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mardi 5 avril 2016

The Testing Block 1920

Sierra Bill (Wm S. Hart), Nellie (Jane Novak) et le petit Sonny
Un film de Lambert Hillyer avec William S. Hart, Jane Novak, Gordon Russell et Florence Carpenter

Sierra Bill (Wm S. Hart) est à la tête d'une bande de hors-la-loi qu'il dirige d'une main de fer. Un jour, ils croisent le chemin de musiciens itinérants et Bill tombe fou amoureux de Nellie (J. Novak), une violoniste. Lorsque son compère Ringe (G. Russell) lui annonce qu'il souhaite la kidnapper, Bill se bat contre lui pour l'en empêcher...

Les films produits par William S. Hart sont toujours construits sur le même schéma: le héros passe du mal au bien grâce à une femme. Pourtant, même après avoir vu 17 de ses films, je n'ai eu aucune sensation de redite en voyant pour la première fois The Testing Block. Cette production de 6,000 pieds (80 min à 20 im/s) est sensiblement plus longue que d'autres films de Hart; mais la construction dramatique fonctionne aussi bien que sur des films plus courts. Travaillant toujours avec le talentueux Joseph August derrière la caméra, Hart est au début du récit un hors-la-loi recherché qui côtoit les pires bandits qui soient. Comment cet individu sans foi ni loi va-t-il se transformer en père et époux tendre et aimant? Hart résout le problème habilement par une ellipse. Bill se saoule et se bat jusqu'au bout de la nuit avant d'arriver arme au point face à la malheureuse Nellie en exigeant de l'épouser sur-le-champ. Fondu au noir et nous retrouvons le couple deux ans plus tard avec leur petit garçon. Alors que Bill pense que son passé est loin derrière lui, Son ancien complice Ringe réapparaît et va se venger d'une manière impitoyable. On s'attendrait à de la violence physique, mais celui-ci a conçu un plan implacable pour humilier et détruire son rival. Il va utiliser l'insinuation et le mensonge pour instiller le doute chez Bill et sa femme. Il va l'acculer à vendre son cheval pie adoré et il va martyriser l'animal rebelle. Bill va boire la coupe jusqu'à la lie avant de réagir pour sauver sa femme et son enfant malade. Il est bien dommage que cette copie de la Cinémathèque française soit un contretype de qualité moyenne. En effet, Joe August traitait la lumière en artiste comme dans cette scène de nuit où Bill rumine sa rencontre avec Nellie dans la pénombre pendant que ses complices se saoulent autour d'un feu. Le tournage dans la forêt de séquoïas de Californie a été rude par un temps glacial et William a reçu pas mal de mauvais coups en se battant contre des cascadeurs aguerris. The Testing Block est un superbe western qui brasse tous les thèmes chers à Bill Hart et qui réussit à nous émouvoir par sa sincérité.

samedi 13 octobre 2012

Wagon Tracks 1919

Un film de Lambert Hillyer avec William S. Hart, Jane Novak, Robert McKim et Lloyd Bacon

En 1850, Buckskin Hamilton (Wm S. Hart) est guide sur la piste de Santa Fe. Il se prépare à rejoindre son jeune frère Billy qu'il a élevé lui-même. Hélas, Billy est assassiné par un joueur professionnel, Donald Washburn (R. McKim). Ce dernier a réussi à convaincre sa soeur Jane (J. Novak) qu'elle est responsable de sa mort...

Cet excellent opus de William S. Hart, avec ses vieux complices C. Gardner Sullivan au scénario et Lambert Hillyer à la réalisation, nous replonge dans l'atmosphère de la ruée vers l'or. Des milliers de migrants partent dans des 'vaisseaux des prairies' pour traverser le continent par la dangereuse piste de Santa Fe. Buckskin Hamilton est un héros au coeur pur qui mène sa mission de guide avec courage et abnégation. Mais, ses certitudes vont être mises à rude épreuve suite à la mort de son jeune frère qu'il a élevé lui-même comme un fils. Confronté à Jane (Jane Novak), il n'arrive pas à croire que celle-ci puisse être responsable de sa mort. Alors que le convoi s'ébranle vers l'ouest partant du Missouri, les différents personnages vont devoir affronter des dangers et apprendre à se connaître. Il ne faudra pas longtemps à Buckskin pour détecter que Washburn ou son complice (le futur réalisateur Lloyd Bacon alors jeune acteur) sont probablement les coupables. Pour les faire parler, il va les emmener dans le désert poings liés et les obliger à marcher jusqu'à épuisement de leurs forces. Evidemment, celui qui n'a rien fait va dénoncer l'autre, comme il l'avait prévu. Mais, il va se retrouver face à un dilemme. Le convoi a été visité par des indiens. L'un d'eux est tué et ils menacent d'attaquer le convoi à moins qu'on leur livre un homme. L'assassin semble la victime désignée, mais que fera Buckskin ? 
Sur cette trame de vengeance, de convoi bâché dans le désert, Hart brosse le portrait d'un homme déchiré qui n'a de cesse que de se venger. Sa résolution finale face à Jane est d'autant plus impressionnante. Derrière la caméra, Joe August réalise des merveilles avec des scènes de nuit de toute beauté. Pour une fois, il existe une copie DVD tout à bonne de ce film grace à Unknown Video qui a transféré une belle copie teintée Blackhawk (de David Shepard). Si la musique est répétitive et ennuyeuse, on peut malgré tout apprécier ce beau western intelligemment réalisé.

The Cradle of Courage 1920

Un film de Lambert Hillyer avec William S. Hart, Ann Little, Gertrude Claire et Tom Santschi

'Square' Kelly (Wm S. Hart) revient à San Francisco, de retour du front en France. Il est devenu sergent, mais avant la guerre, il était chef d'un gang de cambrioleurs. Son meilleur ami est le fils d'un policier et voudrait le remettre dans le droit chemin...

Ce film de William S. Hart, pour une fois, n'est pas un western. Il n'est plus un westerner, mais un ancien mauvais garçon irlandais qui va rejoindre la police de San Francisco, au grand dam de sa mère (la fidèle Gertrude Claire présente dans de nombreux films de Hart) qui souhaite le voir reprendre son métier de cambrioleur. On retrouve donc le thème cher à Hart de la redemption d'un mauvais garçon. Les années passées dans les tranchées ont changé Kelly qui ne veut plus faire partie de ce gang mené par Tierney (Tom Santschi, un autre spécialiste des rôles de traitres dans les westerns).Comme toujours, Joseph August est derrière la caméra et donne au film le clair-obscur et l'atmosphère requise à cette histoire de gangsters.
L'environnement familial de Kelly est peu propice à un changement de milieu. Sa chère mère hait les policiers et lui apporte sa trousse de cambrioleur. Quant à son frère, il travaille avec Tierney. Mais, écoeuré par les méthodes de Tierney, il va se décider à rejoindre les forces de police. Il doit précisément poursuivre le gang de cambrioleurs dont son frère fait partie. Celui-ci est tué alors qu'il les a surpris en flagrant délit. Il réalise rapidement qu'il ne l'a pas tué lui-même car il a reçu une balle dans le dos. Le policier se tranforme alors en vengeur, prêt à tout pour retrouver l'assassin de son frère. Comme dans ses westerns, le personnage de Hart est à la limite de la légalité, oscillant entre le bien et la mal. Mais, la morale est sauve à la fin, même si les moyens employés ne sont pas précisément toujours légaux. Le film est bien dirigé par Lambert Hillyer et est dominé par Hart qui incarne les dilemmes de son personnage avec son charisme habituel. La copie publiée par Grapevine Video est d'une qualité acceptable comparée aux horreurs d'Alpha Video.

dimanche 24 juin 2012

White Oak 1921

Affiche suédoise du film
Un film de Lambert Hillyer avec William S. Hart, Vola Vale, Alexander Gaden

Oak Miller (Wm S. Hart), un joueur professionnel, apprend que sa jeune soeur Rose (Helen Holly) a été victime d'un séducteur sans scrupules. Après sa tentative de suicide, il doit prendre soin d'elle avec l'aide de Barbara (V. Vale) dont il est secrètement amoureux...

En 1921, William S. Hart est toujours l'une des plus grandes stars de l'écran. Il a quitté la Triangle pour former sa propre compagnie de production au sein de la Paramount-Artcraft. Les films sont maintenant plus longs que ceux des années 10 qui se limitaient souvent à 5 bobines. Celui-ci dure 7 bobines. La construction dramatique conserve cependant son dynamisme avec plusieurs actions simultanées que la durée plus longue permet de développer. Le scénario du film est adapté d'une histoire signée par Hart lui-même. On y retrouve les thèmes qui lui sont chers: l'armour fraternel, la vengeance et le sacrifice. Le personnage d'Oak Miller ressemble au joueur qu'il interprétait dans The Cold Deck (Grand Frère, 1917). Il est aussi élégament vêtu d'une longue redingote avec chapeau haut-de-forme et chemise à jabot volanté. Comme le Jefferson Leigh de Cold Deck, il doit prendre soin de sa jeune soeur qui a été ici la victime d'un séducteur. Il se retrouve également embarqué dans la défense de la jolie Barbara (Vola Vale qui a de faux airs de Lillian Gish). Cette dernière est la proie d'un ignoble beau-père qui veut abuser d'elle tout en étant convoitée par un individu louche qui va se révéler être l'ancien séducteur de Molly. Le film nous promène dans tous les paysages possibles du western: les rives du Mississippi avec ses bateaux à aube, les petites villes du Missouri avec ses saloons et le désert avec son convoi de chariots bâchés. Contrairement à ses films précédents, Hart reste un ici un personnage positif qui se sacrifie pour sauver la femme qu'il aime. Il accepte d'être arrêté pour un meurtre dont on accuse (à tord) Barbara. Il s'évade ensuite de la prison où il se trouve pour aller sauver la même Barbara qui se trouve encerclée avec son convoi par un groupe d'indiens. Il est intéressant de constater que le personnage du chef indien n'est pas simplement un sauvage sanguinaire, mais qu'il est aussi un père meurtri dont on a enlevé et tué la fille. C'est lui qui finalement vengera la soeur d'Oak Miller. Le film a été photographié par le complice habituel de Hart, Joseph August. Il peut magnifier les vues du Mississippi et du désert aride. Mais, malheureusement, ce beau film n'est disponible que dans des versions très médiocres en particulier chez Alpha-Video. Quand aura-t-on enfin une édition restaurée et de qualité des films de William S. Hart ? Espérons qu'un éditeur de qualité le fera un jour prochain.

lundi 28 février 2011

The Toll Gate 1920


Un film de Lambert Hillyer avec William S. Hart, Anna Q. Nilsson et John Singleton

Black Deering (Wm S. Hart) est à la tête d'une bande de hors-la-loi. Il voudrait cesser ses activités, mais le groupe choisi d'attaquer un dernier train. Son lieutenant Jordan (J. Singleton) les a trahis et Black Deering est arrêté...

Ce western de William S. Hart est encore une superbe réussite. L'intrigue concoctée par Hart lui-même est, au-delà des clichés du genre, superbement menée. Son personnage de Black Deering se révèle suite aux épreuves qui l'attendent. Comme toujours, il offre un personnage complexe aux motivations qui oscillent entre la vengeance et le repentir face à ses fautes passées. Lorsqu'il est capturé par l'armée en attaquant un train, l'officier supérieur le reconnaît comme un homme qui le sauva jadis en venant les prévenir d'une attaque d'indiens. Il décide de le laisser s'échapper. Black Deering essaie, en vain, de trouver un emploi de cow-boy. Retombant dans le vol, il est à nouveau poursuivi par le shérif ainsi qu'une 'posse' dirigée par son ennemi mortel Jordan. L'histoire prend un tour inattendu quand il sauve un enfant de la noyade. Sa mère, une femme abandonnée par son mari, habite seule dans une cabane isolée. Deering, qui se fait passer pour son époux face au shérif, découvre qu'elle est la femme de Jordan. Si tous les films de Hart ont un thème 'moral' (et citent même la bible), ils ne sont pas moralisateurs. Deering va retrouver le chemin du bien bien qu'il soit traversé par des pensées contraires. C'est l'influence de Mary Brown (Anna Q. Nilsson) -et de son jeune enfant- qui vont le remettre dans le droit chemin. Hart travaille avec son équipe habituel : C. Gardner Sullivan rédige les intertitres (toujours savoureux et parfaitement taillés pour lui) et Joseph H. August est derrière la caméra. Le film utilise toujours au mieux les grands espaces. Les cadrages sont impeccables et on est tenu en haleine de bout en bout. Le DVD Image Entertainment offre une copie teintée par moment bien sombre. Mais, comme il n'y a rien de meilleur...