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vendredi 18 janvier 2019

What Happened to Jones? 1926

Tom Jones (Reginald Denny) au centre
Les Mésaventures de Jones
Un film de William A. Seiter avec Reginald Denny, Marion Nixon, Otis Harlan et Zasu Pitts

Tom Jones (R. Denny) s'apprête à convoler en justes noces avec la belle Lucille Bigbee (M. Nixon). Mais, il est pris en flagrant délit de poker clandestin. Poursuivi par la police, il se travestit en femme, puis en évêque...

Cette comédie de William A. Seiter est une superbe réussite grâce à un scénario particulièrement bien construit où les quiproquos et les mésaventures du malheureux Jones se succèdent à un rythme endiablé. De plus, les seconds rôles sont extrêmement bien choisis avec Zasu Pitts en domestique maladroite qui multiplie les impairs tout en réclamant de l'argent à son patron pour ne pas faire état de son retour au petit jour. Le gros Otis Harlan est terrifié à l'idée de son harpie d'épouse (Emily Fitzroy) découvre qu'il a joué toute la nuit. Quant à Reginald Denny, il doit tour à tour se travestir en femme dans un sauna pour dames avant de devoir endosser - bien malgré lui ! - une soutane. Alors que la situation semblait totalement désespérée - sa fiancée va en épouser un autre et il doit célébrer leur mariage - il va trouver la parade. Reginald Denny donne une remarquable interprétation tout en légèreté et virtuosité sans sombrer dans la gaudriole. La copie est superbe une restauration 4K à partir d'une copie 35 mm du MoMA. Un film qui mériterait d'être édité en DVD.

mardi 18 août 2015

Why be Good? 1929


Un film de William A. Seiter avec Colleen Moore, Neil Hamilton et Edward Martindel

La jolie et vive Pert Kelly (C. Moore) est vendeuse dans un grand magasin. Le soir, elle fréquente assidument les dancings où elle gagne des compétitions de Charleston endiablées. C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de Winthrop Peabody Jr. (N. Hamilton) et flirte longuement avec lui. Elle ignore qu'il est le fils de son patron...

Ce film présumé perdu depuis des décennies a été retrouvé et restauré en 2014. Il est sorti en DVD la même année chez Warner Archive. Cette sortie ultra-rapide pour un film muet était, il est vrai, facilitée par la redécouverte simultanée de la bande-son Vitaphone avec laquelle le film était sorti en 1929, à l'orée du parlant. Il s'agit bien d'une oeuvre muette, mais accompagnée d'une partition musicale qui mêle le jazz, le charleston et les chansons des années 1920. On est replongé immédiatement dans l'époque des "flappers", ces jeunes filles coiffées à la garçonne qui entendent mener une vie libre, cependant dans les limites de la bienséance bourgeoise. On a oublié aujourd'hui que Colleen Moore fut la première et la plus célèbre flapper des années 1920 grâce à son rôle dans Flaming Youth (1922) de J.F. Dillon, un film qui n'existe plus qu'à l'état de fragments. L'actrice avait totalement changé de look en coupant ses anglaises pour une coupe au carré inspirée par sa poupée japonaise. Avec son corps gracile et son allure androgyne, la petite Colleen Moore impose un nouveau style de femme qui n'hésite pas à flirter et qui danse jusqu'à trois heures du matin un charleston endiablé. Elle se veut libérée bien qu'en fait, elle n'aille jamais jusqu'à bout de ses pulsions. Elle évite habilement de boire pour savoir contrer des hommes trop entreprenants. Son image de 'bad girl' n'est en fait qu'une façade où elle cache une vie finalement très rangée chez ses parents. Mais, elle estime nécessaire que faire croire qu'elle est une fille légère dans le milieu où elle travaille en tant que vendeuse. L'intrigue n'est pas très originale car de nombreuses autres stars des années 20 ont également interprété une petite vendeuse qui tombe amoureuse de son patron, ou de son fils comme Mary Pickford dans My Best Girl (1927) ou Clara Bow dans It (1927). Ce qui différencie Why be Good de ces autres films, c'est la performance pleine d'entrain et de charme de Colleen Moore qui réussit à nous captiver par son humour pétillant. William A. Seiter est un bon artisan qui sait très bien maintenir le rythme de cette comédie très réussie. Un vrai bonheur de redécouvrir Colleen Moore dans ce très joli film!

dimanche 27 mai 2012

The Truth About Youth 1930

Un film de William A. Seiter avec Loretta Young, David Manners, Conway Tearle et Myrna Loy

Richard Carewe (C. Tearle) attend avec impatience l'arrivée de Richard Dane (D. Manners) qui est son pupille qu'il a élevé comme son fils. Il espère que celui-ci épousera Phyllis (L. Young), la fille de sa gouvernante. Mais,  le jeune Richard poursuit la troublante Kara (M. Loy), une chanteuse de music-hall...

Cette petite production First National a un casting absolument épatant avec deux jeunes premières qui n'ont pas encore obtenus leurs galons de vedette. Loretta Young, qui n'a que 17 ans, est la jeune ingénue face à Myrna Loy qui n'est pas encore la parfaite épouse MGM, mais une dangereuse vamp. Du côté masculin, on reconnait une ancienne star du muet, Conway Tearle qui avait été le partenaire de Mary Pickford dans Stella Maris (1918, M. Neilan) ou de Norma Talmadge dans Ashes of Vengeance (1923, F. Lloyd). Il est maitenant vieillissant et fait face à la nouvelle génération d'acteurs tel que le canadien David Manners. Ce film sent malheureusement son origine théâtrale avec une série de monologues bien peu attrayants au début du film. Mais, grâce aux deux dames qui tiennent les rôles-types qu'on leur confiait à l'époque: l'ingénue pour Young et la vamp calculatrice pour Loy, on regarde avec amusement ce film qui est dirigé avec une certaine platitude par William A. Seiter qui avait fait bien mieux durant la période muette, voir Skinner's Dress Suit (1926). Pourtant, le scénario avait des possibilités en particulier avec le personnage de Young qui semblait destinée à tomber dans les bras de Manners après son erreur d'aiguillage dans la direction de la croqueuse d'hommes jouée par Myrna Loy. En fait, on réalise rapidement qu'elle ne s'intéresse guère à Manners, mais a le béguin pour le grisonnant Conway Tearle. La confrontation entre les deux femmes fait partie des meilleurs moments du film, surtout lorsque Loy fait remarquer à Young qu'elle a elle aussi des 'courbes dangereuses'. Il faut noter que cette même année Loy et Young était également à l'affiche d'une excellente comédie (bien supérieure à ce petit opus de Seiter) The Devil To Pay! (1930, G. Fitzmaurice) qui mériterait d'être en DVD.

dimanche 11 mars 2012

Rafter Romance 1933

Un film de William A. Seiter avec Ginger Rogers, Norman Foster, Robert Benchley, George Sidney et Laura Hope Crews

A Greenwich Village, Mary Carroll (G. Rogers) loue un petit appartement à M. Eckbaum (G. Sidney). Etant sans la sou et en retard dans son loyer, celui-ci lui propose de 'partager' l'appartement de Jack Bacon (N. Foster) au grenier car ce dernier travaille comme gardien de nuit...

Ce film RKO fait partie de la série 'Lost and Found' qui a été publiée en DVD en 2008. Cette comédie signée William A. Seiter se révèle être un film fort réussi, combinant un aspect social et comique avec talent. Ginger Rogers y joue une employée d'un centre d'appel. Elle passe la journée à tenter de vendre des réfrigérateurs par téléphone sous le regard légèrement libidineux de son chef, joué par l'humoriste Robert Benchley. Comme ses finances sont à zéro, elle se voit forcer par son logeur (George Sidney, un spécialiste des rôles ethniques juifs) à partager un appartement avec un artiste également désargenté. Le malheureux Jack est poursuivi par une vieille dame fortunée (toujours alcoolisée) interprétée par une Laura Hope Crews impayable. Quant à Mary, elle doit subir les avances continuelles de son chef. Le film appartenant à la période Pre-Code, il contient son lot de séquences 'coquines' où l'on voit Ginger de se déshabiller révélant qu'elle ne porte guère qu'une écharpe en guise de chemisier. Mais, bien au-delà, le film fonctionne admirablement grace à sa récréation du quartier de Greenwich Village avec ses petits cafés et ses pensions meublées. Il y a aussi de tous petits détails qui montrent l'excellent travail du scénariste. On voit par exemple le fils idiot du logeur juif en train de dessiner des croix gammées sur un mur provoquant la fureur de son père. Nous suivons les employés de la firme où travaille Mary partir pour un pique-nique comme celui que l'on voit dans The Crowd (1928, K. Vidor) qui montre l'ambiance d'une époque. Evidemment, Mary et Jack tomberont dans les bras l'un de l'autre après s'être joué des tours pendables. Une comédie très rythmée et fort bien interprétée.

dimanche 13 juin 2010

Skinner's Dress Suit 1926

L'Habit fait le moine
Un film de William A. Seiter
avec Laura La Plante et Reginald Denny

Skinner (R. Denny) habite dans une banlieue résidentielle et doit prendre le train tous les matins pour se rendre sur son lieu de travail. Sa femme Honey (L. La Plante) le presse de demander une augmentation de salaire. Mais, en fait d'augmentation, Skinner se fait licencier...

Cette charmante comédie prédate les comédies américaines des années 50 et même les sitcoms en se concentrant sur la vie d'un couple ordinaire de la classe moyenne. Reginald Denny interprète avec beaucoup de subtilité et d'entrain le rôle titre. Cet acteur anglais devint après l'arrivée du parlant un acteur de second plan dans de nombreux films tels que Rebecca (1940, A. Hitchcock). Mais, dans les années 20, à la Universal, il était un acteur comique important. Et on comprends son succès avec ce film très enlevé réalisé par William A. Seiter. Avec un scénario très léger, le film apporte néanmoins une vision qui est loin d'être rose de l'American Way Life. Skinner doit être un battant, avoir une voiture comme son voisin et pouvoir paraître en société avec sa femme en portant le smoking. La société de consommation et la religion du succès sont au centre de l'intrigue. Skinner est un employé moyen qui ne regagnera son statut qu'en se faisant passer pour ce qu'il n'est pas. Sa femme ignore son licenciement et c'est grâce à une soirée dansante chez de riches voisins qu'il pourra se faire ré-embaucher. Son épouse a dépensé sans compter leurs économies pour acheter vêtements et mobilier qui lui permettent de recevoir la bonne société (on y reconnaît Hedda Hopper parmi des dames très snobs). Le paraître et l'habit font plus pour sa carrière qu'une simple assiduité au travail. Le film est parfaitement rythmée avec une délicieuse soirée où l'on apprend le 'Savannah Shuffle'. Il est disponible en DVD auprès de Sunrise Silents dans une copie teintée probablement issue d'une copie 16mm.