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dimanche 16 août 2015

A tolonc 1914

L'indésirable
Un film de Mihály Kertész (Michael Curtiz) avec Lili Berky, Várkonyi Mihály et Mari Jászai

A la mort de son présumé père, Liszka (L. Berky) apprend qu'elle n'est pas sa fille. Elle quitte son village pour devenir servante chez une veuve. Elle tombe amoureuse de son fils Miklós (V. Mihály). Puis, elle est accusée de vol...

Mihály Kertész (alias Michael Curtiz) en 1914
Il y a fort à parier que ce film muet hongrois n'aurait jamais fait l'objet d'une restauration si le réalisateur n'avait pas fait ensuite carrière aux Etats-Unis sous le nom de Michael Curtiz. Adapté d'une pièce hongroise, cette production fait appel aux talents des acteurs du Théâtre National de Kolozsvár (de nos jours, Cluj en Roumanie). Le résultat est du théâtre filmé sans grand relief, à part quelques incursions bienvenues dans les paysages de Transylvannie. La filmographie muette de Kertész est fort peu enthousiasmante en comparaison de la grande période Warner des années 30 de Curtiz. Le cinéma de minuit nous avait présenté il y a quelques années un beau navet intitulé Das Spielzeug von Paris (1925) de sa période autrichienne avec la minaudante Lili Damita, son épouse d'alors. A tolonc est un peu plus intéressant en ce qu'il nous montre des Hongrois avec leurs us et coutumes. On peut remarquer aussi parmi les acteurs hongrois oubliés de ce petit film, le bellâtre Várkonyi Mihály qui fit plus tard carrière à Hollywood sous le nom de Victor Varconi. On peut le voir en particulier dans The Volga Boatman (1926) de Cecil B. DeMille. Pour ce qui est des metteurs en scènes hongrois  du muet, je me souviens avoir vu une bande bien plus intéressante signée Alexander Korda intitulée Eine versunken Welt (1922) avec Maria Corda et de nouveau Victor Varconi. 

mardi 8 février 2011

Tavaszi zápor 1932

Marie, Légende HongroiseUn film de Pál Fejös avec Annabella

Marie (Annabella), une jeune servante, est séduite par un jeune homme. Enceinte, elle est rejetée par sa patronne et tout le village...

Le réalisateur hongrois Pál Fejös est surtout connu pour son film muet (semi-parlant) Lonesome (1928). De retour en Europe après son séjour à Hollywood, il réalise ce film parlant en quatre versions différentes. Néanmoins, ce film ressemble plus à un film muet. Annabella n'a pratiquement aucun dialogue et les différentes phases de la vie de Marie sont suggérées visuellement plus que décrites par des dialogues. Comme pour Lonesome, le scénario est d'une extrême simplicité. L'histoire est basée sur une légende hongroise qui dit que les mères défuntes protègent leurs filles des vils séducteurs avec les 'averses printanières' (traduction littérale du titre original hongrois). Le charme du film réside dans cette simplicité qui suit Marie rejetée, recueillie dans une maison close où elle donne naissance à une petite fille. Je n'ai pu m'empêcher de penser à The Lady (1925) de Frank Borzage où Norma Talmadge se retrouve dans la même situation.
Son chemin de croix ne fait que commencer lorsque l'enfant lui est enlevé par les autorités. Elle devient alors une pauvresse désespérée qui se retourne contre la statue de la Vierge qui ne l'a pas défendue. La dernière partie du film, qui devient une sorte de rédemption, la montre en transcendance accueillie aux cieux comme dans le Liliom de Molnar, un autre hongrois. Ce film repose presque entièrement sur les épaules d'Annabella filmée avec amour par Peverell Marley, un des grands opérateurs de C.B. DeMille. Filmée en décors naturels, elle devient cette petite hongroise qui lutte face à un monde qui la rejette. Le final nous offre un retour sur la scène du début du film où, cette fois-ci, sa fille est sauvée de son vil séducteur. Un très joli film qui mériterait d'être mieux connu.