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mardi 12 août 2014

Let Katie Do It 1915

Katie (Jane Grey) entourée de ses sept "petits anges"
Un film de Sidney A. et Chester M. Franklin avec Jane Grey, Tully Marshall, Ralph Lewis, Luray Huntley et André Beranger

Katie (Jane Grey) s'occupe de toutes les taches ménagères dans la ferme de ses parents pendant que sa soeur Priscilla (L. Huntley) se prélasse. Oliver (T. Marshall) le soupirant de Katie, décide de partir prospecter l'or au Mexique, voyant qu'elle ne changera pas. Lorsque sa soeur se marie, Katie continue à trimer et à s'occuper de ses sept neveux et nièces jusqu'au jour où leurs parents décèdent dans un accident...

Cette production Fine Arts-Triangle a été supervisée par D. W. Griffith lui-même. Les deux frères Sidney et Chester Franklin dirigeaient alors leur premier long métrage au sein de la compagnie. Le début du film suggère une étude sociale sur la vie des fermiers du Middle-West où une fille est exploitée sans vergogne par toute la famille comme le sera plus tard Miss Lulu Bett (1920) de Wm C. de Mille. Elle doit cueillir, faire la cuisine, laver, etc. pendant que le reste de la famille ne faire pas grand'chose. Katie ne proteste pas et accepte cette état de chose comme allant de soi au point même de perdre son soupirant Oliver. Son "fiancé" est joué - oh surprise! - par un jeune Tully Marshall en jeune premier, légèrement incongru. Après cette première partie domestique, le film prend un tournant inattendu. Suite au décès de sa soeur et son beau-frère, Katie doit prendre en charge ses sept neveux et nièces, tous plus remuants les uns que les autres. Son oncle Dan (Ralph Lewis) lui demande de venir le rejoindre au Mexique et toute la petite troupe se retrouve dans une cabane isolée près d'une mine d'or convoitée par des bandits (évidemment) mexicains. Nous passons du drame social au western avec une attaque haute en couleurs où les "petits anges" montrent leur inventivité en utilisant les explosifs que leur oncle avait disposés stratégiquement. Pour un film de 1915, Let Katie Do It est incontestablement une belle réussite des frères Franklin qui réussissent à faire monter le suspense tout en obtenant des acteurs une incarnation subtile de leurs personnages. 

dimanche 1 juillet 2012

Heart o' the Hills 1919

La fille des monts
Un film de Sidney Franklin avec Mary Pickford, Harold Goodwin, Claire McDowell, Sam de Grasse et Jack Gilbert

Mavis Hawn (M. Pickford) habite les montagnes du Kentucky avec sa mère (C. McDowell). Son père a été assassiné dans des conditions mystérieuses et Mavis voudrait venger sa mort. Voici qu'arrive dans ce pays reculé, quelques étrangers qui ont entendu parler d'un filon de charbon...

Mavis (M. Pickford) et Jason (H. Goodwin)
Cet excellent film a été tourné entièrement dans les montagnes de San Bernadino (Californie) qui figurent le Kentucky de l'histoire. Tiré d'un roman de John Fox Jr., le scénario de Frances Marion transforme le héros 'hill-billy' (le nom des habitants de cette contrée reculée du Kentucky) en héroïne. Mavis Hawn est obsédée par la mort violente et subite de son père et ne songe qu'à le venger. Tel un garçon manqué, elle monte à cheval et tire au fusil. Son petit ami Jason (Harold Goodwin) est le fils de l'inquiétant Steve Honeycutt (S. de Grasse, un spécialiste des rôles de méchant). La vie est insouciante pour les deux adolescents qui vont à la pêche ; même si leurs parents respectifs leur assènent des coups violents par moment. Tout change lorsqu'arrivent un certains nombres d'étrangers de la ville qui viennent prospecter ces montagnes inviolées. On reconnait alors un jeune John Gilbert (crédité sous le nom de Jack Gilbert) en fils de bonne famille. En effet, le sol est extrêmement riche en charbon, ce qui attise la convoitise de plusieurs personnes. Les malheureux paysans de cette région pauvre vont probablement être expropriés et expulsés de leur misérables cabanes en bois. Mais, ils décident de s'organiser pour résister. Habillés tout de blanc avec une cagoule, dans un costume typique du Ku Klux Klan, ils attaquent de nuit les prospecteurs. Un homme est tué et Mavis, qui a participé à l'expédition, est accusée du meurtre. Lors du procès, le jury entier s'accuse du meurtre. Mavis est sauve et parten ville pour acquérir une éducation qui lui fait défaut. 
Gray Pendleton (J. Gilbert) et Mavis
Sur ce canevas riche, Franklin réalise un superbe film qui passe du mélodrame à la comédie. Mais, le ton d'ensemble reste assez noir avec comme point final la mort de l'assassin du père. Mary Pickford use de toutes les cordes de son arc pour interpréter Mavis, la sauvageonne devenue civilisée. L'adolescente devient une femme sûre d'elle-même et qui veut décider de son destin. La cinématograpie de Charles Rosher est une constante splendeur, des sous-bois dans la pénombre aux gros plans lumineux de Mary Pickford. Sur le DVD Image Entertainment-Milestone, il n'y a qu'un seul élément défavorable: la musique de Maria Newman. La fille du célèbre Alfred Newman offre une partition grinçante qui par moment se détache totalement de l'action du film au point d'en faire perdre le fil. Mais en dehors de cette inconvénient, la copie est superbe. Un des tous meilleurs films de Mary Pickford.

mardi 31 janvier 2012

Going Straight 1916

Ralph Lewis et Norma Talmadge
Un film de Sidney Franklin et Chester M. Franklin avec Norma Talmadge, Ralph Lewis et Eugene Pallette

Les époux Remington (R. Lewis et N. Talmadge) se souviennent de leur passé criminel au sein d'une bande de gangsters. Devenus maintenant des citoyens honorables, leur vie est soudainement mise en péril par Briggs (E. Pallette) leur ancien chef de bande qui les fait chanter...

Briggs: Eugene Pallette
Au milieu des années 10, les frères Franklin (Sidney et Chester) sont réalisateurs au sein de la compagnie Triangle où ils tournent des longs métrages en 5 bobines avec les acteurs sous contrat de la compagnie. On peut voir en particulier au sein du coffret More Treasures from the American Film Archives, l'excellent Gretchen The Greenhorn (1916) avec Dorothy Gish et Eugene Pallette tourné dans les quartiers populaires de Los Angeles. Going Straight est encore plus ambitieux dans sa narration avec un exemple de flash-back, encore bien rare à l'époque. Nous suivons un couple, à priori sans histoire, les Remington qui sont parfaitement insérés dans la bonne société. Mais, la lecture d'un article de journal leur rappelle leur passé criminel. Ils faisaient parti de la bande de Briggs (joué par un Eugene Pallette mince et inquiétant) et participaient à des vols et cambriolages. Un jour, John Remington (R. Lewis) a été arrêté et emprisonné. Mais, suite à la naissance de leur premier enfant, il décida de se réformer complètement. Malheureusement, une rencontre fortuite avec Briggs va faire resurgir le passé inéxorablement. La qualité du film repose sur différents facteurs. Il y a d'abord le jeu des acteurs : Lewis, Talmadge et Pallette sont naturels et sans emphase. Et puis, le film a pratiquement été entièrement tourné en décors naturels, sans aucun doute dans les bas quartiers de Los Angeles, ce qui donne au film une qualité quasi documentaire. Le récit est parfaitement structuré, sans temps mort. Et de plus, la cinématographie de ce petit film est superbe. Avec le plus souvent un éclairage naturel, on voit apparaître Briggs à contre-jour ou encore, on voit Norma Talmadge près d'une fenêtre avec un rayon de soleil dans les cheveux. le film contraste habilement les bas-fonds où vit Briggs, qui fréquentent les asiles de nuit où l'on paie trois cents pour dormir à même le sol dans un local surpeuplé et exigu, et la maison confortable des Remington. Au total, c'est un très joli film superbement exécuté et joué.

mercredi 19 janvier 2011

The Hoodlum 1919


Un film de Sidney Franklin avec Mary Pickford, Ralph Lewis et Kenneth Harlan

Amy Burke (M. Pickford) est une jeune fille riche et gâtée de la 5ème Avenue qui vit avec son richissime grand-père (R. Lewis). Mais, un jour, elle décide de suivre son père John Burke, un sociologue qui étudie la vie des gens dans les bas quartiers new-yorkais. Amy se transforme en vrai fille de la rue...

Mary Pickford a tourné de nombreux films avec Sidney Franklin. Celui-ci est une comédie dramatique très bien faite avec une reconstitution en studios hallucinante de vérité des bas quartiers de New-York. Mary se transforme en garçon manqué qui organise des parties de dés endiablés au grand dam du policier local. Dans une séquence qui ressemble à un film de Chaplin, elle se jette dans un toboggan à charbon pour échapper au flic. Mary a très souvent joué sur cette opposition entre les riches et les pauvres comme dans Stella Maris (1918) ou Amarilly of Clothes-Line Alley (1918), deux films de Marshall Neilan. Ici, elle accède à l'univers des immigrants grâce à son père, un sociologue. Le film est d'ailleurs très juste dans sa description de la vie de ceux-ci. Le juif d'Europe Centrale est constamment en train de s'echarper avec son voisin irlandais irascible. On retrouve là tout le monde de ceux qui espèrent réussir aux Etats-Unis. Mais, le film montre que certains n'ont pas tous les mêmes chances. Cette mère malade avec ses nombreux enfants ne pourrait survivre sans la charité offerte in-extremis par le grand-père d'Amy. Néanmoins, le film est moins efficace que les deux sus-mentionnés où Mary Pickford est une fille du peuple avec un talent certain. Cette nouvelle restauration de la Pickford Film Foundation est une pure merveille. Espérons qu'elle sera publié bientôt en DVD chez Milestone Films après une diffusion sur TCM US.