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lundi 24 décembre 2012

The Squall 1929

Un film d'Alexander Korda avec Myrna Loy, Loretta Young, Richard Tucker, Alice Joyce et Zasu Pitts

La tzigane Nubi (M. Loy) est adoptée par la famille Lajos. Elle va se révéler être une créature nuisible et machiavélique...

Ce film est une pure curiosité pour les amateurs du début du parlant et les fans de Myrna Loy. A cette époque-là, elle était systématiquement distribuée dans des rôles de vamp exotique. Elle est ici une tzigane, à l'accent particulièrement hilarant, qui séduit avec méthode tous les hommes de la ferme des Lajos. Elle s'attaque d'abord à l'employé Peter qui va oublier immédiatement sa promise Lena (Zasu Pitts). Puis, elle flirte avec le fils de famille qui est prêt à tout pour obtenir ses faveurs, oubliant en chemin sa fiancée (L. Young). Il ira jusqu'à voler Lena. Et finalement, même le maître de maison succombe à la sulfureuse Nubi. Tout cela prête surtout à sourire. Nous sommes presque dans le domaine du 'camp'. Le film est trop long à 104 minutes. Mais, on s'amuse bien en voyant Myrna avec une coiffure particulièrement ebouriffée se tortiller face à tous ces hommes dévorés de concupiscence. Autre curiosité de ce film : il est équipé d'une bande-son enregistrée en direct pendant le tournage. Il est assez rare de voir un film du début du parlant qui a une musique continue, qui parfois malheureusement a tendance à couvrir les voix. Une curiosité à réserver aux fans de Myrna.

vendredi 16 décembre 2011

The Private Life of Don Juan 1934


Un film d'Alexander Korda avec Douglas Fairbanks Sr., Merle Oberon, Benita Hume et Melville Cooper

Don Juan (D. Fairbanks) est adoré unaniment par toutes les femmes de Séville. Mais, elles ignorent qu'un jeune homme se fait passer pour lui. De son côté, Don Juan a vieilli et il est poursuivi par ses créanciers et une épouse tenace (B. Hume)...

Ce film de 1934 fut le chant du cygne de Douglas Fairbanks. Il était déjà une légende de son vivant et le scénario utilise habilement la personnalité de Doug pour le personnage de Don Juan. Je ne m'attendais pas à grand chose en regardant ce film d'Alexander Korda qui ne fut pas un succès à sa sortie. En fait, j'ai été très heureusement surprise par le ton décalé et l'utilisation du mythe de Don Juan. Le scénario est signé de Frederick Lonsdale, un excellent auteur anglais de comédies, et de Lajos Biro, un des collaborateurs habituels de Korda. Nous suivons les aventures d'un Don Juan qui a maintenant les tempes grisonnantes, quelques rides et qui doit faire attention à sa ligne. Lorsqu'il tente de séduire une jeune demoiselle, celle-ci lui fait remarquer qu'il pourrait être son père. Finalement, il est prisonnier de l'image qu'il a donné dans le passé. Les femmes sont amoureuses d'une certaine image de Don Juan telle qu'elle a été véhiculée par le théâtre et la littérature. Et le pauvre Don Juan n'arrive pas à être à la hauteur de son mythe. A cette époque-là, Douglas Fairbanks est également sur la touche. Bien qu'il ait fait quelques films parlants, aucuns d'entre eux ne lui a permis de retrouver son succès de l'époque du muet. Toujours athlétique, il est lui aussi obsédé par son physique et l'idée de rester 'jeune'. Le scénario ne manque pas de se moquer de cette obsession alors qu'il reçoit force massages. Dans sa vie privée, les choses ne vont guère mieux. Son mariage avec Mary Pickford part à vau-l'eau. Ils vont divorcer au moment de la sortie du film. Le film est donc à la fois un regard nostalgique sur une des plus grandes stars du cinéma ainsi qu'un hommage luxueux et humoristique. Le film est un écrin somptueux grâce aux superbes décors de Vincent Korda et à la cinématographie du français Georges Périnal qui se surpasse dans la beauté et la sophistication. Une volée de superbes créatures, toutes superbement photographiées parent le film, en particulier Merle Oberon dont l'étoile était en ascendance. Fairbanks montre son flair pour la comédie, un genre dans lequel il avait débuté avant de créer de toutes pièces le film de cape et d'épée. C'est d'ailleurs probablement pour cela que le public fut dérouté. Il s'attendait à retrouver le Fairbanks virevoltant de Zorro plutôt que ce héros désorienté face aux femmes. Une très heureuse surprise.