samedi 14 mars 2026

 

Ma biographie de Maurice Tourneur a été rééditée le 4 février 2026 par Institut Lumière - Actes Sud

Une première critique a paru dans Les Cahiers du cinéma de mars 2026 sous la plume de Fernando Ganzo:
L'ouvrage de Christine Leteux, Maurice Tourneur, réalisateur sans frontières, qu'Actes Sud vient de rééditer, réussit à transmettre un enthousiasme de la recherche, un goût de l'archive, une fascination pour la découverte des vies qui ont fait le cinéma muet et en particulier celle, très romanesque, de Maurice Tourneur. Mais surtout, il recompose comme un puzzle, à coups de citations et de documents d'époque, une filmographie à trous, appelant les critiques à une certaine modestie : il est impossible de penser le cinéma muet sans ce travail d'enquête qui met les mots là où les images manquent.
Et Laurent Delmas a chroniqué le livre samedi 14 mars sur France Inter
Qui est donc l’acteur français que l’on entend dans ce film de 1942 ?
C’est la voix inimitable de Pierre Fresnay dans le film LA MAIN DU DIABLE de Maurice Tourneur. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose, Maurice Tourneur, car une fois n’est pas coutume dans la famille des cinéaste, Tourneur le fils, Jacques, parce qu’il a réalisé notamment LA FÉLINE, est plus connu que le père, Maurice. Et c’est une injustice à laquelle Christine Leteux vient de s’attaquer dans sa très complète biographie qui vient tout juste de paraître aux éditions Institut Lumière – Actes Sud, et qui s’intitule « Maurice Tourneur – Réalisateur sans frontières ».
De fait, Tourneur a réalisé son premier film en France en 1913 et c’était une adaptation du MYSTERE DE LA CHAMBRE JAUNE. Mais, 15 films et 2 ans plus tard, il migre aux États-Unis où, dans la lignée d’un Griffith et d’un DeMille, il tourne une cinquantaine de films jusqu’en 1928, où il revient en France pour le passage au parlant et réalise alors 24 films, dont le dernier en 1948, avant de s’éteindre, presque complètement oublié, le 4 août 1961, à l’âge de 85 ans.
Étrange destinée professionnelle, alors même que sa filmographie durant les années 40 compte quelques pépites, comme cette MAIN DU DIABLE, dont on a entendu un extrait, un film du genre fantastique comme on ne sait plus les faire en France. Sous l’occupation, Maurice Tourneur travaille pour la Continental, la société de production sous contrôle allemand. Cinq productions au total, où il fait tourner Jouvet dans VOLPONE [Edit: ce n’est pas une production Continental] et Albert Préjean en Maigret dans CÉCILE EST MORTE, entre autres films, toujours dignes d’intérêt, sans qu’on puisse parler pour autant de collaboration politique. Tourneur ne sera d’ailleurs pas réellement inquiété à la Libération, contrairement à Clouzot ou Decoin, par exemple.
Je n’ai pas le temps de vous détailler sa vie, souvent mouvementée, mais cette biographie hautement recommandable et qui fait date se lit comme un roman grâce à l’impressionnant travail de recherche mené par Christine Leteux. Allez, on se quitte avec la musique d’un film de Tourneur déjà cité, l’excellent CÉCILE EST MORTE, adapté de Simenon avec une musique originale de Roger Dumas. Maurice Tourneur par Christine Leteux, c’est chez Institut Lumière – Actes Sud.

Aucun commentaire: