurer l'aube sur les Sanguinaires (voir ci-dessous).

Jules Kruger avec sa caméra lors du tournage à Briançon
des séquences de Brienne*
Avoir un DVD de ce film est aussi l'occasion de pouvoir l'explorer à l'envie et cela permet de passer du temps à redécouvrir des séquences excitantes ou émouvantes. Il faut le répéter ce film n'est pas une pièce de musée ni un pensum qui provoque l'ennui. Gance a conçu un film épique à hauteur de spectateur qui est parfaitement équilibré en action, suspense et même humour. Je l'avais déjà comparé à Alexandre Dumas pour sa manière romanesque de réécrire l'histoire de France en mêlant fiction et vérité. Il veut nous faire revivre la Révolution Française en utilisant des méthodes révolutionnaires, techniquement parlant. La caméra cesse d'être immobile sur un trépied. Le caméraman la transporte attachée sur sa poitrine. De multiples autres procédés sont inventés pour la déplacer sur une luge, un pendule, une bicyclette, etc. Chacune de ces prouesses techniques est au service du récit et ne cherche pas à être une simple prouesse sans objet. Ainsi, une caméra est fixée sur le dos d'un cheval lors de la fuite de Bonaparte à cheval
en Corse. D'ailleurs, je voudrais mentioner ici que la caméra embarquée à dos de cheval est une caméra Debrie modifiée par l'ingénieur Simon Feldman avec un moteur à air comprimé (comme il l'a dit à Brownlow lors d'une interview) et pas du tout l'Aéroscope Proszynski, une imposante caméra à air comprimé, comme je l'ai entendu plusieurs fois à des conférences à la Cinémathèque française. 
Gance dirige à coups de révolver en Corse*
Il faut aussi saluer la performance des acteurs que Gance a réussi à galvaniser en utilisant parfois des méthodes étranges. Armé d'un révolver, il dirige la famille Bonaparte en Corse lors de sa fuite (voir ci-contre). Mais, Gance est souvent plutôt dans la démonstration du rôle comme pour la scène des Trois Dieux où il mime à Danton (Alexandre Koubitsky) ce qu'il doit faire. Ces formidables scènes de tournage sont visibles dans le documentaire de Kevin Brownlow, Abel Gance - The Charm of Dynamite (1967) qui est offert en supplément sur le 4e disque.
A Billancourt, Gance dirige les Trois Dieux*
Grâce à la superbe qualité de l'image, on peut admirer les compositions de Gance que ce soit en extérieurs ou en studio et qui est encore plus sensible avec le teintage.
Préparation de la bataille à Toulon

Les Gendarmes à la poursuite de Bonaparte en Corse
A la Convention, l'ombre de Bonaparte sur la déclaration des
droits de l'homme et du citoyen
Sous la pluie battante à Toulon
Laetitia (Eugénie Buffet) à bord du Hasard
retrouve son fils
Bonaparte enfant à Brienne (Vladimir Roudenko)
L'un des éléments les plus importants de cette restauration outre la qualité de la copie est sans aucun doute la magnifique partition composée par Carl Davis. Davis l'a enregistrée dans des conditions optimales, comme pour un disque de musique classique, dans un studio dédié avec un des meilleurs orchestres londoniens, le Philharmonia Orchestra. Et le résultat est là: une dynamique, une richesse dans les détails et les couleurs juste époustouflante. Davis ne se contente pas de citer les grandes oeuvres de Beethoven ou Mozart. Il a travaillé avec de grands orchestrateurs comme Colin et David Matthews, qui sont eux aussi compositeurs. (Colin Matthews est également l'auteur d'une version reconstruite de la 10e symphonie de Mahler). C'est tout simplement le plus bel enregistrement musical pour un film muet que j'ai jamais entendu. De plus, Davis est l'un des rares compositeurs capables de suggérer les émotions intérieures des personnages au lieu de rester à la surface des choses. Il est également insurpassable pour les scènes de bataille qu'il sait orchestrer de façon à guider notre regard vers les moments importants, tout comme pour sa partition pour Intolerance (1916) de D.W. Griffith.
L'Armée d'Italie (à La Garde près de Toulon)
Et puis, il y a le triptyque final. Ce moment de cinéma unique qui évidemment est fait pour être vu sur grand écran. Cependant, la magie de cette séquence agit malgré tout sur mon petit écran de télévision. Les restaurateurs du BFI ont réussi à produire une image presque sans raccords entre les trois panneaux qui montre le travail incroyables des techniciens et opérateurs qui travaillaient avec Gance. Le Cinérama avant sa création. On termine le visionnage en chantonnant "Le Chant du départ" de Méhul. Un vrai bonheur.
La Cinémathèque française a dit qu'elle ferait sa propre restauration. Cela sera très difficile de surpasser ce DVD.

Vous pouvez lire sur ce blog l'interview de Kevin Brownlow à propos de Gance et celle de Carl Davis à propos de sa partition. Et je vous recommande la lecture de l'ouvrage de Kevin Brownlow, Napoleon, Le grand classique d'Abel Gance (Armand Colin, 2012) que j'ai traduit en français.

[Les captures d'écran suivies d'une étoile proviennent du documentaire The Charm of Dynamite.]

dimanche 2 novembre 2014

En Angleterre occupée de K. Brownlow (VII)


Une nouvelle critique d'En Angleterre occupée vient de paraître dans la revue Positif  N°645, novembre 2014 :

vendredi 25 juillet 2014

En Angleterre occupée de K. Brownlow (VI)

Une nouvelle critique du livre En Angleterre occupée - Journal d'un tournage vient de paraître dans la revue du court-métrage Bref N°112, juillet 2014:


jeudi 24 juillet 2014

En Angleterre occupée de K. Brownlow (V)

Avec un peu de retard, voici l'excellente critique du DVD et du livre En Angleterre occupée publiée dans L'Ecran fantastique de mai 2014:


jeudi 27 mars 2014

En Angleterre occupée de K. Brownlow (IV)

Une nouvelle critique d'En Angleterre occupée est maintenant en ligne sur DVDClassik.
Et pour celles et ceux qui désireraient en savoir (beaucoup) plus sur les origines et le destin d’un des projets les plus atypiques de l’Histoire du 7ème Art, l’on recommandera une nouvelle fois la lecture d'En Angleterre occupée. Journal d’un tournage, édité en français au début de l’année 2014 aux éditions de La Tour Verte.

mardi 18 mars 2014

En Angleterre occupée de K. Brownlow (III)


Une excellente critique dans le supplément télévision du Monde daté du dimanche 16-lundi 17 mars 2014. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

dimanche 16 mars 2014

En Angleterre occupée de K. Brownlow (II)


Première critique de ma traduction de l'ouvrage de Kevin Brownlow dans le supplément du dimanche du  Républicain Lorrain du 16 mars 2014 (cliquez sur l'image pour agrandir):

dimanche 2 février 2014

En Angleterre occupée - Journal d'un tournage de K. Brownlow (I)


Le 24 février prochain, le livre En Angleterre occupée - Journal d'un tournage de Kevin Brownlow, dont je suis la traductrice, sort en librarie aux Editions La Tour Verte. Simultanément le film En Angleterre occupée (1966) de K. Brownlow et A. Mollo sort en DVD (sous-titré français) chez Doriane Films, également le 24 février. Les pré-commandes sont désormais ouvertes sur le site FNAC pour le DVD. Le livre est en pré-commande sur le site de La Tour Verte, celui de la FNAC et sur Amazon.fr.

Si vous n'êtes pas familier de ce film de politique-fiction qui imagine l'Angleterre envahie par les Allemands durant la Seconde Guerre Mondiale, vous pouvez lire l'interview que j'ai réalisée avec Kevin Brownlow en 2008 où il m'avait longuement parlé de ce projet fou: comment un adolescent de 18 ans a réalisé un film de guerre au sujet explosif avec un budget dérisoire et des acteurs amateurs. L'interview est également disponible en traduction française.

jeudi 5 décembre 2013

Napoléon (1927) d'Abel Gance au Royal Festival Hall le 30 novembre 2013

Napoléon à Londres le 30 novembre 1980
La projection du Napoléon le 30 novembre dernier marque exactement le 33e anniversaire de la première présentation du film restauré par Kevin Brownlow avec la partition de Carl Davis, cette dernière étant un des éléments les plus importants de cette restauration. Depuis cette première projection avec orchestre (antérieure même à la projection new-yorkaise de janvier 1981 avec la partition de Carmine Coppola), le film a pris de l’ampleur. De 4h50, il est passé à 5h31, des erreurs de montage ont été corrigées et la qualité des éléments a été grandement améliorée.
C’est dans des conditions optimales que le public londonien a pu apprécier ce film français monumental avec en prime un des tous meilleurs orchestres de Londres, le Philharmonia Orchestra dirigé par Carl Davis lui-même. La salle archi-pleine a réagi au quart de tour à tous les mots d’auteur et autres clins d’œil dont Gance a parsemé son film. C’était un sérieux contraste par rapport à l’expérience particulièrement pénible que j’avais vécu à la Cité de la Musique en décembre 2009 où avait été présenté une restauration ancienne de Kevin Brownlow (de 1983) avec la partition sinistre de Marius Constant en décalage total avec le film. J’avais fui la salle au premier entracte, profondément déprimée par cette partition lugubre, de voir le public s’ennuyer mollement et d’entendre les ricanement d’autres spectateurs.
Assister à une projection de Napoléon, c’est un marathon. Mais, il n’y a pas de temps morts. Les deux premières heures passent à une rapidité confondante. Gance concentre dans la première partie une quantité d’innovations techniques incroyables : caméra portée, sur une luge, à dos de cheval, suspendue sur un pendule, écran divisé, montage frénétique, grand angle, etc. Cette débauche d’innovations pourrait n’aboutir qu’à une série de séquences pour épater le spectateur. En fait, Gance utilise toujours la technique au service de la narration. Il nous plonge dans l’univers de l’école de Brienne et de la Révolution française avec une acuité visuelle qu’il ne renouvellera jamais par la suite.
Carl Davis part d’un principe qui me semble évident : la primauté doit rester au film lui-même. Il n’est pas question de tirer la couverture à lui en ignorant le rythme, l’émotion et l’ambiance générale du film. Il met donc en lumière les personnages de Gance avec leurs émotions directes : amour, solitude, désespoir, passion. Il ne cherche pas un second degré qui n’existe pas dans le langage visuel de Gance. Il illustre à la perfection les états d’âme du petit Bonaparte victime de ses camarades tout autant que la montée en puissance de la Marseillaise au couvent des Cordeliers. Quand on songe que Carl Davis a composé cette partition en seulement trois mois et à une époque où la composition pour le cinéma muet n’était pas encore revenue à l’ordre du jour, on ne peut que tirer un coup de chapeau à l’auteur. En mêlant les compositeurs de l’époque napoléonienne (Beethoven, Haydn, Mozart, Gossec, Dittersdorff) à ses propres thèmes (en particulier celui de l’aigle), il recrée l’ambiance dans la laquelle vivait tous les personnages à l’écran. Il ne faut pas oublier que la période révolutionnaire le fut aussi au niveau musical. Beethoven révolutionnait la symphonie et secouait la tradition classique pour faire éclore le Romantisme.
Le spectateur français se demande toujours comment réagir face au personnage de Napoléon, les préjugés entrent en scène et empêchent parfois d’apprécier le film de Gance tel qu’il est : un grand livre d’images animées, épique, flamboyant avec l’humour d’un Alexandre Dumas. Le public anglais ne se pose pas ce genre de questions et apprécie tous les aspects humoristiques.
Cette dernière restauration est teintée et virée. Si les teintes ambrées apportent une chaleur bienvenue à de nombreuses scènes comme pour la Marseillaise, par contre le teintage rouge rend parfois certaines scènes difficiles à distinguer. Le meilleur exemple est la bataille de Toulon. Entièrement tournée en studios, Gance réussit le tour de force de suggérer les éléments déchaînés, la pluie battante, la boue et les morts qui s’entassent. Alors que dans la version de 1983 en noir et blanc, cette scène m’avait beaucoup impressionnée par sa construction, j’ai eu ici beaucoup de mal à en suivre le déroulement à cause du manque de contrastes apportés par le rouge et les lumières réverbérées de l’orchestre. Elle en a d’ailleurs dérouté plus d’un. Elle mérite cependant d’être revisitée car c’est une magnifique réussite mêlant chaos et intimité superbement accompagnée par l’Egmont de Beethoven. Cette scène n’était pas à son avantage ce samedi à cause des problèmes précités.
Le triptyque final est un moment inoubliable pour tout spectateur qui a eu la chance de le voir ainsi projeté sur grand écran. Deux rideaux s’écartent et révèlent soudain un écran trois fois plus large sur lequel un immense panorama (une carrière près de La Garde figurant l’entrée en Italie) apparaît. Pour cette séquence magique, Carl Davis a utilisé des variations sur Le Chant du départ de Méhul qui furent composées par Honegger lors de la première du film. Davis réitère les motifs principaux qui sont couronnés par une Marseillaise flamboyante et un drapeau tricolore qui apparaît à l’écran. Cette célébration de la France révolutionnaire – que nous n’oserions peut-être pas réaliser en France - donne à Londres une sorte d’exaltation de 14 juillet festif et joyeux. Napoléon est une expérience totale, visuelle, émotionnelle et musicale dans cette restauration. C’est un moment unique pour tout spectateur qui a eu la chance d’y participer.
Si vous voulez en savoir plus sur le film, vous pouvez lire mes interviews de Kevin Brownlow et de Carl Davis ou lire le livre de Kevin Brownlow sur la restauration du film (dont je suis la traductrice). Vous pouvez aussi jeter un oeil à une scène perdue du film dont j'ai retrouvé et animé des photogrammes.

jeudi 4 avril 2013

Napoléon et Capellani (III)


Quelques nouvelles critiques du livre de Kevin Brownlow, Napoléon - Le grand classique d'Abel Gance, dont je suis la traductrice:

Sur le site DVDClassik par Jérémie de Albuquerque:

Pas besoin d’avoir vu Napoléon vu par Abel Gance pour lire cet ouvrage : chaque partie se dévore comme un bon roman d’aventures, porté par le style très fluide et la passion de Brownlow. Son récit commence par la découverte d’un fragment du film sur une vieille copie 9,5 mm, durant son adolescence. Subjugué par les images, il se lance dans une quête sans fin pour obtenir la version la plus complète. Cherchant à récupérer le plus de copies différentes possibles, il rencontre sur sa route moult obstacles, au premier rang desquels la Cinémathèque française : cette dernière lui mettra régulièrement des bâtons dans les roues mais lui offrira, souvent involontairement, certaines de ses plus grandes découvertes.

Et sur le site Forgotten Silver par Loic Guitton:

Des premières tentatives de « reconstructions » réalisées en amateur (à l’aide notamment de bobines dénichées au puces de Saint Ouen) jusqu’aux travaux minutieux opérés avec différentes cinémathèques internationales (et notamment les relations parfois conflictuelles avec un Henri Langlois au comportement jalousement « conservateur »), le livre se dévore telle une enquête historique d’un archéologue à la recherche du Graal. C’est également, en filigrane, un portrait intime et très touchant de Gance (en même temps que de Brownlow), dans lequel transparaît à chaque ligne le respect et l’admiration (sans flagornerie, puis l’ouvrage n’est pas tendre avec lui à plusieurs reprises) de l’auteur pour cette figure du 7ème art. ..Indispensable.

Quant à mon livre, Albert Capellani - Cinéaste du romanesque, j'ai été interviewée à son sujet par Jean-Max Méjean pour Le Nouvel Observateur:


À l’époque du tout numérique, du film d’action et des effets spéciaux à outrance, Christine Leteux se penche à son tour sur le cinéma muet et nous révèle une perle inconnue en France. En effet, qui a déjà entendu parler d’Albert Capellani au pays de la soi-disant cinéphilie? Même pas moi, c’est dire ! L’occasion de le (re)découvrir, grâce à ce joli livre d’historienne passionnante et une rétrospective à la Cinémathèque française, arrive à point nommé. En attendant une pluie de DVD et le cinéma dont Christine Leteux rêve pour nous montrer tous les films que ni la télé, ni l’industrie cinématographique ne diffusent. Alors que notre patrimoine muet regorge de chefs-d’œuvre. 


jeudi 7 février 2013

Napoléon - Le grand classique d'Abel Gance de Kevin Brownlow (II)

Voici une première critique du livre de K. Brownlow que j'ai traduit.

Le Nouvel Observateur, 7 février 2013:

"En 1983, au Palais des Congrès, on a vu enfin la copie restaurée de Napoléon, long de cinq heures et quinze minutes. Un choc. Depuis sa première projection à Paris en 1927, le film n'a cessé d'être tronqué, coupé, mutilé. Il fallait un dingue de cinéma, comme Kevin Brownlow, pour en retrouver des bribes, alors qu'Abel Gance y avait renoncé. Ce livre passionnant est le récit de cette quête de quarante ans. Dans les foires, les brocantes, les cinémathèques, les boutiques, les cabines de projection, les marchés, Brownlow remonte le patchwork du film - et de sa propre vie. Un oscar d'honneur lui a été décerné en 2011." 
François Forestier

mercredi 28 novembre 2012

Napoléon - Le grand classique d'Abel Gance de Kevin Brownlow (I)

La première traduction française de l'ouvrage essentiel de Kevin Brownlow sur le chef d'oeuvre d'Abel Gance sort aujourd'hui en librairie. Je suis la traductrice de ce magnifique ouvrage qui relate le tournage épique et la reconstruction non moins épique réalisée par Kevin Brownlow. Vous pourrez entrer de plein pied dans le tournage du film et assister aux moments de bonheur et de désespoir du réalisateur. Quant à la reconstruction du film, c'est un projet de longue haleine, avec des embûches innombrables, qui a demandé une obstination de tous les instants. Ce livre est à la fois autobiographique et un roman policier haletant. Vous pouvez dès maintenant lire l'interview de Kevin Brownlow que j'ai réalisée à propos du film de Gance et jetez un oeil sur une animation d'une scène de Napoléon.

Kevin Brownlow et un costume d'enfant de la séquence de Brienne

mardi 7 février 2012

La Parade est passée... de Kevin Brownlow (IV)

Une interview de l'auteur a été publiée dans le supplément CinéTéléObs du Nouvel Observateur du 2 février 2012, à propos de la parution de La Parade est passée...

dimanche 29 janvier 2012

La Parade est passée... de Kevin Brownlow (III)

Dernière mise à jour concernant les critiques et autres chroniques à propos de l'ouvrage de Kevin Brownlow dont je suis la traductrice. Le 6 janvier dernier, Olivier Barrot lui a consacré un numéro de son émission de France 3, Un Livre Un Jour:
En matière de cinéma, il a assez peu d’ouvrages classiques et indispensables à l’instar par exemple des entretiens entre Alfred Hitchcock et François Truffaut. Eh bien, il vient de s’en ajouter un, La Parade est passée… de l’anglais Kevin Brownlow, traduit en français plus de quarante ans après sa sortie par l’Institut Lumière de Lyon et les Editions Actes Sud. Nulle doute que ces 1000 pages prodigieusement illustrées entreront dans la bibliothèque de l’honnête homme qu’il soit cinéphile ou non, tellement leur intérêt dépasse, et de loin, le seul 7ème Art. La Parade est passée… entrepris à la fin des années 60, offre la plus passionnante plongée au cœur du premier âge d’or d’Hollywood qui s’étend en gros sur deux décennies du XXè siècle, entre 1910 et 1930 alors que le cinéma est évidemment encore muet et n’imagine absolument pas un jour pouvoir parler. Epoque pionnière qui voit l’industrie jusqu’alors dominée par les français, s’installer définitivement sous le soleil de Californie. A partir d’entretiens avec des réalisateurs, des acteurs, des techniciens, des producteurs, Kevin Brownlow redonne vie pour toujours au cinéma d’antan. Quelle parade somptueuse ! Voici les metteurs en scène D.W. Griffith, que Brownlow compare à Dickens, Allan Dwan auteur de plus de 400 films, Josef von Sternberg, Cecil B. DeMille et les autres. Voici les comiques : Harold Lloyd, Buster Keaton, Charlie Chaplin et leurs gagmen, ces inventeurs de scènes comiques qui étaient payés comme des stars. Les patrons de studio Louis B. Mayer, David O. Selznick, Irving Thalberg, et les stars, les vraies : Gloria Swanson, Douglas Fairbanks, Marlene Dietrich, Garbo… A cette liste fabuleuse s’ajoute un français auquel Brownlow voue une admiration sans bornes : Abel Gance.

Chronique de Philippe Meyer sur France Culture le 24 janvier 2012:
Auditeurs sachant auditer, ce n’est pas pour me vanter, mais le succès vers lequel ne cesse de voler le film de Michel Hazanavicius The Artist, devrait s’étendre à l’épopée du cinéma muet signée Kevin Brownlow. Grâce aux éditions Actes Sud et à l’Institut Lumière, nous pouvons enfin découvrir La Parade est passée…, monument enrichi de nombreuses photographies. Dès son adolescence dans les années 50, Brownlow a aimé la capacité du muet à susciter la participation du public, à solliciter son imagination. Il s’en est fait l’orpailleur, chinant des copies partout où cela était possible et réussissant entre autres exploits, après 20 ans de recherche, à reconstituer le Napoléon d’Abel Gance, et à en identifier dix-neuf versions différentes. L’an dernier, Hollywood l’a remercié par un Oscar. L’érudition passionnée de cet historien, cinéaste, monteur, documentariste et restaurateur ne connaît pas de limites. Il est capable de dresser le portrait de n’importe quel producteur, depuis Carl Laemmle, patron d’Universal, qui employait 14 membres de sa famille, mais qui fut capable de donner sa chance à un Irving Thalberg de 21 ans, jusqu’à Louis B. Mayer dont les successions de jérémiades et d’explosions de colère, faisaient dire qu’il était le meilleur acteur de ses studios. Tous partageaient une virtuosité comptable à faire pâlir tous les Bernard Tapie du monde. Il y en fut qui mirent 30 ans à payer certains droits d’auteur, d’autres qui persuadèrent un acteur d’accepter un rôle en échange d’un smoking sur mesure ou qui achetèrent des emplacement publicitaires dans les journaux professionnels pour exhorter les exploitants, je cite, ‘à se servir du cerveau que Dieu leur avait fourni’. Ce sont souvent ces pittoresques caractéristiques que l’on a retenus de leur personnalité. Brownlow qui connaît leur rôle dans tous les films qu’ils ont produits, montre comment il a fallu à certains d’entre eux, réunir les qualités de Napoléon, de Falstaff, de Peter Pan, de Shelley et de John Pierpont Morgan. S’il est devenu familier de ces géants à force de rencontres et de recherches, Kevin Brownlow l’est tout autant des obscurs longtemps absents des génériques. Leurs initiatives, leurs enthousiasmes et leurs inventions ont été la richesse de ce cinéma naissant dans l’excitation de l’esprit pionnier. Les électriciens inventaient des lampes à arc capables de simuler le craquage d’une allumette, les cameramen improvisaient des vitesses de tournage de leur manivelle pour accélérer ou pour ralentir l’action. Les cascadeurs risquaient différentes sortes de morts. Les directeurs de production finissaient en maison de repos, voire en asile psychiatrique. On nageait dans l’épique. Mais, l’épique peut être aussi comique, comme le montre l’histoire du tournage du premier Ben Hur, depuis les difficultés d’obtenir les droits de ce roman à succès mondial devenu pièce de théâtre, jusqu’aux innombrables retards, accidents, catastrophes et coups fourrés, qui émaillèrent l’aventure de ce film tant à Los Angeles qu’en Italie. Mussolini s’en mêla. Les luttes entre fascistes et anti-fascistes provoquèrent des échauffourées entre techniciens comme entre figurants. Certains décors qui devaient être construits en 7 semaines n’étaient pas terminés au bout de 7 mois. Les accidents de tournage furent si nombreux et si variés, et souvent si sérieux pour les hommes et comme pour les chevaux, qu’ils pourraient constituer le scénario d’un film catastrophe. Les chinois interdirent le film pour cause de propagande chrétienne. Mussolini l’interdit aussi lorsqu’il découvrit que Ben Hur, prince de Judée, triomphait de Messala, militaire romain. Le Duce avait encouragé le tournage sans avoir lu le roman de Wallace. Sic transit Gloria Swanson. Le ciel vous tienne en joie.
Et pour finir, voici la critique de Jean-Pierre Berthomé parue dans la revue Positif de février 2012:

jeudi 29 décembre 2011

La Parade est passée... de Kevin Brownlow (II)

Petit retour sur la sortie de La Parade est passée... dont je suis la traductrice. Vous pouvez voir ci-dessous l'interview de Kevin Brownlow diffusée le 6 novembre dernier dans Viva Cinéma sur Ciné Classic:
La Parade est passée... par Kevin Brownlow on Vimeo.

Voici une sélection de critiques parues dans la presse. Dans Les Cahiers du Cinéma du mois de décembre 2011:
Dans Libération du 9 novembre 2011:
Dans Télérama du 9 novembre 2011:
Dans La Quinzaine Littéraire du 16-31 décembre 2011:
On trouve aussi des critiques sur le net dans L'Humanité du 23 novembre 2011, sur le blog de la Revue Cinéma Versus du 5 décembre 2011, de L'Express du 23 décembre 2011 et sur le blog de France-Inter de Laurent Delmas le 1er décembre 2011. De plus, Olivier Barrot parlera du livre dans l'émission de France 3Un Livre Un Jour du vendredi 6 janvier 2012 à 17h20.

mercredi 19 octobre 2011

La Parade est passée... de Kevin Brownlow (I)


La première édition française de ce livre essentiel sur l’histoire du cinéma muet américain sort aujourd’hui en librairie. Je suis particulièrement fière de la publication de ce livre car j’en suis la traductrice. Si vous vous intéressez au cinéma muet - ou même au cinéma tout court - ce livre est pour vous. Vous entrerez de plein pied dans l’univers du cinéma des années 10 et 20 grâce aux interviews de nombreux metteurs en scène, acteurs et techniciens qui parlent avec enthousiasme de leurs débuts dans le métier. Loin de tout jargon universitaire, le livre est écrit dans un style alerte qui fait revivre cette période d’expérimentation et d’innovation.
Si vous voulez en savoir plus sur l’auteur de l’ouvrage, vous pouvez lire l’interview que j’avais réalisée en 2008 sur ce site. N’hésitez pas à laisser vos commentaires sur le livre si il vous a plû. Bonne lecture !
Revue de presse maintenant disponible ici.

lundi 15 novembre 2010

Kevin Brownlow Interview (Part V)

Part 5
D.W. Griffith and Cecil B. DeMille
For this last part, Kevin talked about two of the most important American directors of the teens. Griffith and DeMille were great innovators and also controversial figures. We discussed both aspects.
Vous pouvez lire la traduction française et écoutez des extraits sonores ici.

In 1993, you made a three-part documentary on DW Griffith with David Gill (DW Griffith: Father of Film). What was the influence of Griffith on other film-makers at the time of The Birth of a Nation?
Hardly anybody that I interviewed didn’t rave about Griffith and didn’t acknowledge The Birth of a Nation as the greatest thing they’d seen. What is extraordinary to me now is that we didn’t discuss the politics. Now I’d seen the picture at a 13 year old with a school friend at the Everyman Theatre in Hampstead when they were running the sound version. And the sound version is catastrophic because it’s speeded up. Griffith having shot it at 16 fps, it’s now shown at 24 fps. It looks absolutely ridiculous. It’s also terrible quality and we both came out saying: “What a load of rubbish!” But we didn’t respond to the fact that the Ku Klux Klan were the heroes and the blacks were the villains. And when I spoke to people who remembered the picture, the first time round, they all regarded it as cowboys and Indians, besides being tremendously proud of the film as a member of the industry who produced it. And raving about Griffith. I don’t remember anybody pointing out the all to obvious fact that it was wildly racist! So that is curious. When I saw a Sight & Sound poll of the greatest films, they asked the great film makers what films they regarded as memorable, Carl Dreyer –of all people!- chose The Birth of a Nation as number one. So despite the riots they talk about and the protests at the time, it obviously had a very different reaction on people. And I think that the appalling thing to admit is that it was generally accepted that blacks were not exactly sub-human but getting that way. And these wonderful men in white were indeed worthy of being the heroes. The ironic thing is Griffith and Dixon who wrote The Birth of a Nation, were opposed to the resurgence of the Klan which The Birth of a Nation did so much to help. However, if you take part one, it is the most moving pacifist film. It’s only in part two that it gets really vicious…but it’s so exciting…to think that it’s a film made in 1915. If you see it with an orchestra, it’s absolutely pile driving, the ride of the Valkyries being played for the ride of the Klan. But you don’t show it in public, it’s still the most controversial film ever made. I tell you one thing, Madam Sul-Te-Wan who was a black actress in The Birth of a Nation was asked about Griffith and she said: “If my father and Mr Griffith were drowning in the river, I’d step on my father to rescue Mr Griffith.”

The Birth of a Nation is nowadays a very controversial film. Its blatant racism makes it a very disturbing feature. In the documentary, you managed to give a very balanced view of the film and its film-maker. How did you start to tackle this difficult subject?
Well, a miracle happened! We were making a film about Harold Lloyd and went to see one of his kid actors, Peggy Cartwright who played in one of his two-reelers and she was in her late 70s, I suppose. And the last person you would think would introduce a husband who was black. She was married to an actor called William Walker and he had been at the first showing of The Birth of a Nation and he gave us an account of what it was like to see that film as a black man and it was terribly moving. And what we couldn’t include was his description of how after the show he stood on the street and watched the Klan march. But that was the absolute miracle of good fortune that we found somebody who was so eloquent about the picture. And I thought that was enough. But PBS in America, decided we had to have two black academics as well. So for the American version, they got John Hope Franklin and without checking they got Tom Cripps who has written a lot about black films, only he’s white! (laugh) They were very dismayed when he arrived for the filming and discovered they got the wrong man. (laugh) Anyway, I don’t think what either of them say changes the balance of what we had with William Walker.
But I do think that The Birth of a Nation ought to be seen and not censored. It’s not the American way to censor pictures. I think it’s even against the Constitution. They tried hard enough over the years. It’s always been disastrous. If you hide something away, and then build up the reputation, I think it does more damage than showing it and letting people make up their own mind. But in that case, for that film, you really have to show it looking at its best for the artistic impact was so enormous and you need to know why. Nobody remembers now that Fox put out a picture in the same year called The Nigger (1915, Edgar Lewis). But the film is lost and nobody bothers about it. But that was just as controversial in its way, in its small way, as The Birth of a Nation.

Do you think that Griffith has been sometimes overrated at the expense of other lesser-known film-makers of the time?
Yes, I do. I don’t think he invented all those things that he was supposed to have invented. To suggest he invented the close-up is to deny all the portrait painters since the beginning of painting. Not to mention that the very very first motion picture that you can see is Edison like Fred Ott's Sneeze is in close-up and that’s 1894! And Griffith began directing in 1908. But he did use these techniques extremely effectively. But there are other directors who made marvellous films. Particularly, lost names like Reginald Barker who made The Italian (1915). The early Tourneurs, the early De Milles, Mickey Neilan’s Amarilly of Clothe-Lines Alley (1918) and Stella Maris (1918), the films of John H. Collins and Raoul Walsh’s Regeneration (1915). But also, Griffith was technically highly praised but in fact, could be extremely odd. His editing was unique. He knew narrative editing and that was extremely effective. But continuity editing, cutting from mid-shot to wide-shot. Say, a warrior unsheathing his sword, he does it twice. He overlaps it. Nobody else did that in Hollywood. They immediately got the idea that you make it a smooth transition that makes it almost seamless. So looking back at Griffith work, some of it looks extremely primitive. He’ll suddenly cut to a close-up against pure black in a studio lit, whereas the wide shot is outside! Maddening… And yet, he is undoubtedly brilliant with films like Broken Blossoms (1919), Intolerance (1916), True Heart Susie (1919). Absolutely amazing. And some of the Biographs are superb and stand up wonderfully today. Something like The Knight of the Road (1911) about a tramp in the California fruit farm is brilliant and he did these without script, just knocked them off in a couple of days. Although I remember one of his actresses saying how extravagant he was. So he probably used up a lot of film making them. But I do think..that’s why I’d like to write a book, I’d like to repeat Francis Lacassin’s title an Anti-History of the Cinema [Francis Lacassin: Pour une Contre-Histoire du Cinéma, 1972] and bring forward those directors that have been so overlooked over the years.

For somebody who has never seen any Griffith pictures, which one would you recommend as a starter?
We were shown a beautiful new print of The Lonely Villa (1909) at Pordenone Silent Film Festival, together with the two films that had inspired it [Le médecin du château (Pathé 1908); Terrible Angoisse (Lucien Nonguet, Pathé 1906)]. They would be an ideal start. Then I would go on to another Biograph like The Musketeers of Pig Alley (1912) or The Unseen Enemy (1912) preferably in an original print off the negative, because they are so superb to look at. And many of the negatives survive. I would definitely start with that and then something like Broken Blossoms (1919). Intolerance (1916) is a crazy film but it’s also a masterpiece, if you have a live orchestra and huge screen, it has tremendous impact.

In 2003, you directed a two-part documentary on Cecil B. DeMille (Cecil B. DeMille: American Epic) covering his silent and talkie period. What made DeMille such an innovative director in the silent era?
The obvious things like dynamic lighting which other people weren’t using so early. I think The Cheat (1915) is as great film as they said it was. The atmosphere is dependent on that extraordinary lighting that he developped. He took a lot from David Belasco but we don’t know what was going on in the theatre at those days so one assumes it all starts in the movies. I am a terrible film critic when it comes to describing these things…There is an energy about those teens DeMille. For a man who was able to shot The Cheat (1915) during the day and The Golden Chance (1915) at night. I mean that is energy. But he puts it in the picture as well. They all those teen films…they’re not too long. They are very well made. They’re beautifully lit, fantastic use of locations, often very interesting themes, especially Kindling (1915). And I think those marital pictures are marvellous too. But, by the time the 20s come, they get awfully silly and yet he is able to direct a film like The Godless Girl (1929) which is brilliant.
An important point about DeMille. He wasn’t the sort of innovative director like Eisenstein was by any means. What he established was the future look of Hollywood films. Other directors went along his route rather than imitating Griffith. And his pictures became incredibly overblown and almost ridiculous as they did in the mid-1920s so did the others. But his films of the teens, I find the most interesting.

The French Cinémathèque is organising a DeMille retrospective in April-May 2009. Which films among DeMille silents would you recommend as must see?

The silent films I would recommend for the DeMille season:
Certainly The Godless Girl (1929); Why Change your wife? (1920); Whispering Chorus (1918) is an exceptionnal masterpiece, The Little American (1917) is a lot better than you think and it’s also had a great influence on The Four Horsemen of the Apocalypse (1921, R. Ingram); Joan the Woman (1917) I suppose ought to be seen, a lot of it is very good; The Heart of Nora Flynn (1916), The Golden Chance (1915), The Cheat (1915) one the most important films of the teens; Kindling (1915). I only stop there because there are so many of them. But The Captive (1915), The Warrens of Virginia (1915), The Girl of the Golden West (1914), What’s his name? (1914) are very good too. All those teens films need to run at 21 fps and The Godless Girl at 24 fps.

DeMille is also a controversial figure for his involvement in the Director’s Guild during the McCarthy era. There was a very tense general meeting in October 22nd, 1950 involving Joseph L. Mankiewicz, then acting director of the Guild, John Ford and all the directors of Hollywood. Could you sum up what happened during this meeting and tell us what you discovered regarding John Ford’s involvement?
As a matter of fact, I can! We interviewed various people for the DeMille film and even before that everybody that was there that I spoke to confirmed the story that DeMille had picked up the list of the 25 directors who had signed the petition to hold this meeting that they were at. And said: “ How interesting some of these names such as Zinnemann, Wilder, Wyler”…and it became one of the standard Hollywood stories when the Director’s Guild of America made a film about themselves, Mankiewicz was interviewed and repeated that story including the wonderful moment when John Ford gets up and says: “My name is John Ford and I make westerns. I admire you Cecil, but I don’t like you.” Now, there are a couple of documentaries coming out and I believe a book, on this subject. And the transcript of the Director’s Guild meeting has also come to light. And I’ve just looked at it and when Cecil DeMille is supposed to pick up the list of names and read them out in that sinister way, he actually doesn’t. What he does is, he reveals, the Communist front organisations that they belong to. But he doesn’t name names. Now, that was a pretty serious thing to do at that McCarthy period, it could lead to people losing their jobs. But as I say, he did not name names. A little later, Rouben Mamoulian gets up and he says a curious thing: “For the first time, I am ashamed of my accent. I always thought I was an American but now I realise..” and I think what has happened is very difficult to explain this clash. It went on for hours and hours. And these men, after all, were story tellers and they did exactly what DeMille did in his history films. They bend history a little bit to make it work as showmanship. So to make the story work, they’ve taken that accent thing from Mamoulian and put it on to DeMille. As a result, we are going to have to change the sequence in the documentary. Does that do it?
Now, John Ford got up and he said: “My name is John Ford and I make westerns.” And he talked about Cecil B. DeMille being…everybody knows his films make more money than anybody else..etc.. “But I don’t like you, Cecil!” And he won the heart of all those directors that were at the meeting. Now, when we were making the film, Cecilia Presley-DeMille, C.B.’s granddaughter, told us that actually her grandfather had received a letter from John Ford, after that meeting, praising his performance and saying what a great man he was. And that’s in DeMille papers at Brigham Young University.
"DEAR MR DE MILLE, I WISH TO HAVE IT FORMALLY RECORDED ON PAPER,WITH MY SIGNATURE ATTACHED, THAT FROM THE SO-CALLED MEMBERSHIP MEETING OF THE SCREEN DIRECTORS GUILD OF AMERICA,YOU EMERGED AS A VERY GREAT GENTLEMAN. YOURS VERY RESPECTFULLY, JOHN FORD"--it was signed in crayon as was his style.