vendredi 22 avril 2011
Ramona 1936
jeudi 4 janvier 2007
Stella Dallas 1925
Le sublime sacrifice de Stella Dallas
Ce mélodrame fut un spectaculaire succès au box office en 1925. Samuel Goldwyn, le producteur, en fera un remake en 1937, avec cette fois King Vidor comme réalisateur, qui fut également un immense succès pour son interprète féminine, Barbara Stanwyck. Le remake a eu tendance à éclipser la version muette d'Henry King et c'est bien dommage! Dans le rôle-titre, l'actrice Belle Bennett (ci-dessus) offre un portrait passionnant d'une femme qui tente de s'introduire dans un milieu qui n'est pas le sien.Synopsis

Stella Martin l'observe lorsqu'il rentre chez lui, le soir. Elle espère pouvoir l'attirer sous son porche car elle y voit une opportunité de quitter son milieu sordide.
Stella a réussi à attirer Stephen, mais derrière la fenêtre, ses deux frères se moquent d'elle. Elle tente désespérement de les calmer...
Le père vient s'en mêler et administre quelques coups de pieds au derrière.

Le store se relève brusquement révélant un gamin nu comme un ver.
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Stella et Stephen sont mariés depuis plusieurs années. Stella insiste pour se maquiller outrancièrement et porte des robes couvertes de volants et de plumes. Stephen tente de la convaincre de porter moins de rouge à lèvres. Sans succès.

Stella veut introduire sa fille, qui a maintenant 18 ans (Lois Moran), dans la meilleure société. Mais, elle cause le pire embarras à Laurel en arrivant attifée d'une manière extravagante au milieu de ses amis.
Stephen a retrouvée Helen veuve et ils pensent se marier. Stella rend visite à Helen pour lui suggérer de prendre sa fille Laurel avec elle car elle sait qu'elle est un obstacle au bonheur de sa fille.
Helen accepte le marché. La dernière scène du film est cette fameuse image de Stella sous la pluie assistant de loin au mariage de Laurel avec un fils de la bonne société.
Ce survol rapide du film de King ne permet pas de voir tous les détails qui enrichissent le récit: les rangées de maisons toutes identiques de la ville et le côté sordide de la vie de Stella avec son père trop fainéant pour même ôter la cafetière du poêle, ses frères qui se battent constamment (il y a une réelle parentée avec Mannequin de Borzage). Stella essaie désespéremment d'être middle-class; mais, elle reste prolétarienne quels que soient ses efforts en particulier pour sa coiffure et ses vêtements. Le contraste entre les robes à la ligne fluide (style Gabriel Chanel) de Alice Joyce et les tonnes de frou-frou de celles de Belle Bennett qui sont dépassées de 20 ans en terme de mode en disent plus qu'un long discours. Elle lit un livre de bonnes manières; mais, le livre est vieux de 20 ans. Elle accumule les faux pas et pour finir, fréquente le rustre Ed Munn (brillamment interprété par Jean Hersholt frais émoulu du tournage de Greed) qui l'amuse plus que son époux qu'elle trouve trop sérieux. Malgré tout, King n'épouse pas totalement le point de vue de la bourgeoisie et sa Stella n'est pas juste une caricature. La scène la plus étonnante est l'arrivée de Stella attifée avec une robe à rayures et des tonnes de plumes au milieu de la bonne société. Sa fille Laurel est terriblement ennuyée par ses amis qui se moquent de cette femme ridicule et prétend avoir perdu sa montre pour s'enfuir. Dans le train qui les ramènent, les commères discutent de la vulgarité de Stella avec férocité. Laurel reste néanmoins près de sa mère et préfère les ignorer. Stella est une mère prête à tous les sacrifices pour aider sa fille ce qui fait d'elle une héroïne.
Il faut mentionner aussi la performance étonnante de la jeune Lois Moran (15 ans). Elle parvient à rendre crédible le personnage de Laurel à 12 ans aussi bien qu'à 18 ans. Goldwyn découvrit la jeune danseuse et l'imposa pour le rôle. Dans le remake de Vidor, Anne Shirley était nettement plus âgée (19 ans). Quant à Belle Bennett, elle trouve ici le rôle de sa vie. Elle assiégia littéralement Goldwyn, accepta de s'enlaidir et de prendre du poids pour pouvoir jouer Stella. Ronald Colman n'a qu'un rôle secondaire en Stephen Dallas. Mais, il réussit à donner une réelle épaisseur à Stephen, là où John Boles dans le remake sera bien pâle.
Le film est disponible en DVD-R auprès de Sunrise Silents et il sera projeté à la Cinémathèque Française le 1er mars prochain dans le cadre de la rétrospective King Vidor.
jeudi 28 décembre 2006
The White Sister (La soeur blanche) 1923
Henry King découvrit Ronald Colman sur scène, à Broadway en 1922, dans une pièce d'Henri Bataille, La Tendresse, et l'engagea après un bout d'essai pour le rôle principal masculin de son film. Il a l'idée de lui dessiner avec un crayon de maquilleur une fine moustache juste au dessus de la lèvre supérieure. Cette légère modification de son apparence deviendra une sorte de symbole de l'acteur autant que celle de Charlie Chaplin. Katherine Hepburn, habillée en garçon dans Sylvia Scarlett, ne demande-t-elle pas à Dennie Moore de lui dessiner une fine moustache à la Ronald Colman?
Le tournage à Rome, Naples et Capri dure sept mois. Le cameraman Roy Overbaugh capture admirablement la lumière italienne donnant au film une authenticité d'atmosphère qu'un tournage en studio lui aurait dénié. Le grand photographe James Abbé est l'auteur des admirables photos de plateau réalisées durant le tournage.La première partie du film nous montre la vie indolente de l'aristocratie italienne de l'époque avec ses chasses à cour. Lillian Gish est la fille espiègle et insouciante du prince Chiaromonte (Charles Lane) amoureuse du capitaine Giovanni Severi (Ronald Colman). Leur rendez-vous sur le mur du jardin au son des musiciens des rues est empreint d'une sérénité et d'une douceur accentuant le contraste avec la violence de la seconde partie du film. Le fil du récit met constamment mis en parallèle les évènements introduisant un suspense et donnant un rythme au film qui rappelle les meilleurs romans d'Alexandre Dumas père. Angela (Lillian Gish) va mûrir brusquement avec la mort soudaine de son père et la découverte de la jalousie maladive de sa demi-soeur (une Gail Kane venimeuse à souhait) qui la chasse du palais. Déniée de son héritage, seule au monde, elle se raccroche au seul être qui l'aime encore, Giovanni. Las, il doit partir en mission en Afrique du Nord. Sa mort étant annoncée, par erreur, Angela ne peut réagir et reste en état de transe, incapable de verser une larme. Dans une scène aussi émouvante que celle de Broken Blossom (Le lys brisé, 1919), Lillian Gish couvre de baisers le portrait de Giovanni et réalise enfin qu'il reviendra plus. Le buste appuyé sur la toile, elle verse les premières larmes qui vont la guérir. Angela décide de prendre le voile. La cérémonie des voeux est filmée dans son intégralité, entrecoupée par des plans de Giovanni de retour de captivité. Son visage inquiet contraste avec la sérénité d'Angela toute de blanc vêtue. La scène pivot du film est amenée avec un habilitée remarquable. Giovanni doit se rendre à l'hôpital où travaille Angela, tous deux ignorant le sort de l'autre. Leur confrontation est retardée accroissant le sentiment de frustration du spectateur. Ils sont tous deux dans la même pièce, mais ne se voient pas. Puis, elle lui parle, mais, aucun des deux ne reconnaît l'autre de prime abord. Après une longue minute, Giovanni impulsivement la prend dans ses bras. Affolée, elle s'enfuit telle un oiseau pris au piège, courrant dans les longs couloirs du couvent. Giovanni soudain se révèle un être de passion, incapable de se contrôler et d'accepter la perte d'Angela. Un gros plan de Giovanni, le visage fermé, entrecoupe le récit. Il tripote nerveusement un revolver. King utilise brillamment en contrepoint l'éruption imminante du Vesuve, tout proche, comme si les passions humaines provoquaient en miroir le bouillonnement de la nature environnante. Giovanni réussi à faire venir Angela chez lui sous un faux prétexte. Il utilise prières, menaces pour la faire renoncer à ses vœux. La scène est rythmée comme le serait le duo d'un opéra de Giuseppe Verdi avec un sentiment de flux et de reflux. Puis, voyant que ses efforts sont vains, il laisse repartir Angela. L'éruption du Vésuve provoque le cataclysme final qui engloutit Giovanni.
On peut se procurer une copie de ce film en DVD-R auprès de Sunrise Silents.
























