Affichage des articles dont le libellé est Walsh R.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Walsh R.. Afficher tous les articles

mardi 12 juin 2012

The Red Dance 1928

La danse rouge
Un film de Raoul Walsh avec Dolores Del Rio, Charles Farrell et Ivan Linow

En Russie au début de la Révolution, Tasia (D. Del Rio), la fille d'un prisonnier politique est maltraitée par une famille de paysans qui l'exploitent. Un grand soldat rustre Ivan Petroff (I. Linow) souhaite l'épouser en l'échangeant contre un cheval. Mais, Tasia rencontre le Grand Duc Eugen (C. Farrell) et tombe amoureuse de lui...

A la fin des années 20, il semble que la plupart des studios hollywoodiens sont tentés par l'exotisme russe. Universal produit Surrender! (L'otage, 1927) d'Edward Sloman avec Ivan Mosjoukine. La MGM se lance dans un film aux multiples péripéties, The Cossacks (Les Cosaque, 1928) G.W. Hill avec John Gilbert et enfin la Paramount produit le meilleur film de tous - et de loin! - avec The Last Command (Crépuscule de gloire, 1928) du génial Josef von Sternberg. Quant à la Fox, elle demande à Raoul Walsh de diriger un 'star vehicle' avec la belle Dolores Del Rio. Le scénario de ce film est particulièrement insipide et accumule les clichés sur les conflits entre les aristocrates et le bas peuple russe. Dolores Del Rio y joue une improbable jeune fille russe éduquée qui devient une danseuse du théâtre de Moscou suite à la Révolution. En fait, le film est surtout un prétexte pour nous montrer sous toutes les coutures la belle Dolores en train d'embrasser un Charles Farrell, aussi peu crédible en officier russe (dont la maman, on nous précise bien, est anglaise) qui rougit face aux dames. Les cartons d'intertitres montrent un humour digne des blagues que l'on trouve dans les 'Crackers' de Noël anglais (voir ci-dessous). 
Pour contrebalancer le timide Grand Duc Eugen, on nous offre une grosse brute au coeur d'or sous la forme d'Ivan Linow. Si Walsh fait de gros efforts pour utiliser une caméra mobile pour éviter tout sentiment de tableaux statiques, malheureusement, il n'est pas aidé par un scénario stéréotypé. Del Rio n'est guère convainquante quand elle se lance dans une diatribe contre l'aristocratie. Et les révolutionnaires cupides et malsains sont tout aussi caricaturaux. Si nous oublions les faiblesses du scénario, on peut regarder avec amusements les aventures de Dolores au pays des Soviets. Voilà un film de Wash qui est bien mineur, surtout en regard de son excellent Sadie Thompson (1928) tourné la même année.

mercredi 21 décembre 2011

The Thief of Bagdad 1924

Le Voleur de Bagdad
Un film de Raoul Walsh avec Douglas Fairbanks, Julanne Johnston, Sojin, Snitz Edwards et Anna May Wong

Ahmed (D. Fairbanks) un voleur des rues de Bagdad s'introduit nuitament dans le palais du Calife où il tombe amoureux de la Princesse, sa fille (J. Johnston). Pour obtenir sa main, il doit entreprendre un périlleux voyage pour devenir digne d'elle...

C'est le film de Douglas Fairbanks le plus célèbre et avec raison. Le travail réalisé sur tous les aspects de la production sont époustouflants. Fairbanks a embauché un jeune décorateur nommé William Cameron Menzies qui va bâtir un Bagdad des mille et une nuit gigantesque et lumineux. S'inspirant tout autant de l'Art Déco que de l'orientalisme, Menzies donne au film une magie qui reste intacte de nos jours. Mitchell Leisen produit des costumes somptueux qui se fondent dans les décors dépouillés et élégants. Mais, tout cela ne serait rien sans la performance superbe de Fairbanks. Il se surpasse dans ce rôle de voleur. Apparaisant d'abord à l'écran allongé le long d'une fontaine, il dérobe négligemment les bourses des buveurs. Torse nu, vêtu d'un léger pantalon de soie qui ondule sous la brise, il est la grâce incarnée alors qu'il s'élance pour monter à une corde ou lorsqu'il escalade le balcon de la princesse. Les cascades sont réalisées avec une telle désinvolture qu'on n'imagine pas le travail qu'elles ont réclamé. Lorsqu'il saute de jarre en jarre pour échapper à ses poursuivants, il s'est par exemple exercé pendant des semaines. Le film est à la fois sous le signe du conte des mille et une nuit et des ballets russes de Diaghilev. Fairbanks n'a jamais semblé aussi proche de la danse que dans ce film. Les effets spéciaux sont également incroyables et gardent leur magie. Il y a une forme de poésie dans l'apparition du cheval ailé, de l'arbre qui prend vie et du vieil homme des mers. Le film réussit à être un grande production gigantesque en proportion tout en conservant un certain intimisme. Raoul Walsh travaille en parfaite harmonie avec Fairbanks, passant probablement un aussi bon moment que lui lors du tournage. J'avais découvert le film vers 1985 au Ciné-Club et j'avais été éblouie par cette superbe production. J'avais vu, sans le savoir, la production Thames Silent avec la partition de Carl Davis. En la revoyant aujourd'hui, je reste tout aussi enthousiaste. La musique de Davis épouse les contours de cette production chatoyante avec la musique de Rimsky-Korsakov et apporte au film un rythme, une couleur et une émotion qui le rendent irrésistible. On se sent soulevé par la musique comme si on était sur le tapis volant qui emporte Fairbanks et la Princesse. Malheureusement, cette superbe version n'est pas disponible en DVD. Mais, elle le fût en LaserDisc dans les années 90. Espérons qu'un jour elle sera en DVD car le film est infiniment plus fort dans cette version.