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dimanche 10 février 2013

Lawyer Man 1932

Un film de William Dieterle avec William Powell, Joan Blondell, Helen Vinson et Claire Dodd

Anton Adam (Wm Powell) est avocat dans l'East Side new-yorkais. Avec l'aide de sa secrétaire Olga (J. Blondell), il réussit bien dans la vie. Suite à un procès gagné, il se voit offrir un partenariat dans un cabinet d'avocat des quartiers chics...

Voici encore un 'Pre-Code' Warner signé William Dieterle qui est totalement délectable ! Bien qu'il ne s'agisse pas à proprement parler d'une comédie, William Powell y déploie un charme canaille tout à fait réjouissant. Le très futé Anton Adam a cependant un talon d'achille : il oublie toute prudence dès qu'il croise le regard (ou la jambe!) d'une jolie femme. Le film nous montre en accéléré son ascension d'avocaillon des bas quartiers à celui d'avocat cousu d'or et de femmes. Sa secrétaire, brillamment interprétée par Joan Blondell, a beau le mettre en garde, il va tomber dans le panneau lorsque la très belle Virginia (C. Dodd) va lui faire du charme (très appuyé). Nous voyons d'ailleurs immédiatement la réaction de Powell, dont le cigare grimpe à vue d'oeil ! Résultat : c'est lui qui se retrouve inculpé et il perd la belle place qu'il avait gagné de haute lutte. Cependant, avec l'aide de sa dévouée secrétaire, il va réussir à se venger de ceux qui lui ont joué ce mauvais tour. Le film ne prend pas de gants pour montrer que les politiciens locaux sont pourris et qu'il est très facile de devenir procureur avec les bons appuis. Le film est aussi délectable par d'autres aspects : les seconds rôles sont tenus par plusieurs têtes connues. On reconnait parmi les nombreux marchants juifs de l'East Side le comique Max Davidson qui joue un tout petit rôle. De même, un des gangsters envoyés pour terroriser Powell est joué par Jack La Rue, le gangster emblématique de The Story of Temple Drake (1933). Le film sur une pirouette est un 'happy end' qui n'entâche pas l'effacité de ce charmant film de 68 min.

dimanche 3 février 2013

Fashions of 1934 (1934)

Un film de William Dieterle avec William Powell, Bette Davis, Verree Teasdale et Frank McHugh

L'escroc Sherwood Nash (W. Powell) se lance dans une nouvelle combine avec l'aide de son complice Snap (F. McHugh) et de Lynn (B. Davis) une dessinatrice de mode. Ils copient des robes importées de France et revendent les modèles. Mais, l'escroquerie est détectée par l'importateur...

Ce film Warner offre un couple surprenant : Bette Davis, alors en blonde platine sophistiquée et le suave William Powell. Certes, il n'y a pas beaucoup d'étincelles entre les deux protagonistes; mais, le film est une comédie pétillante qui s'apprécie comme un verre de Champagne. William Powell y est un filou beau parleur, élégant et combinard. Bette semble assez mal à l'aise en blonde distinguée. Cependant, le film a ce rythme sûr et rapide des meilleures comédies Warner excellemment mise en scène par William Dieterle qui montrait un réel talent dans ce domaine dès son arrivée aux USA. Le personnage de Powell est très proche du filou qu'il jouait dans High Pressure (1932, M. LeRoy) avec également Frank McHugh en acolyte de ses combines louches. Le contraste entre le beau parleur et le plébéien McHugh est évidemment un des éléments comiques. McHugh n'a pas son pareil pour colorer un simple "Ah!" en regardant des photos licencieuses que lui présente un vendeur parisien. Powell a des ambitions démesurées et va grimper les échelons rapidement en pratiquant la contrefaçon sans aucun scrupule. Le film est à cheval entre la comédie simple et la comédie musicale. Il contient d'ailleurs un numéro signé Busby Berkeley qui est superbement intégré au film. Dans les rôles secondaires, il y a Verree Teasdale (Mrs Adolphe Menjou) qui joue avec beaucoup de talent une aventurière américaine qui se fait passer pour une grande duchesse russe face à un Reginald Owen outré de découvrir sa véritable identité. Une comédie vraiment délectable.

mardi 30 août 2011

From Headquarters 1933


Un film de William Dieterle avec George Brent, Eugene Pallette, Margaret Lindsay et Henry O'Neill

Un play boy de Park Avenue, Gordon Bates (Kenneth Thomson) a été assassiné. Au quartier général de la police criminelle, le lieutenant Stevens (G. Brent) et le Sergent Boggs (E. Pallette) enquètent avec l'aide de la police scinetifique. De nombreux suspects se font jour car Bates était un satyre, un maître-chanteur et un drogué...

Au début des années 30, William Dieterle a réalisé une série de films remarquables pour la Warner. Ce sont des films rapides, rythmés et superbement mis en scène. Celui-ci en est un très bel exemple. Il utilise l'unité de lieu, de temps et d'action avec un sens visuel remarquable. Nous suivons en temps réel une enquête sur un meurtre. Au sein du commissariat, nous assistons aux conférences entre les différents policiers, aux travaux de la police scientifique de l'époque et aux interrogatoires. En voyant ce film de 64 min au format compact et sans bavure, je n'ai pu m'empêcher de penser aux séries télévisées contemporaines qui ont une structure similaire. Les scènes sont courtes et efficaces avec de délicieux bons mots qui donnent à un ensemble croustillant à souhait. Dieterle utilise la caméra subjective avec fluidité pour tous les interrogatoires où nous voyons la scène telle que la raconte le suspect. La faune des commissariats américains est aussi superbement croquée. On y rencontre des reporters sans scrupules qui fabriquent leur papier sans se déplacer (ou qui dorment sur place!) et un type qui accoste tous les suspects et leur propose de l'argent pour payer leur caution. Les policiers scientifiques sont absolument formidables d'humour, testant sans relâche empreintes digitales, groupes sanguins et balistique. Finalement, les policiers avaient déjà à leur disposition des armes scientifiques non négligeables dans les années 30. Comme toujours, la liste des suspects est longue: petite amie, valet, maître-chanteur, pourvoyeuse de drogue, etc. Nous découvrons que la victime était un individu particulièrement détestable. Puis, les événements s'enchaînent et un autre témoin gênant est assassiné dans le commissariat. La fin est également intéressante car le vrai meurtrier partira sans être inquiété par la police, laissant un autre endosser le crime qu'il a commis. La distribution ne contient aucune grande star. George Brent est comme toujours assez fade, mais Margaret Lindsay a du tonus et tous les seconds rôles, en commançant par Eugene Pallette, en sergent pas fûté, sont absolument réjouissants. Une vraie petite perle criminelle. Le film est maintenant disponible en Warner Archive dans une très belle copie.

mardi 21 juin 2011

Jewel Robbery 1932


Un film de William Dieterle avec Kay Francis, William Powell, Henry Kolker et André Luguet

A Vienne, Teri (K. Francis) est mariée à un riche baron (H. Kolker) avec lequel elle s'ennuit profondément. Alors qu'elle est dans une bijouterie avec son mari, le magasin est mis à sac par un gentleman cambrioleur (W. Powell)...

Cette comédie sophistiquée signée William Dieterle est un Pre-Code délicieusement immoral. William Powell est un voleur de très grande classe qui arrive dans une bijouterie avec ses complices, tous tirés à quatre épingles, pour vider le contenu des vitrines avec un soin méticuleux tout en écoutant Le beau Danube bleu de Strauss sur un phonographe. Il repère immédiatement (et elle aussi) la charmante Kay Francis. Leurs dialogues sont cousus de sous-entendus risqués. Ils s'amusent tous deux comme des fous à ce marivaudage sophistiqué. Le film a un rythme sautillant et c'est vraiment une vraie bouffée de bonheur. Certaines scènes sont absolument hilarantes comme lorsque Powell offre une cigarette au bijoutier. Cette cigarette contient une drogue qui provoque une crise d'hilarité chez le fumeur. Les cigarettes seront ensuite essayées par le chef de la police qui va lui aussi totalement perdre la tête. Le gentleman-cambrioleur s'introduit ensuite chez Kay Francis qui trouve l'aventure terriblement excitante (bien entendu, sans l'avouer). Une série d'actes manqués sont là pour signaler le désir qui anime les deux personnages : elle coince la bas de sa robe dans la porte de sa chambre qu'elle a vérouillée et elle lui fait tomber un révolver sur le pied. La belle Kay est ensuite emmenée dans la garçonnière de Powell (en lui faisant croire que c'était la police qui l'emmenait) qui a prévu un petit souper galant. Le film se termine sur une pirouette avec la belle Kay qui va aller rejoindre son gentleman-cambrioleur sur la Côte d'Azur. Le dialogue est absolument délicieux et les deux interprètes jouent leurs scènes avec un talent et un charme remarquables. Un des meilleurs films de la période des Pre-Codes.