Affichage des articles dont le libellé est Lloyd F.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lloyd F.. Afficher tous les articles

dimanche 8 mars 2015

The World and Its Woman 1919

Le Prince Michael Orbelianov (L. Tellegen) et Marcia (G. Farrar)
Une idylle dans la tourmente
Un film de Frank Lloyd avec Geraldine Farrar, Lou Tellegen, Alec B. Francis, Rose Dione et W. Lawson Britt

En Russie, avant la révolution, Marcia Warren (G. Farrar) la fille d'un ingénieur américain est amoureuse du prince Orbelianov (L. Tellegen), le fils du patron de son père. Celui-ci l'ignore et la méprise jusqu'à ce qu'elle devienne une star de l'opéra...

Marcia (G. Farrar) dans Thaïs
En 1919, Samuel Goldwyn produit ses films sous l'étiquette Goldwyn Pictures (une société dont il perdra le contrôle en 1922). A cette époque-là, il voit déjà grand et il a recruté Geraldine Farrar qui est alors non seulement une star du Metropolitan Opera, mais aussi du grand écran grâce à ses films avec Cecil B. DeMille (Carmen et Joan The Woman). Cerise sur le gateau, c'est son mari d'alors, l'acteur Lou Tellegen qui est son partenaire à l'écran. Goldwyn a mobilisé des moyens considérables pour ce mélo sur fond de révolution russe avec d'énormes décors et une foule de figurants. Malheureusement, il n'a pas dû passer assez de temps à lire le scénario qui se révèle particulièrement insipide. Comme c'était souvent le cas à l'époque, la révolution russe est présentée d'une manière particulièrement caricaturale et souvent franchement hilarante. C'est cependant la meilleure partie du film qui jusqu'ici était plutôt languissant. Frank Lloyd est un réalisateur sans grande imagination qui avait tendance à faire du "théâtre filmé" sans rechercher des angles de prise de vue originaux. La première partie du film est franchement ennuyeuse avec les soupirs de Marcia à chaque fois qu'elle rencontre son prince charmant qui l'ignore. L'intrigue s'emballe un peu avec le déclanchement de la Révolution, tout en restant très attendue et pleine de clichés - même pour l'époque! La belle Geraldine se bat avec Rose Dione, sa rivale devenue bolchévique, ce qui nous vaut une scène de bagarre où l'héroine bat à plattes coutures la mauvaise femme. Evidemment, tout est bien qui fini bien et elle tombera dans les bras de son prince comme on s'en doutait dès le début. La débauche de moyens engendre ici un film de série, très stéréotypé, dépourvu de surprises avec des acteurs parfois en roue libre. Il est difficile de s'intéresser à ces personnages caricaturaux et sans saveur. The World and Its Woman est représentatif d'une certaine production commerciale qui exploite le mélodrame sans vergogne pour appâter le chaland. Un mélo poussif qui peut provoquer quelques rires. Le film est visible sur le site European Film Gateway.

dimanche 27 mars 2011

East Lynne 1931

Un film de Frank Lloyd avec Ann Harding, Conrad Nagel, Clive Brook et Cecilia Loftus

En Angleterre, dans les années 1860, Lady Isabel (A. Harding) épouse Robert Carlyle (C. Nagel). Son mariage d'amour devient rapidement un enfer dans le domaine d'East Lynne où elle est constamment tenue à l'écart par sa belle-soeur, la terrible Cornelia (C. Loftus). Accusée injustement d'adultère par celle-ci, elle quitte son époux et est forcée de laisser son enfant derrière elle. Des années d'exil commencent...

Cette majestueuse production Fox est une adaptation d'un roman victorien d'Ellen Wood. Le film - qui était déjà la Nième version cinématographique de ce roman - fut un gros succès auprès du public et fut même nominé aux Oscars en 1931 dans la catégorie 'meilleur film.' La Fox engagea de grosses dépenses pour donner au film toutes les 'production values' possibles et elle se fait prêter Ann Harding par Pathé à grands frais. On est, de nos jours, vraiment étonné du standing d'un Frank Lloyd à cette époque. Ses films étaient régulièrement nominés aux Oscars alors que son style visuel n'avait rien de remarquable si on le compare à nombres de ses confrères à l'époque. Si cette production présente un intérêt, c'est essentiellement dû à la présence d'Ann Harding dans le rôle principal. Le sujet de ce mélodrame devait déjà être assez poussiéreux en 1931, mais le charme a opéré auprès du public.

L'héroïne se débat vaillamment dans un monde fait et dirigé par les hommes. La douce Lady Isabel est une victime de cette société patriarcale profondément injuste qui ne donne strictement aucun droit à une femme. Elle est une épouse et une mère. Mais, elle est totalement sous la coupe de son mari froid et absent quand elle n'est pas malmenée par sa détestable belle-soeur qui dirige le domaine d'une main de fer. Accusée à tord, elle ne peut que partir et renoncer à son enfant. En route pour un exil vers Calais, elle rencontre William Levison (Clive Brook) et décide de le suivre. Ils vivent ensemble -hors des liens du mariage- à Vienne, puis à Paris. Ils sont constamment poursuivis par les commérages et elle par l'épouvantable culpabilité d'avoir abandonné son fils. Les événement historiques les rattrapent dans le Paris assiégé et affamé de 1870. Le final est au diapason avec le suicide de l'héroïne après avoir revu une dernière fois son fils.

Avec un rôle aussi chargé et mélodramatique, Ann Harding a fort à faire pour rendre son personnage crédible. Elle y parvient néanmoins, particulièrement durant la scène où elle explose littéralement face à son mari et sa soeur. Elle parvient enfin à exprimer la boule de frustrations et d'humiliations qu'elle a subie. Laissant libre court à son exaspération, elle dit tout sans ambages. Elle le paiera cher, mais, elle ne recule pas. Face à elle, Conrad Nagel est raide comme un piquet et aussi expressif qu'une bûche. Cecilia Loftus est plus subtile en soeur machiavélique. Quant à Clive Brook, qui est souvent fort raide, il se montre finalement plutôt intéressant en amant de la belle. Ce diplomate déchu -qui est en partie responsable de la déchéance d'Isabel- donne une enveloppe consistante à cet homme égoïste qui ne comprend pas vraiment son sacrifice. La mise en scène de Lloyd est assez académique avec cependant quelques travellings bien venus. Il a pourtant à sa disposition des moyens importants comme pour la reconstitution du Paris de 1870 bombardé par les Prussiens. Le film peut se voir comme un mélo traditionnel de cette époque où le Hollywood des années 30 adorait les romans anglais victoriens.