Un film de William A. Wellman avec Dorothy Mackaill, Donald Cook, Ralf Harolde, Victor Varconi et Nina Mae McKinney
Gilda Carlson (D. Mackaill) doit quitter précipitament la Nouvelle-Orléans après avoir tué accidentellement Piet (R. Harolde). Son petit ami Carl (D. Cook) l'emmène dans une île des Caraïbes qui ne pratique pas l'extradition. Elle doit attendre son retour dans un petit hôtel dont les pensionnaires sont tous des criminels recherchés...
En 1931, Wellman a réalisé pas moins de 5 films pour la Warner. Ce sont tous des films qui reflètent la production de ce studio à cette époque: des films réalisés rapidement avec des sujets qui deviendront tabou après l'adoption du Production Code. Celui-ci fait partie des moins connus et c'est bien dommage. Dorothy Mackaill dans le rôle principal est une prostituée (un film ne pouvait pas être plus explicite à cette époque !) qui croit avoir tué un ancien ami à elle qui la harcelait. Echappant à la police, elle suit son ami d'antant, le très probe Carl (D. Cook), qui est officier sur un cargo. Mais, elle va échanger la peste pour le choléra. Elle se retrouve dans un hôtel sordide des Caraïbes où l'eau 'potable' grouille de bestioles. Voilà une belle image pour qualifier les individus qui le peuplent ; ils sont tous parfaitement épouvantables. Gilda est en enfer comme le titre le suggère. Pire encore, elle est convoitée par le bourreau et directeur de la prison locale. Il va lui donner un révolver en espérant qu'elle s'en serve et devienne sa prisonnière. Le sort de Gilda, comme celui d'une héroine de film noir, est scellé avec tous ces individus qui la convoitent. Elle ira de son plein gré à la mort plutôt que de tomber entre leurs mains. Le scénario n'est pas dépourvu de certaines invraisamblance, mais la vitesse de l'intrigue fait qu'on les oublie rapidement. Cette intrigue très noire a cependant ses moments de répit comme lorsqu'un travelling nous dévoile les clients de l'hôtel qui n'ont d'yeux que pour les jambes de Dorothy Mackaill. On retrouve aussi avec plaisir Nina Mae McKinney de l'Hallelujah de King Vidor qui joue la propriétaire de l'hôtel et chante un morceau de jazz avec délice. Dorothy Mackaill, qui est oubliée de nos jours, montre un tempérament de feu dans ce film : une fille qui ne s'en laisse pas conter. Un très bon Wellman, pre-code en diable.
2 commentaires:
Safe in Hell détonne parmi les films que W. A. Wellman a réalisés au début des années 1930 (les chiffres peuvent donner le tournis : pas moins de vingt films entre 1930 et 1933 !). Le film démarre vite, comme toute production Warner qui se respecte, mais il bascule subitement dans un huis clos inattendu. J’ai trouvé cette partie étrange pour une production Warner. Le rythme devient lent et langoureux, comme imbibé d’une moiteur tropicale. La jeune héroïne tente, comme elle peut, de se préserver de cette bande de malfrats lubriques. Cependant, cet hôtel sordide baigne dans un climat malsain, lourd et menaçant.
J’ai été, autant que vous, subjugué par la voix de Nina Mae McKinney, qui chante son amour pour le Sud. Elle a cette grâce naturelle des chanteuses noires américaines à laquelle je succombe corps et âme.
Je n’oublie pas cette scène de festin dionysiaque qui illumine le film. Elle éclate comme une libération cathartique : les masques tombent et les langues se délient pour faire surgir la vérité des sentiments.
Finalement, ce Wellman, pré-code en diable, comme vous le dites si joliment, est pour moi un film atypique qui mérite amplement d’être découvert !
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