Affichage des articles dont le libellé est Hawks H.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hawks H.. Afficher tous les articles

vendredi 29 août 2014

A Girl in Every Port 1928

Une fille dans chaque port
Un film d'Howard Hawks avec Victor McLaglen, Robert Armstrong et Louise Brooks

Le marin Spike Madden (V. McLaglen) a un riche carnet d'adresses rempli du nom de ses conquêtes aux quatre coins du monde. Seulement, en retournant voir celles-ci, il se rend compte qu'un autre marin est également passé par là en laissant un bracelet ou un tatouage...

En 1926, Victor McLaglen était devenu soudain une star grâce son incarnation du Capitaine Flagg dans What Price Glory? de Raoul Walsh. La Fox décide d'exploiter ce héros atypique, pas réellement un séducteur, mais à l'allure virile de bagarreur dans A Girl in Every Port. Tout comme le film de Walsh, la comédie de Hawks exploite jusqu'à plus soif l'amitié virile qui unit deux marins en goguette. Le véritable couple du film c'est Armstrong - le futur interprète de King Kong (1933) - et McLaglen qui passent de bars en bars, de bagarres en bagarres contre les autorités locales tout en s'arrêtant ce qu'il faut pour revoir des filles de passage. Il semble que ce type d'amitié virile était à la mode à l'époque. Cela peut donner le meilleur avec Wings (1927) de W.A. Wellman ou le pire comme Two Arabian Knights (1928) de Lewis Milestone. Le film d'Hawks se rapproche plus du deuxième. Les personnages sont schématiques et Victor McLaglen se contente de faire sa série de grimaces habituelles: clin d'oeil, sourire béat et énorme éclat de rire. Si on apprécie le style de McLaglen - ce n'est pas mon cas - on peut regarder avec amusement cette pochade à l'humour potache. Il faut cependant remarquer qu'Hawks montre un sens du rythme qui rattrape quelque peu les ratages de sa période muette comme le désastreux Fazil (1928). A sa sortie, A Girl in Every Port fut salué pour son potentiel commercial, plus que pour une quelconque réussite artistique. Quant à Louise Brooks, elle ne joue qu'un personnage secondaire. Elle est plongeuse acrobatique dans une fête foraine et s'intéresse de près au portefeuille de McLaglen, plus qu'à son charme imaginaire. On peut admirer sa plastique dans un maillot moulant qui apparemment attira l'oeil de Pabst. Sans ce dernier, il y a fort à parier que Louise serait restée une actrice secondaire à Hollywood. Le couple qu'elle forme avec McLaglen fait penser au couple Clara Bow-Ernest Torrence dans Mantrap (1926) de Victor Fleming. Le film de Fleming avait cependant un tout autre dynamisme grâce à la pétillante Clara. Dans l'ensemble, une comédie passable, mais qui ne fait pas partie des meilleurs films de Hawks.

lundi 19 mai 2014

Fazil 1928

L'Insoumise
Un film d'Howard Hawks avec Greta Nissen, Charles Farrell, John Boles et Mae Busch

Fabienne (G. Nissen) une jeune parisienne recontre un prince arabe Fazil (C. Farrell) à Venise. Ils se marient, mais leurs différences culturelles vont les séparer...

Un journaliste sarcastique a suggéré à la sortie du film que le patron de la Fox, Mr. Sheehan, devait être absent lors de la réalisation de cette concoction. Les nombreux fans d'Howard Hawks pourront en vain chercher les traces de la "Hawks Touch" dans cette histoire d'amour digne d'un roman photo à deux sous. On comprend cependant le raisonnement de la maison de production. The Sheik (1921) et The Son of the Sheik (1926) avec Rudolph Valentino en voiles blancs avaient fait chavirer les coeurs et rapporté une petite fortune à ses producteurs. Alors tout le monde se met sur le filon. Même Maurice Tourneur réalise Old Loves and New (Le Cavalier des sables, 1926) qui, tout comme Fazil, est reçu avec tièdeur par la presse. Le film de Hawks souffre déjà d'un sérieux problème de distribution. Qui a pu songer que Charles Farrell, le timide héros de Borzage, pouvait être un sheik arabe crédible ? Sur l'écran, on voit Charles déguisé avec maquillage et moustache, mais il n'est guère convaincant. Si encore le scénario permettait un certain second degré comique. Même pas, tous les clichés les plus éculés s'étalent à l'écran. Les intertitres ont été qualifiés en 1928 de "lamentables". On ne saurait mieux dire. Malgré ses défauts, The Son of the Sheik possédait quelques qualités essentielles qui manquent terriblement à ce film: la sensualité et un second degré assumé. Une bande-son Fox Movietone a été ajoutée à la sortie du film. Comme c'est souvent le cas, on entend jusqu'à plus soif une chanson d'amour sirupeuse, ce qui n'arrange pas les choses. Que peut-on sauver de cette bluette sentimentale digne de Nous Deux ? On voit que la Fox a investi pas mal d'argent dans les décors et les costumes. Mais, en dehors de la qualité de ceux-ci, les personnages sont tellement indigents qu'il est difficile de prendre au sérieux cette histoire insipide. Pour apprécier Hawks, mieux vaut se tourner vers le parlant.